INTRODUCTION AU LANGAGE SYMBOLIQUE : LA SAINTE BIBLE ET SON INTERPRETATION

Pour l’ensemble des Chrétiens, la Sainte Bible représente la parole inspirée de Dieu, un message direct de la divinité aux hommes. Cependant, il faut bien reconnaître qu’une étude littérale ou historique de la Sainte Bible révèle des contradictions, des impossibilités et des incohérences faisant obstacle à la foi, amenant bon nombre d’individus à rejeter complètement la conception de la Bible comme une source exacte de la sagesse spirituelle et comme guide moral ou encore à s’envoler dans une foi aveugle nourrie  de considérations complètement délirantes, n’ayant plus prise avec la réalité concrète. Bien des gens finissent ainsi par tomber dans l’athéisme, l’agnosticisme ou inversement, par se perdre dans je ne sais quelle secte !

 Il semble donc qu’il y ait à notre époque une nécessité d’aider les individus à réviser leur façon de lire la Bible et les Saintes Ecritures en général.

Pour le profane qui n’est pas en mesure de lever le voile de l’allégorie, de la parabole et du symbole, l’examen de la Bible laisse apparaître de nombreux passages déroutants, offensant l’intellect.

Dans la Génèse (XII-10-20), on voit Abraham faire passer sa femme pour sa soeur afin que le pharaon puisse la posséder pour obtenir que sa vie soit épargnée et recevoir de grandes richesses. On trouve aussi des passages qui représente le Seigneur Dieu Tout Puissant comme capable d’éprouver de la colère, d’être prêt à détruire et d’encourager ses serviteurs à détruire des peuples entiers autres que les israélites (deutéronome IX;14) ou encore le Christ arrêter le mouvement du soleil au midi, etc…

Au 3ème siècle, Origène d’Alexandrie écrivait :

« Là où le Verbe trouvait que des choses ayant lieu suivant l’histoire, pouvaient être adaptées à ses significations mystiques, il en faisait usage, voilant à la multitude le sens le plus profond, mais là où, dans une description de faits du monde hypersensible, ceux-ci ne suivaient pas le déroulement d’évènements déjà suggérés par la signification mystique, l’Ecriture entremélait à l’histoire le récit de quelque évènement qui n’avait pas eu lieu, soit que cet évènement n’aurait pas pu se produire, soit que pouvant se produire, il n’ait pas eu lieu »

Rabbi Moïse Maïmonide, théologien et historien, talmudiste et médecin écrivait au 12ème siècle :

 » Chaque fois que vous trouverez un récit dont la réalité semble impossible, une histoire qui choque la raison et le sens commun, soyez sûr alors que le récit contient une profonde allégorie voilant une vérité profondément mystérieuse; et de ce que, plus grande est l’absurdité de la lettre, plus profonde est la sagesse de l’esprit. »

Nombreux sont les auteurs anciens et modernes qui ont affirmé que la sagesse spirituelle et la philosophie pratique de la vie avaient toujours été proposés à l’humanité, et que, quoique profondément cachées, il était possible de les trouver dans les grandes fois religieuses du monde. L’homme, disent-ils, n’a qu’à écarter les voiles de l’allégorie, de la parabole et du symbole pour découvrir une connaissance qui puisse accorder la sérénité de l’esprit et du coeur et conduire ainsi à l’illumination spirituelle. Il en va de même pour les écritures et les mythologies des anciens peuples de la Terre.

3 façons erronées de penser ont généralement cours en matière d’interprétation des allégories des Saintes Ecritures :

- la première consiste dans la confusion du voile avec les vérités qu’il cache et révèle tout à la fois,

- la seconde est d’exiger l’acceptation comme faits  de ce qui est en grande partie allégorique et, en vérité dans certains cas, incroyable,

- la troisième est l’insistance mise sur la croyance ne pouvant être mise en doute en des dogmes basés sur une interprétation littérale de certains passages de la Bible qui, dans le cas d’un défaut de croyance constaté, conduit à l’excommunication, voire à la damnation éternelle !

Ces tendances observables sont particulièrement dommageables car il en résulte que l’attention des Chrétiens est détournée des vérités éternelles. Parmi ces vérités, remarquons tout particulièrement, la quête de la divine présence et sa découverte en l’homme, « Christ en vous, l’espérance et la gloire » et par ailleurs, le fait que la divinité soit une dans tous les hommes et qu’elle soit de même nature en tous.

