LES UPANISHADS

Posté le 18 février 2017 par spiritus dans BOUDDHISME, TAOISME, CONFUCIANISME

 LES UPANISHADS dans BOUDDHISME, TAOISME, CONFUCIANISME Ecritures_manuscrit

Quelques généralités sur les Upanishads

Les Upanishads constituent la portion la plus philosophique des Veda. On considère qu’il y a une centaine d’upanishads (108), dont une douzaine sont considérées comme majeures car elles ont été commentées par les grands maîtres de la tradition indienne (Shankara, Madhva, Ramanuja….).

Leur thème est la Vérité suprême – le Brahman – ainsi que la voie pour atteindre la connaissance de cette vérité. Ces textes relève du domaine de la métaphysique car ils traitent de principes universels, du niveau absolu de l’existence, « de l’Etre en tant qu’Etre »…

Composés en sanskrit, dans un langage à la fois logique, poétique, mystique, suggestif, paradoxal et ésotérique, ces textes doivent faire l’objet d’une étude contemplative. Ils sont transmis par un maître à des disciples dont l’esprit a été préparé par l’étude des Ecritures et des pratiques spirituelles : des élèves dotés de discernement et de détachement dont l’esprit est devenu contemplatif, capable « de voler là où volent les aigles »… Les Upanishads s’adressent aux esprits en quête d’Absolu.

Qui a écrit les Upanishads ? top dans BOUDDHISME, TAOISME, CONFUCIANISME

SOURCE : extraits de l’introduction de Swami Chinmayananda à son commentaire sur la Kena Upanishad

Les auteurs des mantra des Upanishad étaient les Rishis (littéralement les sages voyants) qui ont entendu un appel intérieur et sont partis à la recherche de la Vérité.
Mus par un profond détachement ils se sont retirés au coeur de majestueuses forêts ou au bord du Gange et là, avec un mental et un intellect hautement évolués, ils ont sondé leur cœur afin d’observer, d’analyser, de classifier et de connaître en eux-mêmes le pourquoi et le comment des rouages les plus intimes de l’homme psychologique et spirituel.

En effet, un espace de paix et de majesté est nécessaire pour que le véhicule du mental et de l’intellect puisse prendre de la vitesse et s’élever au-dessus des considérations matérielles et profanes. Quand vous avez un problème personnel à résoudre – par exemple : « Dois-je démissionner de mon emploi actuel ou non ? », que faites-vous ? Ne cherchez-vous pas un endroit silencieux et tranquille pour passer en revue mentalement le pour et le contre avant de prendre finalement une décision ? Si pour résoudre un problème matériel ordinaire il faut tant de solitude et de paix, c’est d’autant plus nécessaire pour pouvoir plonger en soi-même à la recherche de la source éternelle de la vie.

Ces maîtres étaient si sincèrement consacrés à leur poursuite de la Vérité, de façon si désintéressée qu’ils se sont, dans la joie exaltante de leur aventure divine, oubliés eux-mêmes ! Nous trouvons rarement l’identité de ces hommes mentionnée dans le corpus des Upanishads ; les auteurs sont presque tous inconnus ; ils ont, pour ainsi dire, oublié d’ajouter leurs signatures à leurs chefs-d’œuvre. Pour eux c’était uniquement la découverte qui importait, pas l’individu qui l’avait faite. Ils savaient que l’existence humaine, telle une bulle, ne dure que quelques années ; ils ont reconnu la vanité de se faire un nom et une réputation à titre individuel. Ils ont recherché l’immortalité non dans la mémoire des générations futures, mais sur le plan plus subtil de la Conscience éternelle.
Ces sages vivaient dans une liberté absolue, détachés de la vie mondaine. Leur perfection intérieure résidait dans la noblesse et la ferveur de leur esprit, la puissance de leur intellect et la force de leur détachement. Etant allés jusqu’au bout du renoncement, ils étaient en vérité les rois des rois. Les détails de leur grande découverte d’eux-mêmes n’étaient pas livrés à tous ; ils n’étaient donnés qu’à ceux dont le mental était prêt, qui étaient venus vers eux poussés par la soif de Connaissance. Nous remarquerons aussi que les enseignants, bien qu’ils divergent dans leurs expressions, leurs argumentations, leurs modes d’approche, sont tous, sans aucune exception, parvenus au même but divin.

