SPIRITUALITE

Posté par spiritus le 19 juin 2010

            La plupart des hommes ignorent qu’ils sont les artisans de leur destin spirituel et ne se soucient nullement de ce destin.

Le développement de l’esprit dans l’individu est loin d’être un processus irrésistible. L’esprit  ne peut atteindre son développement optimum sans éducation ni effort de volonté. Par une aberration étrange, les êtres civilisés ne prennent aucun souci du progrès de leur âme.

Parmi les hommes dont l’intelligence continue à se développer, beaucoup sont incapables d’atteindre la maturité mentale alors qu’ils pourraient employer à leur avancement, les loisirs que leur a donnés la société moderne.

Au contraire, ils perdent leur temps à  se divertir. Ils sont victimes à la fois de leur conditionnement et des habitudes de la vie moderne. Dans l’atmosphère de mensonges et de niaiseries qui règne dans les médias, dans la veulerie de l’existence quotidienne, dans le mépris du beau et du sacré, l’essor de l’intelligence et du sentiment se trouve paralysé.

L’ascension  spirituelle des individus normalement développés n’en reste pas moins un mode d’être fondamental de la vie. La société moderne a séparé l’intelligence du sentiment. Si elle s’intéresse au savoir, à l’observation, à la compréhension, au souvenir, au jugement, à l’induction, à la déduction, à l’édification de constructions logiques, à l’imagination, à la découverte, elle  s’intéresse en revanche beaucoup moins, aux valeurs du courage, de l’audace, de la fidélité, de l’abnégation, de l’héroïsme et de l’amour.

« Voir sans aimer », ecrivit autrefois Maeterlinck « c’est regarder dans les ténèbres ». En développant exclusivement la raison, l’éducation moderne a stoppé le développement de l’esprit. La préparation à la plupart des examens forme la mémoire sans former l’intelligence. En outre, sa valeur spirituelle est nulle. Cependant l’intérêt de la communauté demande une profonde culture intellectuelle. Car nous avons besoin d’ingénieurs, de biologistes, d’économistes, d’historiens, de physiciens, de mathématiciens, de philosophes. Seuls les spécialistes de l’intelligence sont capables de faire avancer la connaissance. La spécialisation est un mal nécessaire qui se paie par un rétrécissement de l’esprit.

L’intellectualisme est dangereux car comme un brouillard, il nous sépare de la réalité de la vie. Sans Gretchen, le Dr Faust aurait toujours ignoré que le secret de la vie ne se trouve pas dans les livres mais dans la vie elle-même.

Quand l’esprit s’élève en nous sous l’effort de la volonté, comme la sève dans l’arbre sous l’effort du printemps, il prend à la fois l’aspect de l’intelligence, du jugement, de la maîtrise de soi-même, de la beauté morale. Il devient la lumière intellectuelle toute pleine d’amour dont parle Dante. Il est la sagesse, cette sagesse qui est refusée aux philosophes et aux savants qui considèrent comme irréelles les choses qui sont inexprimables par les mots.

C’est dans la foule anonyme des humbles que l’on rencontre souvent les vrais élus de l’esprit. La route qui mène au sommet de la montagne est aussi dure et aussi belle pour les uns que pour les autres. Nul n’y progresse qu’au prix du sacrifice. Sans sacrifice, il n’y a pas d’ascension spirituelle : sacrifice de sa fortune, de sa réputation, de sa vie par amour des siens, de sa patrie ou d’un grand idéal.

Ce sont ceux qui ont le culte de la beauté et de la vérité qui tendent de toutes leurs forces vers Dieu, qui donnent leur vie pour que la justice et l’amour règnent sur la Terre.

Ce n’est pas la raison, mais le sentiment qui mène l’homme au sommet de sa destinée. L’esprit s’élève par la souffrance et le désir plus que par l’intelligence; à un certain moment du voyage, il laisse derrière lui l’intelligence, dont le poids est trop lourd. Il se réduit à l’essence de l’âme, qui est amour. Seul, au milieu de cette nuit de la raison, il s’échappe du temps et de l’espace  et,  par un processus que les grands mystiques eux-mêmes n’ont jamais été capables de décrire, il s’unit au substratum ineffable de toutes choses.

