L’ADAM KADMON : INVOLUTION ET EVOLUTION

Posté le 25 janvier 2011 par spiritus dans HERMETISME, SCIENCES OCCULTES, Non classé

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En principe, la racine de l’Être est l’Absolu; L’Absolu que les religions nomment Dieu ne peut se concevoir, et qui prétend le concevoir en dénature la notion, en lui assignant des bornes : un Dieu défini et un dieu fini.

Mais de cette insondable Absolu émane éternellement la Dyade androgynique, formé de deux principes indissolublement unis : l’esprit vivificateur et l’âme universelle.

Le mystère de leur union constitue le Grand Arcane du Verbe.

Or, le Verbe, c’est l’homme collectif considéré dans sa synthèse divine avant sa désintégration. C’est l’Adam céleste avant sa chute ; avant que cet Être universel ne se soit modalisé, en passant de l’Unité au Nombre; de l’Absolu au Relatif; de la collectivité à l’individualisme; de l’Infini à l’Espace et de l’Eternité au Temps.

Sur la chute d’Adam, voici quelques notions de l’enseignement traditionnel : Incités par un mobile intérieur dont nous devons taire ici la nature essentielle, mobile que Moïse appelle Nahash,  défini comme la soif égoïste de l’existence individuelle, un grand nombre de Verbes fragmentaires, consciences potentielles vaguement éveillées, en mode d’émanation dans le sein du Verbe absolu, se séparèrent de ce Verbe qui les contenait.

Ils se détachèrent, infimes sous-multiples de l’Unité-mère qui les avait engendrés. simples rayons de  ce soleil occulte, ils dardèrent à l’infini dans les ténèbres leur naissante individualité, qu’ils souhaitaient indépendante de tout principe antérieur, en un mot, autonome.

Mais comme le rayon lumineux n’existe que d’une existence relative, par rapport au foyer qui l’a produit, ces Verbes également relatifs, dénués de principe autodivin et de lumière propre, s’obscurèrent à mesure qu’ils s’éloignaient du Verbe absolu.

Ils tombèrent dans la matière, mensonge de la substance en délire d’objectivité ; dans la matière qui est au Non-Être ce que l’Esprit est à l’Être; ils descendirent jusqu’à l’existence élémentaire, jusqu’à l’animalité, jusqu’au végétal, jusqu’au minéral ! Ainsi la matière fut élaborée de l’Esprit, et l’Univers concret pris une vie ascendante,  qui remonte de la pierre, apte à la cristallisation, jusqu’à l’Homme, susceptible de penser, de prier, d’assentir l’intelligible et de se dévouer pour son semblable !

Cette répercussion sensible de l’Esprit captif, sublimant les formes progressives de la Matière et de la Vie, pour tâcher de sortir de sa prison, la Science contemporaine la constate et l’étudie sous le nom d’Evolution.

L’Evolution, c’est l’éternelle Rédemption de l’Esprit. En évoluant, l’Esprit remonte.

Mais avant de remonter, l’Esprit était descendu : c’est ce que nous appelons : L’Involution

Comment le sous-multiple verbal s’est-il arrêté à un point donné de sa chute ? Quelle force lui a permis de rebrousser chemin ? Comment la conscience obscurée de sa divinité collective s’est-elle enfin réveillée en lui, sous la forme encore bien imparfaite de la Sociabilité ?

Voilà de profonds mystères que nous ne pouvons aborder ici.

L’Altruisme est la seule voie qui conduise au but unique et final, je veux dire la réintégration des sous-multiples dans l’Unité divine; la seule doctrine qui en fournisse le moyen, qui est le déchirement des entraves matérielles, pour l’ascension à travers les hiérarchies supérieures, vers l’astre central de la régénération et de la paix.

N’oublies jamais que l’Universel Adam est un Tout homogène, un Être vivant, dont nous sommes les atomes organiques et les cellules constitutives.

Nous vivons touts les uns dans les autres, les uns par les autres; et fussions nous individuellement sauvés (pour parler le langage chrétien), nous ne cesserions de souffrir et de lutter qu’une fois tous nos frères sauvés comme nous !

L’Egoïsme intelligent conclut donc comme a conclu la Science traditionnelle : l’universelle fraternité n’est pas un leurre; c’est une réalité de fait.

Qui travaille pour autrui travaille pour soi; qui tue ou blesse son prochain se blesse ou se tue; qui l’outrage s’insulte soi-même.

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Souviens-toi que ta grande ambition doit être de reconquérir l’Eden zodiacal dont tu n’aurais jamais dû descendre et de rentrer enfin dans l’Ineffable Unité, HORS DE LAQUELLE TU N’ES RIEN, et dans le sein de laquelle tu trouveras, après tant de travaux et de tourments, cette paix céleste, ce sommeil conscient que les Hindous connaîssent sous le nom de Nirvânâ : la béatitude suprême de l’Omniscience en Dieu.

 

Stanislas de Guaita (1861-1897)

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