CORPS ET JUDEO-CHRISTIANISME

Posté le 18 avril 2017 par spiritus dans CHRISTIANISME, ISLAMISME, JUDAISME, HERMETISME, SCIENCES OCCULTES, SOCIETES INITIATIQUES

Dans le Christianisme, certains pères de l’église ont célébré la beauté du corps, mais il est vrai que la plupart l’ont plutôt vilipendée. Et, bien sûr, par la suite est née toute une mystique qui a tendu non seulement à mépriser le corps, mais à le flageller, presque à le détruire.

L’origine de ces erreurs et de ces excès pourrait sans doute se résumer à une confusion, entre deux mots : le corps et la chair.

Les textes chrétiens dénoncèrent effectivement la chair comme étant dévoyée, c’est à dire sortie de sa voie…mais la chair n’est pas le corps !

Dans la Bible, quand on parle d’incarnation, on ne parle pas de corps. Ce n’est pas parce qu’on a un corps que l’on est incarné. Malheureusement, la plupart ne lisent cette Bible qu’à travers la perspective de l’Homme dans son état d’exil, exilé de soi-même, de son intériorité, de sa transcendance…

Autrement dit, la plupart projettent dans le monde extérieur, les réalités intérieures décrites dans le Texte.

Pourtant, les deux premiers chapitres de la Genèse nous expliquent clairement que la chair est sacrée, dans la mesure où elle se trouve pratiquement identifiée au principe même de l’Être, à l’image divine fondatrice de l’Homme.

Cette chair, nous la voyons pour la première fois nommée, Basar, au deuxième chapitre de la Genèse lorsque Dieu met devant les yeux d’Adam son autre côté…qui, bien sûr, n’a jamais été une « côte »… Ce passage attire notre attention sur le fait qu’Adam ne dispose pas de la totalité de son potentiel. Or, dans les profondeurs de ce potentiel est scellée la chair.

La chair, Basar, est pratiquement la contraction du mot Bere’shit, qui signifie « dans le principe », et qui est en tête du Livre de la Genèse. Dans le mot Basar, on trouve aussi la racine Bar qui est le Fils, et la lettre Shin qui symbolise l’Esprit.

Nous sommes donc image de Dieu, Fils et Esprit. Et la chair est cette part insoupçonnée qui fait notre désir d’absolu, de bonheur, de transcendance, et que, malheureusement, dans notre état d’exil, nous infléchissons au plan horizontal, au niveau d’un passionnel qui, d’ailleurs, peut être créateur et très beau, mais également effroyablement destructeur.

L’INCARNATION

Nous ne sommes vraiment incarnés que lorsque, dans un deuxième temps de l’existence – car il est vraiment rare que cela se produise dans un premier temps-, nous entrons en résonance avec le noyau fondateur de l’être, et que nous commençons à obéir à ses valeurs.

Dans la langue hébraïque, où il n’existe aucun mot pour désigner le corps, l’Homme qui n’est pas rentré en résonance avec ce noyau fondateur n’est qu’un « cadavre ». Voilà notamment pourquoi le Christ dira « laissez les morts enterrer les morts ».

Ainsi, l’humanité qui n’a pas vécu ce retournement vers l’intérieur est comme morte, enterrée dans une dimension encore toute animale, mais certes pas éveillée à la dimension humaine. Seule l’incarnation lui ouvre l’accès à cette dernière.

Alors, lorsque les textes chrétiens vont dénoncer la chair comme étant dévoyée, ce sera pour enseigner que, sortie d’une Voie orientée vers l’intérieur, cette chair meurt en tant qu’image divine, et devient source de passionnel. Les textes bibliques nous racontent aussi l’histoire d’un fils de la veuve qui symbolise notre être intérieur, et qui meurt lorsque la veuve, notre Adamah, n’est plus visitée, n’est plus épousée.

Cette mort en marche n’est évidemment pas encore très sensible à vingt ans, tant que le corps est beau; mais elle prend toute sa dimension dramatique un peu plus tard dans les maisons de vieillards. Que s’est-il passé durant l’intervalle ? Les énergies potentielles que Dieu avait chargé de la mission de « croître et se multiplier » à partir du noyau fondateur, se sont retournées contre l’Homme qui a négligé de s’orienter vers elles, et ont entrainé la dégénérescence du corps.

Car le corps exprime la chair. Coupé de cette chair ontologique, il est malade et meurt. Mais lorsque la chair est travaillée et que le Fils grandit en l’Homme, le corps irradie la lumière de la chair.

Au troisième chapitre de la Genèse, lorsqu’Adam s’empare du fruit de l’arbre de la connaissance, Dieu lui dit : « tu mangeras désormais ton pain à la sueur de tes narines – autrement dit , tu resteras dans l’esclavage animal- jusqu’à ce que tu retournes vers ta Adamah, vers tes profondeurs; parce que tu es poussière, vers cette poussières retournes toi », la poussière étant ce potentiel inouï d’énergies qui résident à l’intérieur de nous et qui sont destinées à être accomplies.

Loin de condamner, Dieu montre donc ici à Adam comment retrouver le vrai Chemin.

Annick de Souzenelle

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