LA CHEVALERIE TRADITIONNELLE

30 novembre 2015

Non classé

Le mystère du Graal, convoité par tant d’êtres humains depuis 800 ans est-il hors de portée de celui dont la quête est désintéressée et qui veut secourir les plus faibles dans ce monde d’indifférence ?

Le Graal est le symbole de la communion spirituelle de tous les chrétiens, mais c’est aussi l’expérience de l’Amour infini qui nourrit les âmes de sa lumière.

« Il y eut un combat dans le Ciel,

Michaël et Ses anges combattaient contre le Dragon

qui fut précipité du Ciel sur la Terre » (Apocalypse 12)

La Chevalerie Traditionnelle

L’habit ne fait pas le chevalier, ni le baudrier, ni l’épée, ni la cape ou la bague. La chevalerie traditionnelle n’est pas une récompense ou une décoration, c’est une attitude, un feu intérieur qui s’allume au souffle de l’Esprit (spiritus).

La chevalerie est une initiation qui se transmet d’homme à homme selon le même rite archaïque : la main droite du consécrateur frappe la tête ou le col du consacré, directement ou par l’intermédiaire d’une épée pour lui transmettre l’influence spirituelle dont l’origine se situe au-dessus de l’humain. La parole « je te fais chevalier » s’ajoute au geste pour faire naître le candidat à ce nouvel état intérieur. Un nom nouveau ou blason individuel sera le signe de sa nouvelle existence, mais ce que les symboles suggèrent, c’est que c’est par son travail personnel que le chevalier réalisera ce nouvel état intérieur.

Contrairement à ce que disent les profanes, l’idéal chevaleresque n’est pas une utopie. Le fort doit se mettre au service du faible, telle est la loi universelle qui assure l’équilibre du monde !

Le chevalier  »chevronné » sait par expérience qu’il n’est pas seul pour accomplir les oeuvres de justice car l’aide d’en haut ne  lui fait pas défaut.

Le chevalier errant qui semble aller au hasard est conduit par la Providence vers les grandes aventures spirituelles, tel Galaad, le chevalier parfait de la quête du Graal.

Le chevalier n’a pas d’autre Maître que « Dieu premier servi » selon la devise de Jeanne d’Arc. Il est libre et ne doit pas prêter serment d’obéissance à des hommes quels qu’ils soient.

L’Ordre de la Chevalerie, c’est la chevalerie universelle qui se transmet de chevalier à chevalier pour traverser les siècles. « L’Ordre » dans ce sens, ne doit pas être confondu avec « les ordres » qui réunissent des chevaliers ayant un but commun ou une mission particulière.

Les ordres de chevalerie naissent et disparaissent au gré de l’histoire, mais l’Ordre de Chevalerie demeure, car il unit par un lien invisible tous les chevaliers dans le même idéal.

Les autorités humaines peuvent créer des ordres de chevalerie honorifiques ou détourner les chevaliers de leur idéal spirituel en les faisant combattre à des fins temporelles. Cependant,  rien n’empêche la chevalerie traditionnelle de se perpétuer par la transmission de chevalier à chevalier.

Le chevalier qui erre un an (err an) revient de sa quête le jour de la Pentecôte. Il retrouve ses compagnons autour de la table ronde, Per-ce-val (celui qui vaut par soi) le fol et Baudémagus le sage, parmis tant d’autres chevaliers réels et légendaires.

Chercheur d’idéal, homme de désir au grand coeur, il repart en quête de la lumière spirituelle, réconforté par l’aide de ces chevaliers éternels.

HISTOIRE ET LEGENDE

La chute des anges

Il était une fois dans le ciel des multitudes d’anges proches du trône de Dieu. La divinité se reflétait dans leur pensée conforme à la volonté divine et leur donnait un bonheur absolu.

C’est alors que le plus beau des archanges, LUCIFER, le « porte-lumière » se contempla et de sa propre volonté, séduisit les anges, amenant ainsi la division dans le ciel.

MICHAEL, armé de l’épée de feu, précipita les anges révoltés dans les abîmes de la nuit, où LUCIFER tomba avec ses légions par l’élan de son orgueil, telle un comète épuisant sa splendeur première dans un déluge d’étincelles éblouissant les créatures d’en bas.