L’évolution spirituelle ne s’achève que chez très peu de gens, car elle demande un effort persistant de la volonté,  le sens de l’héroïsme, la purification des sens et de l’intelligence, et d’autres conditions que nous connaissons mal; en particulier cette condition psychologique que l’Eglise appelle la Grâce. Mais tous peuvent s’engager sur le sentier qui, à travers les nuages conduit vers la lumière des cimes.

Mais il est également loisible à tous, de vivre pour la seule satisfaction de ses besoins physiologiques comme les singes. La plupart des êtres civilisés sont encore si près de l’animalité qu’ils recherchent exclusivement les valeurs matérielles, alors que seules les valeurs spirituelles peuvent leur apporter la lumière et la joie.

Chacun doit à un  moment donné de sa vie choisir entre le matériel et l’humain. C’est à dire refuser ou accepter d’obéir à loi de l’ascension  spirituelle.

 

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LES TROIS PORTES DE LA SAGESSE

Posté par spiritus le 6 juin 2010

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent
Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage

« Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie », demanda le Prince

« Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage
Cependant je veux bien te donner quelques indications
Sur ta route, tu trouveras 3 portes : Lis les préceptes indiqués sur chacune d’entre elles Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair Va, maintenant Suis cette route, droit devant toi. »

Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie.

Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire
« CHANGE LE MONDE »

« C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas. » Et il entama son premier combat Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir  Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent . Bien des années passèrent .

Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande : « Qu’as-tu appris sur le chemin ? »
« J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas » « C’est bien, dit le Vieil Homme Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir Oublie ce qui échappe à ton emprise. » Et il disparut

Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte On pouvait y lire
« CHANGE LES AUTRES »

« C’était bien là mon intention, pensa-t-il .Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration. » Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts Ce fut là son deuxième combat
Bien des années passèrent

Un jour, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa
le Vieux Sage qui lui demanda : « Qu’as-tu appris sur le chemin ? »
« J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses. »

« Tu as raison, dit le Sage Par ce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même
Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir
Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir. »
Et le Vieil Homme disparut

Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots

« CHANGE-TOI TOI-MEME »

« Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire, » se dit-il Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal .
Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des
résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :

Qu’as-tu appris sur le chemin ? »

« J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser. »

« C’est bien, » dit le Sage

« Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous, contre moi-même Cela ne finira-t-il jamais ?
Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise. »
« C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage
Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. » Et il disparut

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s’aperçut qu’elle
portait sur sa face arrière une inscription qui disait

« ACCEPTE-TOI TOI-MEME. »

Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens
« Quand on combat on devient aveugle, se dit-il. » Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer
Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :

« Qu’as-tu appris sur le chemin ? »

« J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner
à ne jamais être en accord avec moi-même J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement,
inconditionnellement. »

« C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse Maintenant tu peux repasser la 3ème porte. »

A peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde
porte et y lut

« ACCEPTE LES AUTRES »

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il
avait aimées comme celles qu’il avait détestées Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait
combattues Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu

Il rencontra à nouveau le Vieux Sage « Qu’as-tu appris sur le chemin ? » demanda ce dernier
J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à
reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux .J’ai appris à accepter et à aimer les autres
totalement, inconditionnellement. »

« C’est bien, » dit le Vieux Sage C’est la seconde Sagesse
Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte

Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut

« ACCEPTE LE MONDE »

Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois Il regarda autour
de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose Par leur perfection
C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé
ou son regard ?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda

« Qu’as-tu appris sur le chemin ? »

« J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit
pas le monde, elle se voit dans le monde Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai.
Quand elle est accablée, le monde lui semble triste Le monde, lui, n’est ni triste ni gai.
Il est là ; il existe ; c’est tout Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que
je m’en faisais J’ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement. »

C’est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme
Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde. »

Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince
Le Silence l’habita

« Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence »

Et le Vieil Homme disparut

CHARLES BRULHART

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LE DIEU DE LA SCIENCE MATERIALISTE

Posté par spiritus le 14 juin 2017

Ses 2 démons, ses 4 piliers et ses 10 commandements

Son Dieu, le hasard:

La science est censée combler le vide de notre ignorance, c’est son rôle social, sans lequel on ne pourrait faire appel à des experts.