Les Upanishad sont des révélations

Les Upanishad sont des révélations : en effet des sages ont eu dans leurs méditations la « révélation » de vérités éternelles, comme par exemple, Newton a « découvert » la loi de la gravité qui a existé de tous temps.

Ces sages montrent par leur exemple qu’un long processus de pratique, de contrôle et de discipline, amène l’esprit à s’élever jusqu’à appréhender les vérités les plus subtiles. Quand l’esprit s’élève ainsi, la faculté appelée intuition s’éveille en l’homme : la connaissance du principe ultime, de la vérité suprême, est une connaissance directe et intuitive. On ne peut imaginer ou déterminer la Vérité Absolue de façon rationnelle ; elle est expérimentée intuitivement, vérifiée subjectivement.

La transmission des Upanishadstop

Ces sages, après avoir atteint l’accomplisssement ultime, ont ensuite transmis leurs découvertes à la génération suivante par l’intermédiaire de leurs disciples ; ceux-ci, à leur tour, ont considérablement avancé sur le chemin menant à l’Inconnu. Les Upanishad ont été ainsi transmises par la chaîne ininterrompue des maîtres et des disciples, qui reste toujours vivante aujourd’hui (guru shishya parampara). L’accès à la signification profonde de ces textes nécessite en effet un accompagnement spirituel.

Les mantra des Upanishad n’expriment ni n’expliquent la Vérité directement, mais ils conduisent simplement en sa présence par ce qu’ils indiquent, par leurs significations secrètes, par tout ce qu’ils suggèrent. Nous avons donc toujours besoin des interprétations d’un maître pour comprendre pleinement la signification des Upanishad. Si nous nous contentons de les lire, même de nombreuses fois, toute la richesse et l’ampleur de leur sens ne nous seront pas révélées. Ces mantra sont réservés et secrets par nature.
Cela dit, pour recevoir l’enseignement, nous avons besoin aussi d’une énergie intérieure particulière. Cette énergie ne s’obtient qu’en menant une vie noble, en suivant les valeurs éthiques et saines.

Soyez bon. Faites le bien. Pratiquez régulièrement et quotidiennement votre méditation d’une demi-heure. Continuez à observer la maîtrise intelligente des sens. Puissions-nous tous, par Sa grâce, tressaillir au moins une fois de la joie que donne la Vérité de l’Upanishad !

OM TAT SAT !

SOURCE : extraits de l’introduction de Swami Chinmayananda à son commentaire sur la Kena Upanishad

topL’art du commentaire

Comme cela vient d’être dit, les Ecritures sacrées ne sont pas des textes d’accès aisé, car ils essaient d’expliquer l’Inexplicable, de décrire l’Indescriptible. C’est pourquoi le langage dans lequel les Upanishads sont composées est à la fois logique, poétique, mystique, suggestif, paradoxal et ésotérique.

Pour étudier ces textes, le commentaire de maîtres est nécessaire. En Inde, l’art du commentaire reste vivant :  tous les grands maîtres sont autorisés à donner sur les Ecritures un point de vue,  un éclairage, une interprétation, à la lumière de leur propre expérience. Ainsi, au fil des siècles, tous les grands textes de la philosophie indienne ont été commentés, et c’est ce qui garde les Ecritures vivantes.

Dans la tradition indienne, les critères donnant une autorité à un commentaire sont les suivants :

- une maîtrise totale de la langue (en l’occurrence le sanskrit),

- une connaissance profonde de la pensée et de la philosophie indienne classique (darshanas),

- et une expérience de la vérité qui seule permet une compréhension du langagescriptual, souvent paradoxal, mystique, symbolique.