Pour éviter un nouveau schisme dans le ciel, MICHAEL appela les anges à venir se prosterner au pied du trône de l’Eternel et les multitudes se plièrent à cette cérémonie universelle qui prit le nom d’allégeance. Par cet acte, toute créature spirituelle est allégée et s’approche de Dieu car

« quiconque s’élèvera sera abaissé et quiconque s’abaissera sera élevé »

Ainsi les anges accomplissent la volonté divine, se nourrissant de lumière et d’amour, et toute la slendeur de Dieu brille en eux. Leur choeur harmonieux s’élève dans la joie et dans la sérénité :

« A la gloire du Père céleste de tous les êtres de l’univers… »

Alors règnent le bonheur et la sagesse dans tous les siècles des siècles.

La chevalerie célestielle

Les hommes séduits par les mauvais anges s’enfoncèrent dans le mal et les justes vivants dans la crainte de Dieu étaient rares.

Avant le déluge, seul Noë est sauvé par l’intervention du Très-Haut. Lot est le seul juste de la ville de Sodome et l’ange de l’Eternel le fait sortir de la ville avant de la consumer.

Abraham, originaire de UR (qui veut dire lumière) combat les pillards et rencontre Melchisédech ( qui signifie Roi de justice). Ce prêtre du « Très-Haut » partage avec lui le pain et le vin et le bénit solennellement (Génèse 14-18).

Les justes prient et réclament l’aide du ciel depuis toujours pour empêcher l’enfer de s’étendre sur la terre. Ils sont peu nombreux mais le Seigneur du ciel les entend et leur envoie ses anges.

Michaël, chef de la milice céleste, inspire les justes  contre les forces des ténèbres. Jusqu’a la fin des temps, Michaël et ses anges combattent le dragon qui veut dévorer l’enfant des hommes. Il est l’éternel défenseur des justes et c’est par lui que la chevalerie se manifeste en tout temps et en tout lieu sur la terre comme au ciel.

« Je vis le ciel ouvert et parut un cheval blanc. Celui qui le monte s’appelle Fidèle et Véridique…son nom se dit « le verbe de Dieu ». Les armées célestes le suivaient sur des chevaux blancs, vétue d’un lin fin d’une blancheur éclatante…il porte inscrit ce nom : Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Apocalypse 19)

Après les chevaux maléfiques de la peste et des guerres, les chevaux blancs de la lumière inspire la résurgence mystérieuse en tous les temps de la chevalerie spirituelle, milice prédestinée du ciel pour combattre sur la terre.

Le Cheval

Le cheval apporte la richesse de son symbolisme et ses remarquables qualités  à l’élaboration de l’idée d’une chevalerie spirituelle sur la terre.

[Etre maître  de sa monture, c'est être maître de soi-même.] 

Depuis plus de trois mille ans, les peuples de l’Asie ont domestiqué le cheval et l’ont introduit au Proche Orient chez les hittites entre autres.

Chez les Celstes, EPONA, déesse des chevaux, encourage les grands voyages héroïques qui mèneront les Gaulois jusqu’à Rome. Les Perses, selon Hérodote, n’apprennent que trois choses à leurs enfants : « Monter à cheval, tirer à l’arc et dire la vérité. »

Le cheval est la plus noble conquête de l’homme. Sa force, sa rapidité et les liens qui unissent le cavalier à sa monture en font l’auxiliaire idéal pour le combat loyal soumis aux règles de l’honneur.

Cadeau de Neptune sorti de la terre ou des eaux, le cheval court à la vitesse du vent, tel un éclair de feu. L’homme qui réussit à se tenir sur son dos est le vainqueur de sa propre faiblesse et son regard domine les sinuosités de la plaine. Le cheval est le symbole du dépassement de soi-même, contre les forces rampantes du mal.

Le chevalier favorisé par cette élévation verticale au-dessus de la foule qui agrandit son horizon, trace une croix sur son vêtement pour partir à la croisade, en quête de la lumière de l’Orient.

La chevalerie antique

Il y a déjà 25 siècles que la légende de la chevalerie est devenue histoire par la fondation de l’empire perse.

En ce temps-là, les Assyriens dominaient en Orient par le pillage, les massacres et la terreur. Des peuples entiers étaient déportés ou réduits en esclavage, et la force sanguinaire avait force de loi.