Il semble bien que parmi les causes qui rendent difficile aujourd’hui la formation d’une unité spirituelle entre tous les peuples de la race humaine, figurent les conséquences de l’imposition d’un certain nombre de dogmes par divers chefs spirituels portant sur l’interprétation (souvent littérale) d’allégories contenues dans les Saintes Ecritures.

A l’égard de la Chrétienté, le fait que la gnose (1) ait été proscrite, a engendré des maux très importants. La foi aveugle, la lecture et la compréhension littérale de la Bible, la dépendance vis à vis des prêtres pour la communion avec Dieu et le salut, la confiance en des services religieux ou des observances extérieures, doivent être remplacées par l’expérience spirituelle intérieure directe, et la lecture interprétative des Ecritures. Ce dont l’homme aujourd’hui à besoin, dans ce « 7ème fléau » de la confusion qui le frappe actuellement, c’est de la gnose, c’est à dire la connaissance directe, ésotérique et spirituelle.

Ce constat, de toute évidence, n’est pas applicable uniquement aux églises chrétiennes et, il faut le souligner, l’acceptation et l’application à la vie de certains dogmes affectent considérablement les relations humaines et ce, à quelque niveau que ce soit, que cela soit au niveau personnel, collectif, national ou international. Ils portent en eux la responsabilité de la division des peuples.

La Bible et son langage symbolique

La nécessité d’user d’un langage symbolique est apparue aux Sages de l’antiquité afin de préserver, une connaissance, l’Alchimie, qui si elle était mise entre certaines mains sans conscience, pourrait faire courir à l’humanité un très grand danger. La raison d’être de la conservation du secret apparaît clairement lorsque l’on observe à travers l’histoire, l’usage que l’homme fait des découvertes scientifiques. A cet égard, rappelons que la plupart des découvertes scientifiques du monde moderne enseignées aujourd’hui aux élèves figurent allégoriquement dans les écritures des grandes religions du monde et dans les anciens traités d’alchimie. Toutefois, à titre préventif, tant que l’humanité ne sera pas  en mesure de dépasser la difficulté inhérente à l’incarnation humaine, la dualité, cause première de toutes les  souffrances existentielles,  le voile recouvrant encore le secret des diverses applications du principe premier qui régit tout l’Univers et qui rendrait l’Homme maître des énergies du Ciel et de la Terre,  la dualité magnétique,  ne sera pas complètement levé.

Les anciens cabbalistes, les disciples d’Ammonius Saccas et d’autres néo-platoniciens d’Alexandrie, appelés « Analogistes », en raison de leurs méthodes d’interprétation  des écritures sacrées et des mythologies, par un principe d’analogies et de correspondances, ainsi que leurs successeurs, ont tous considéré les Ecritures à travers le monde comme étant en grande partie allégoriques. Citons parmi eux, Philon le juif qui, au 1er siècle de l’ère chrétienne, prétendait à propos de l’interprétation de la Bible, que les animaux, les oiseaux, les reptiles, les arbres et les lieux mentionnés, représentaient tous des allégories de l’âme, des facultés, des dispositions ou passions; les plantes utiles, des allégories des vertus et les nuisibles, des affections de l’homme dépourvu de sagesse et ainsi de suite à travers le règne minéral, la terre, les cieux et le cosmos, à travers les fontaines et les rivières, les champs et les maisons; à travers les métaux, substances, les guerres, les vêtements et les armures, l’ameublement, le corps et ses diverses parties, les sexes et nos conditions extérieures.

Ce mode d’interprétation des Ecritures sacrées et des mythologies par un principe d’analogie et de correspondances, est sensé pouvoir permettre l’étude de l’ancien et du nouveau Testament, de la Cabbale et des philosophies ésotériques orientales.

Bon nombre sont les écrivains, poètes et philosophes qui à travers l’histoire, se sont inspirés de cette méthode d’écriture. Citions parmi eux, celui qui nous est le plus proche, le Philosophe inconnu (Louis Claude de Saint Martin) qui, parmi d’autres grands initiés des diverses écoles occultes et des mystères des religions des anciennes civilisations, s’est efforcé de remettre au goût du jour et à la portée des hommes, ces récits.