 

Sélection de mantras des Upanishads top

Citations extraites des commentaires de Swami Chinmayananda

 

Mundaka Upanishad

« Lumineux, plus subtil que le plus subtil, cet Impérissable Brahman est la demeure du monde et de tout ce qui le peuple. Il est la vie, la parole, l’esprit, la Réalité, l’éternité. C’est le but à atteindre, Ô ami ! »

« Vraiment, tout ceci est l’Immortel brahman, devant, derrrière, à droite,et  à gauche, en-dessous et au-dessus. Il est partout. Ce monde entier en vérité est le suprême brahman seul. »

« Ayant pris l’arc fourni par les Upanishad – la grande arme (l’équipement suprême) – et y avoir fixé la flèche rendu acérée par la méditation constante, après l’avoir lancée avec l’esprit fixé sur le Soi, frappe la cible, l’Immortel Brahman, Ô ami ! »

« Le OM est l’arc, l’esprit est la flèche et le Soi est dit être la cible. La cible doit être atteinte par celui qui est maître de lui-même. Ce qui frappe la cible devient, comme la flèche, un avec la cible, c’est-à-dire le Brahman. »

Ishavasya Upanishad

« Tout ceci, tout ce qui se meut dans l’univers, l’univers lui-même, doit être (est) imprégné (enveloppé) par le Seigneur. (…) »

Chandogya Upanishad

« Cet Etre qui est cette essence subtile, le monde entier l’a pour Âme. Cela est la vérité. C’est l’Âtman. Cela tu es, Ô Shvetaketu. »

Amrita Bindu Upanishad

« Une fois la dépendance à l’égard des objets des sens abandonnée, quand l’esprit est stabilisé dans le Cœur, il obtient la nature du Soi et donc la suprême demeure. »
« Le mental doit être restreint jusqu’à ce qu’il se dissolve dans le Cœur. Ceci est connaissance et méditation. Le reste est logique et élaboration verbale. »

Mandukya Upanishad (karika)

« Comme un tison, quand il est animé d’un mouvement, apparaît soit droit, soit tordu, etc., de même la Conscience, quand elle entre en vibration, apparaît se diviser en observateur et observé, etc ».

« Ce monde perçu de dualité caractérisée par la relation sujet-objet est véritablement un acte de l’esprit. L’esprit (du point de vue absolu) n’est jamais en contact avec aucun objet (puisqu’il est en essence le Soi). De ce fait, il est déclaré éternel et libre. »

source : http://www.chinmayafrance.fr/03VEDANTA/textes-vedanta-upanishad.html

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LA KUNDALINI UPANISHAD

upanishads-du-yoga-jean-varenne 

L’upanishad qui porte ce nom est la réunion de trois textes très différents dont seul le premier correspond au titre de l’œuvre.

Il existe deux traductions en français, l’une de Jean Varenne (1971) et une autre de Martine Buttex, publiée dans un énorme ouvrage qui réunit 108 upanishad.  Elles étaient autrefois en ligne ; elles en le sont malheureusement plus aujourd’hui.

Il est intéressant de lire les deux traductions qui présentent des variantes.

Le but que propose cet Upanishad est d’atteindre le Samaddhi, état béatifique dans lequel Shiva (la conscience) et Shakti (l’énergie) sont unies. Shakti étant bien sûr Kundalini, ce mystérieux serpent lové à la base de la colonne vertébrale après qu’elle ait fini son travail de création et qui s’en ira à notre mort en emportant tout car les chakras disséminés le long de la colonne vertébrale seront percés les uns après les autres, le tout bien sûr en un instant fulgurant.

Ce texte donne donc les moyens de l’éveiller Avant la mort en utilisant le souffle,  pranayama, qui est la technique la plus importante. C’est par la maîtrise de la rétention que celui-ci peut faire le travail d’éveil.

Comme toujours, le texte est obscur volontairement afin que seul les initiés, les pratiquants puissent l’utiliser comme un aide mémoire plutôt que comme un guide que l’on suit à la lettre. Il y a toujours une volonté de rendre les textes flous car la transmission était, dans ces temps reculés, orale, de maître à élève  après que celui-ci ait été accepté. Le secret sur cette transmission était souvent absolu ; des textes ont toutefois été écrits mais de façon  sibylline  pour que le secret reste total.