Le sage Zoroastre (Zarathoustra) s’agenouilla devant l’Eternel et le pria de susciter un bon souverain qui fasse régner la justice. Le créateur entendit la prière de Zoroastre qui fut enlevé au ciel par un ange et instruit par l’Esprit Saint de tous les mystères de la terre et du ciel. Il vit le Sauveur (Saoshyant) qui doit juger tous les êtres à la fin des temps dans la justice divine.

Revenu sur terre, Zoroastre enseigna la religion de la lumière spirituelle dont il ne reste aujourd’hui que le livre « Avesta », mais qui devint la religion des rois perses conquérants.

Le premier d’entre eux est le roi Cyrus dont l’histoire commence la veille d’une grande bataille. Agenouillé avec humilité, les bras croisés sur sa poitrine pour prier Dieu et s’abandonner à la volonté divine, Cyrus vit soudain l’ange protecteur de la chevalerie du ciel et de la terre, Michaël armé de l’épée flamboyante qui lui touche l’épaule en disant :

« A la gloire de Dieu notre créateur, sois son serviteur fidèle, juste et généreux. »

Quand Cyrus se relève, empli de force, l’épopée de l’empire perse commence, et le premier roi chevalier connu brise l’orgueil des Assyriens destructeurs, pour émerveiller tous les peuples de la terre.

Vainqueur des Mèdes, de Crésus roi de Lydie et de Babylone, la grande ville emplie de richesses, Cyrus offre la paix à tous les peuples. Il autorise chacun d’eux à vivre selon ses lois et croyances, et lorsqu’il libère les juifs captifs de Babylone, il les aide à reconstruire le temple de Jérusalem et leur restitue tous les objets en or de leur culte.

Roi des rois, Cyrus étend son empire de l’Egypte jusqu’aux Indes et son autorité bienveillante fait l’admiration des ses anciens ennemis.

Modèle parfait de tous les rois, Cyrus est le champion de la justice et des forces de lumière qui luttent contre le mensonge et la tyrannie en protégeant les humbles.

Les prêtres de toutes les religions chantent ses louanges et le prophête témoigne de sa consécration divine par ces paroles :  » Yahvé parle à son Oint Cyrus » (Isaïe 45-1)

La chevalerie féodale

Avec les croisades, la chevalerie de l’occident prend un nouvel essor par ses contacts avec la civilisation orientale. Les trouvères et les conteurs répandent toutes sortes de légendes qui embellissent l’histoire. Celle des neuf preux glorifie Hector de Troie, César de Rome, Alexandre de Macédoine ainsi que les héros de la Bible : Josué, David et Judas Macchabée, ou les chrétiens Arthur de Bretagne, Charlemagne et Godefroy de Bouillon. D’autres chevaliers deviennent légendaires : Otton le grand, Guillaume le conquérant, Frédéric Barberousse, Richard coeur de lion, Saint-Louis, et plus tardivement, Boucicaut et Bertrand du Guesclin.

La chanson de Roland ou le « le Lancelot » en prose sont les premiers romans d’aventures au succès durable.

C’est ainsi que les guerriers barbares s’appliquent à devenir de purs chevaliers, et que Saint Bernard écrit la règle d’un nouvel ordre de chevalerie qui brillera pendant deux siècles.

L’idéal de l’Ordre du temple réalise par sa pureté la quête du Graal qui semblait trop élevé pour les hommes, même dans le roman anonyme du 12ème siècle, car seul Galaad le chevalier prédestiné parvenait au but.

Les chevaliers du Temple vont voeu de pauvreté, se dévouent entièrement à leur idéal, et se battent sans crainte de la mort pour la gloire de Dieu. Ils protègent les religieux, les pèlerins et tous les faibles et contribuent par la richesse de l’ordre à la construction des cathédrales et de nombreuses commanderies dont les granges nourrissent les pauvres par temps de famine. Leur autorité spirituelle en font les arbitres de la paix et maintient l’unité de la chrétienté en Occident.

Sur la terre de France ou le bon roi Saint Louis rendait justice à son peuple, le jour le plus néfaste fut le 13 octobre 1307 quand son petit fils Philippe IV le bel donna l’ordre d’arreter les chevaliers du temple après s’être opposé à l’autorité de la papauté qu’il transféra à Avignon. Ayant fait choisir un pape français, il put ainsi faire torturer et brûler les chevaliers après un procès de mauvaise foi.

 

Ferdinand Bondu

« Baudémagus »

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