Le Christ fait usage de cette méthode dans son enseignement. Lorsqu’il s’adressait à ses disciples, il parlait ouvertement des vérités spirituelles mais s’exprimait par paraboles à ceux qui ne l’étaient pas. Dans l’Evangile de Saint Matthieu, il s’exprime ainsi :

« Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, ne jetez pas vos perles devant les pourceaux de peur qu’ils ne les foulent aux pieds et qu’ils ne se retournent contre vous pour vous déchirer »

Et continuait plus loin :

« Il vous est donné de connaître les mystères du royaume des cieux mais à eux, il leur est parlé en paraboles. »

Ce faisant, tous ceux qui ont utilisé le langage symbolique savaient que  malgré les clés d’interprétation, seuls ceux qui par un travail de purification et une certaine ascèse, auraient suffisamment développé les facultés de l’intuition et le sens aigu des responsabilités morales, seraient rendu capables d’appliquer ces clés avec succès et ainsi découvrir les vérités que le langage sacré cache et révèle tout à la fois.

Une juste préparation est en effet nécessaire pour tirer un enseignement du langage sacré, une préparation qui va au-delà d’une simple préparation intellectuelle afin que par une interprétation satisfaisante de la Bible, puissent être transmises de profondes vérités. Mais lever le voile de l’allégorie n’est pas une simple tâche ! Sans une certaine intégrité et l’appui de « Supérieurs Inconnus » ou de guides éclairés, il est presque impossible de démèler un grand nombre de récits bibliques.

Même si la Bible est en partie fondée sur des faits historiques ou pseudo-historiques, les faits tels que ceux par exemple décrits dans la Genèse où il est question de trois jours et de trois nuits ou encore, l’action de Josué faisant arrêter le soleil et la lune ne peuvent évidemment pas être compris au sens littéral.

Lorsque l’on nous rapporte des faits inacceptables au regard de la raison, trois façons de  se comporter se présentent communément :

- soit accepter sans discuter sous l’emprise de la foi

- soit les repousser comme étant indignes de toute considération sérieuse

- soit y rechercher de possibles significations cachées qui y seraient dissimulées.

Comme certains l’ont dit, la Bible entasse « l’incroyable sur l’impossible ». En vérité, les intentions des auteurs n’étaient pas de rapporter simplement des faits historiques, mais de rapporter aussi des faits astronomiques (le christianisme étant un culte dit solaire, C-à-d reposant sur des éléments symboliques propres au mouvement apparent du soleil symbolisé par Jésus),  et surtout, des vérités abstraites, universelles et mystiques donnant des indications pour cheminer sur le sentier.

Et si, ainsi, le jour, la nuit, le soleil et la lune ne sont que des symboles concrets de vérités abstraites, alors la signification extérieure du récit peut révéler une profonde vérité intérieure.

 SADER 

(1) De façon très générale, la gnose (du grec γνῶσις, gnôsis : connaissance) est un concept philosophico-religieux selon lequel le salut de l’âme passe par une connaissance (expérience ou révélation) directe de la divinité, et donc par une connaissance de soi1.

Dans le christianisme antique, le mot a été employé pour la première fois par Paul de Tarse, puis défendu et développé par un certain nombre de théologiens orientaux qui pendant les premiers siècles ont marqué le concept. Parmi les plus importants se trouvent Irénée de Lyon, Clément d’Alexandrie, Origène, ou encore Évagre le Pontique. Au XVIIe siècle, le principe est ré-exploité en France par Bossuet et Fénelon.

Plus récemment, une importante confusion s’est créée sur le sens du mot gnose et sur son amalgame avec le terme gnosticisme. Le gnosticisme ou « gnosticisme historique » est un terme employé pour désigner certains mouvements du christianisme ancien qui relèvent d’une idéologie dualiste (croyance dans l’existence d’un Dieu du Mal et d’un Dieu du Bien). Cette gnose dualiste contraire aux principes métaphysiques du christianisme, a été combattue par les théologiens chrétiens des premiers siècles qui l’ont qualifiée de pseudo-gnose (Paul de Tarse), ou de « gnose au faux nom » (Irénée de Lyon). Le mot gnose désigne ainsi pour la période antique deux concepts théologiques opposés : une gnose chrétienne qui considère que tout homme est capable de percevoir Dieu, en lui, de devenir lumière et donc d’obtenir la vie éternelle ; et une gnose dualiste (gnosticisme) qui considère le corps et la vie terrestre comme une prison dont l’homme doit se libérer pour être sauvé.

(source wikipedia)

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