Ce texte décrit sommairement les pratiques nécessaires à la réussite de Samaddhi ; elle rappelle les étapes préliminaires, comment raffermir Saraswati – autre nom de la Sushumna– décrit quatre types de respiration, puis  les bandhas. Puis elle parle des obstacles à la réalisation de ce programme. Elle évoque aussi la montée de Kundalini – qui vient du sanskrit Kundala qui veut dire bracelet, boucle d’oreille, à cause de ses triples boucles et demi  – dans le canal central jusqu’aux mille pétales où elle s’unit à Shiva. Tout le travail qu’on fait en yoga n’est au final qu’un travail préparatoire pour cette union (qui pour la plupart ne se réalise en fait jamais…)

 

L’essentiel du texte avec les slokas correspondants :

 

C’est le souffle qui active l’ensemble des souvenirs hérités, c’est le souffle qui peut tout changer, c’est ce qui est dit dès les deux premiers slokas et tout le travail du pranayama va être de purifier l’ensemble de ces contenus hérités pour préparer le travail suivant

1 : Les deux causes par lesquelles l’esprit fonctionne ou ne fonctionne pas sont d’une part l’ensemble des souvenirs hérités (le karma) et d’autre part l’air qu’on inhale et exhale inconsciemment.

 

2 : Si l’une de ces causes disparaît, toutes deux deviennent automatiquement inopérantes. Il faut donc veiller au «  bon fonctionnement » des deux mais surtout s’efforcer de maîtriser la respiration.

Ce travail suivant, c’est, bien avant de songer à éveiller Kundalini, d’affermir Sarasvatî, c’est-à-dire de préparer Sushumna qui est le canal central dans la structure énergétique, le long de laquelle se trouvent tous les chakras.

8 : Si l’on veut réussir cela il faut affermir la Sarasvatî par où montera l’Energie lovée et s’exercer à la tenue du souffle, l’éveil de la Shakti est à ce prix.

Les Sloka suivants décrivent le travail à faire sur les canaux latéraux Ida et Pingala  pour préparer Sushumnâ – technique de pranayama comme Nadishodana.

C’est la raison pour laquelle on met ce souffle au programme des débutants, car son apprentissage, lorsque l’on est simple pratiquant, est long et difficile. Mais sans lui, il est vain de vouloir viser autre chose. Et on laisse ce souffle longtemps au programme, tant que les canaux ida et pingala ont besoin d’être purifié. Si on pratique une fois par semaine, on le fera donc toute sa vie…

Dans l’idéal d’une recherche de samadhi, il faudrait le pratiquer trois fois trois ghatika au matin, à midi, et la nuit pendant trois mois, soit trois fois 25 minutes fois 3  par jour environ, c’est à dire pendant quatre heures environ. En plus du reste.

On obtient peu à peu la purification que promet ce souffle en le travaillant régulièrement pendant des mois

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Puis le texte dit qu’il faut déjà conduire la Shakti à l’orifice de Sushumna avant de songer à la faire monter. Et là, les techniques pour y parvenir vont être décrites.

A cela s’ajoute le travail sur la triple contraction : gorge, ventre et anus : les trois Bandhas afin que les souffles vitaux ne se dispersent pas n’importe comment

Ces souffles sont les cinq vayus, localisés dans des centres énergétiques et qui régulent différents types d’activités et d’énergie – Prana, Udana, Samana, apana, Vyana

Au Sloka 17, un point de repère est donné : l’affermissement de la Sarasvatî s’accompagne de l’audition du son intérieur ; le pratiquant sait donc que lorsqu’il entend un son intérieur en continu qui varie de puissance et peut s’effacer mais s’intensifie dès qu’il pratique, c’est que le travail d’affermissement a commencé :

17 : L’affermissement de la Sarasvatî s’accompagne toujours de l’audition du Son primordial et guérit le Yogin.

 

Pourquoi la Sushumna ? Parce que c’est la seule qui peut supporter cette montée sans que tout ne soit immédiatement détruit sur le passage de la Kundalini. Elle est faite pour ce passage, et reste vide et creuse avant.