Mais la vraie science n’a pas réponse à tout et la meilleure réponse toute faite lorsqu’on veut cacher le vide de notre ignorance est de faire appel au hasard. C’est très facile, car il y a toutes sortes de hasards.

Les matérialistes font par exemple appel au hasard pour cacher le vide d’explication scientifique concernant l’apparition et l’évolution de la vie, c’est pourquoi la proposition de Darwin fut si bien acceptée.

Une autre façon de faire appel au hasard pour cacher le vide de notre ignorance est de nier la nécessité même d’expliquer, comme un phénomène étrange par exemple. Là encore, le hasard est très utile puisqu’il n’y a pas besoin d’expliquer ce qui est arrivé par hasard. C’est ainsi que toutes les synchronicités ou coïncidences étranges passent à la trappe.

Mais le hasard est aussi très pratique à insérer dans les équations afin de combler un autre vide technique cette fois-ci, celui de l’incalculabilité, par les statistiques et probabilités. Lorsqu’on ne sait pas calculer les trajectoires d’un grand nombre d’objets par exemple, en physique quantique ou statistique, on fait appel au hasard pour pouvoir faire des calculs malgré tout et c’est de cette façon que la science enregistre ses plus merveilleux succès. Il n’est donc pas question de faire autrement. Il faut simplement ne pas oublier la façon dont certaines grandeurs physiques émergent du hasard, comme la notion de température par exemple. Saviez vous que la température était une grandeur statistique ?

Le hasard est enfin extrèmement pratique à invoquer pour « expliquer » le plus grand mystère de la physique, celui de la réduction d’état en mécanique quantique (effondrement de la fonction d’onde). Dans ce dernier cas, il ne s’agit toutefois plus d’un hasard issu de notre ignorance des causes, mais bel et bien d’un vrai « Dieu qui se promène incognito« , selon l’expression d’Einstein.

Qu’il s’agisse finalement d’un hasard servant à combler notre ignorance, à réaliser des prouesses de calcul ou à cacher un Dieu sans en avoir l’air, on voit que le hasard est indispensable à la science, qu’elle soit ou non matérialiste.

La science repose tellement sur le hasard qu’elle en fait même un usage démesuré à toutes les échelles:

  • A l’échelle cosmologique sous la forme du hasard anthropique, celui qui fait que nous existons dans un univers extrèmement improbable qui a permis l’apparition de la vie intelligente, grâce à des conditions initiales réglées de façon extrèmement précise (1).
  • A notre échelle humaine sous la forme du hasard stochastique, celui qui est à la base de la physique statistique (2).
  • A l’échelle quantique sous la forme du hasard quantique, celui qui préside à la réduction d’état

Il ne manque plus à la science que de choisir une date du calendrier qui serait la fête du hasard !

Sauf que… comme ce Dieu là se promène incognito, cette fète est interdite.

Ses deux démons:

La religion a toujours abondamment usé de démons pour imposer son système de pouvoir. L’incarnation du mal en entités bien différenciées de Dieu a en effet pour avantage de résoudre les contradictions internes de la religion et surtout d’imposer son pouvoir et d’occulter celui des hommes (la conscience) en cultivant la peur ou le respect du démon.

Il est logique que la science matérialiste, qui s’est imposée par opposition à la religion, ait fini par reproduire toutes les caractéristiques d’une religion, puisqu’elle n’était elle-même ni à l’abri de contradictions internes, ni du système qui, pour continuer de régner sur la conscience collective des hommes, avait besoin d’utiliser cette fois-ci la science pour imposer son pouvoir (un système entretenu par la conscience collective elle-même, je précise).