Au Sloka suivant jusqu’au 21, sont expliqués qu’il faut combiner différents souffles entre eux dans le calice ( c’est l’endroit où s’effectue la rétention) ; commence le long et minutieux travail de rétention des souffles, dont la visée n’est pas la performance mais un travail d’alchimiste : changer la fréquence vibratoire de toute la structure énergétique, toujours dans le but de préparer Sushumna

Les souffles cités sont :

Le Bhastrika, Shitali, Ujjâyin, et Surya Bedhana peuvent être envisagés avec de longues rétentions seulement après que Sushumna soit préparée

Puis après cette description au langage caché comme toujours dans ces textes, suit des Sloka très importants :

40 : A ces modes de contrôle du souffle

 

41 : Il est bon d’associer les trois contractions musculaires de la base, du volant et du porteur des lacs.

 

42 : La contraction de la base oblige l’Apâna à inverser son mouvement, grâce à une contraction de l’anus.

Les consignes sont claires : faire des souffles ne suffit pas, si les trois contractions ne sont pas ajoutées. On les connaît, ce sont les trois  » verrous », les trois bandhas, sans lesquels il est vain de faire de yoga : mulabandha, jalandhara bandha et uddyana bandha : base, ventre, gorge.

Afin, une fois encore d’obliger les vayus à s’unifier ; sans cette pratique et cette maîtrise, éveiller Shakti est possible mais  le résultat totalement illusoire car rien ne sera ni maîtrisé ni contrôlé. Elle s’éveillera peut être mais dans le chaos et le désordre le plus total.

On comprend là aussi tout le travail à faire sur les vayus qui règlent le corps énergétique.

Vient ensuite la description de la montée de Kundalini au Sloka suivant :

43 : L’apâna au lieu de descendre, monte et atteint l’endroit où brille le feu intérieur l’amenant à grandir et à s’accroître.

 

44 : Alors, le feu ainsi attisé, uni à l’apana au cours inversé, parvient là où gît le souffle intérieur ; Il s’enflamme et embrase le corps tout entier.

45 : L’énergie-lovée, réchauffée par le feu ainsi allumé par le souffle, s’éveille et se dresse en sifflant comme un serpent qu’agace le bâton du charmeur ; elle entre alors dans la Sushumna par son orifice inférieur

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Dans les slokas suivants – 48 à 50 – des postures sont conseillés pour accompagner cette montée : la posture de la foudre, qui peut être précédée de la posture de la pince, pashimottanasana – à condition de ne pas faire monter Kundalini plus haut que le ventre, car il convient ensuite pour qu’elle continue son ascension à prendre une posture assise

On voit à quel point ces textes s’adressent à des yogis aguerris et pas à de petits apprentis sorciers

Pour le pratiquant plus modeste, ce texte donne des points de repère essentiels pour comprendre sa pratique en profondeur et donner du sens à ce qu’il fait

Puis des souffles à faire ; c’est un véritable «  mode d’emploi » mais bien évidemment incomplet (46 à 55 -

Dans les Sloka suivant,  -56 à 60 – il y a une énumération qui montre tous les obstacles à cette réalisation ;  cela va du manque de fois au manque d’énergie, de volonté, à la dispersion, à l’attachement encore à ce monde.

Les Sloka suivant (61 à 69) la montée est décrite, ainsi que le percement des trois granti : Brahma granti, (animalité) Vishnou granti (personnalité) et Rudra granti (conscience)

Là, l’ascension n’est pas finie : Shakti boit l’Amrita avant de finir sa course

73 : Libre de tout appétit sensuel, ferme en son yoga, l’adepte concentrant son attention sur cela absorbe alors cette ambroisie comme un sacrifiant boit le soma et par là s’établit à jamais dans la conscience

Puis, dernière étape pour Kundalini, atteindre le mille pétale ce que décrivent les slokas 74 et suivant

Le texte reviendra une fois encore sur cette description comme en concentré et concluera  de façon sublime puisqu’elle montre que l’homme peut échapper à sa condition de Pashu, c’est à dire faisant partie du troupeau. Le troupeau signifiant qu’il suit le mouvement, sans pouvoir rien faire pour allumer ne serait ce qu’une petite lumière pour éclairer sa vie. Il la vit dans un état de nuit totale, ligoté corps et âme par ses granthis, ses vies antérieures, ses conditionnements, son éducation, la société dans laquelle il vit, son héritage génétique, ainsi de suite, sans rien pouvoir faire du tout…

Même si un sur 100000 seulement atteint cet état, ce possible est dans chaque être humain, qui, par un travail sur ses énergies via le yoga ou tout autre outil de son choix, peut cheminer sur un chemin tout autre que celui du conditionnement et de la lente déchéance du corps vers la mort et la maladie. Chaque être humain porte en soi sa part magique et sa part divine ; il ne tient qu’à lui de l’éveiller, mais rien qu’un tout petit peu, pour donner saveur et conscience à son petit tour sur terre et se rappeler son origine divine.

74 :L’énergie lovée monte ensuite jusqu’au centre aux mille pétales, elle abandonne alors les huit éléments, l’eau, la terre, l’air, le feu, l’espace, la pensée, l’intelligence, l’ego. S’emparant de la lumière, de la pensée et du souffle, les tenant étroitement embrassés, elle atteint la conscience (Shiva) ; s’emparant enfin de Shiva lui-même, elle se dissout dans le chakra aux mille pétales !

 

75 : alors, à cet instant même, les deux principes fondamentaux de l’individu, l’activité et la lumière se dissolvent à leur tour en Shiva ; se dissolvent aussi les deux formes du souffle vital,  l’inspiration et l’expiration qui ont atteint leur point d’équilibre. Le yogi soudain  devient gigantesque cependant que s’amenuisent en lui les éléments de la personnalité ainsi que la pensée et la faculté de parler.

 

76 : Les souffles s’agitent en tous sens, comme l’or en fusion dans le creuset de l’alchimiste. Le corps grossier se mue enfin en sa forme divine.

 

77 : Débarrassé de toutes entraves, délivrées de l’état de stupeur où le maintenait sa condition captive, le corps subtil resplendit.

 

78 : Il est fait de pure conscience, il est l’essence même de la personne puisqu’il n’est autre que le Soi présent dans tous les êtres.

 

79 : C’est là, dit on, la véritable délivrance qui libère du karma et du temps, apparences pareilles à l’illusion qui fait prendre une corde pour un serpent.

 IndeSerpents3

Afin de bien   comprendre cette fin de texte, il faut être familier avec la philosophie du Samkhya qui considère  l’ego, l’intelligence, la pensée comme des outils au même titre que les sens  qui sont littéralement « abandonnés » avec l’éveil de Kundalini. C’est à dire que la personnalité toute entière est anéantie, elle disparaît.

Tous ces éléments figurent au rang des tattvas.

Le texte dit aussi clairement que le Soi est dans chaque être humain, tous sans exception

Autrement dit, une part divine est en chacun des êtres vivants

87 c’est cela la vraie délivrance, par elle on échappe au karma et l’on connaît la béatitude !

 

Le mot de la fin :

Ce mode d’emploi en abrégé de l’éveil de Kundalini et que l’on peut trouver en ligne avec les commentaires de Martine Bultex ( traduit de l’anglais)  ouvre la porte sur le merveilleux

Il n’est bien sûr pas question pour l’homme ordinaire de pouvoir réaliser ce programme mais s’il peut déjà éveiller un peu la belle Kundalini endormie dans le premier cakra, il verra sa vie se transformer complètement. 

D’autres parts, ce texte qu’on peut avoir sous la main lors de ses propres pratiques, est à lire et relire jusqu’à le connaître par coeur, parce que ce sont ces textes là, précisément, qui donnent tout leur sens à une pratique personnelle : on comprend pourquoi il faut sans relâche travailler sur ida et pingala, affermir la sushumna, la chauffer, la préparer, faire les verrous, maîtriser les souffles, pourquoi pashimottanasana vient toujours dans les premières postures…

Je vous laisse méditer sur ce texte donc voici le lien: 

http://www.lesconfins.com/YogaKundaliniUpanishad.pdf

 

Ou bien vous procurer celle de Jean Varenne comme l’image ci dessus, traduite du sanskrit et non de l’anglais par lui même

source : http://www.artetyoga.fr/article-la-kundalini-upanishad-quelques-mots-d-explication-125515022.html

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