La première des contradictions internes de la science était l’incompatibilité entre son déterminisme dogmatique, ayant permis d’évacuer le Dieu de la religion, et son propre Dieu, le hasard: si les choses arrivent par hasard, comment pourraient-elles en effet être déterministes ?

La solution s’est imposée naturellement: c’est un démon, celui de Laplace, qui a incarné le dogme du déterminisme. Grace à ce démon, nous avons accepté l’épouvantable déterminisme temporel (le bug est dans le temporel) et la science a pu imposer un système fondé sur des équations fonctionnant merveilleusement bien. Les équations de la science sont en effet déterministes par nature.

Il subsistait toutefois une énorme contradiction: L’utilisation du hasard dans les équations imposait que l’entropie d’un système isolé ne puisse qu’augmenter dans le temps. Or les équations de la physique fonctionnent dans les deux sens du temps. Il fallait donc interdire l’inversion du cours du temps (irréversibilité), ce qui a conduit à l’émergence du démon de Maxwell.

Démon de Laplace
Il est interdit de changer son futur, car il est parfaitement déterminé.
Démon de Maxwell
Il est interdit de changer son passé, car il est irréversible.

Seul le démon de Maxwell a le droit de réduire l’entropie d’un système en y introduisant de l’information. Le fait que ceci soit réservé à un démon a pour effet d’interdire à l’homme d’envisager de le faire lui-même. En réalité, cette interdiction (second principe de la thermodynamique) n’a rien de fondamental et il est théoriquement possible de réduire l’entropie (améliorer l’ordre) d’un système isolé, soit par un hasard très peu probable, soit par le biais d’une information-énergie du vide (future technologie ?) ou encore directement d’une conscience (système vivant), de l’information néguentropique étant à chaque fois introduite.

Il s’agit là toutefois d’une information qui en réintroduisant de l’ordre, peut modifier le « choix d’univers » du système en question au sein du multivers. C’est précisément cela qu’il importait d’interdire à l’aide du démon de Maxwell, car réordonner le passé est un moyen très pratique d’ordonner le futur. C’est d’ailleurs l’un des deux moyens, par le biais d’un travail sur la mémoire, qui est utilisé par la conscience pour modifier les probabilités d’aller vers un futur plutôt qu’un autre, l’autre moyen étant celui de l’intention, lui-même interdit par le démon de Laplace.

Remarquez que ces deux démons ressemblent ainsi à s’y méprendre par leur fonction à Satan et Lucifer:

  • Le démon de Laplace joue le rôle de Satan en normalisant un fatalisme entropique qui engendre le mal par augmentation du désordre. C’est la nécessité de lutter contre ce mal qui engendre la peur empèchant la conscience humaine d’ordonner son futur.
  • Le démon de Maxwell joue le rôle de Lucifer en détenant le moyen de faire de la magie interdite à l’homme (3) tel un ange déchu, chargé là encore d’empécher l’homme d’utiliser le pouvoir de sa conscience en jouant cette fois-ci sur la mémoire de son passé.

On voit ainsi que la science matérialiste, en remplaçant l’ancien Dieu et ses deux anciens démons par des entités équivalentes dans leurs fonctions, a reproduit exactement la même religion qu’avant, permettant de conserver exactement le même pouvoir qu’avant sur le contrôle des hommes, en l’occurence un pouvoir qui fait tout pour que les hommes ne découvrent pas leur propre pouvoir: celui de leur conscience.

Nous allons voir maintenant que la science a fournit, comme la religion, sa table des dix commandements. Mais pour pouvoir poser cette table terriblement lourde, il fallait d’abord construire quatre piliers, ceux qui allaient fonder la pseudo-science matérialiste:

Ses quatre piliers:

(A) Matérialisme
Ignorance de l’information présente dans le vide
(B) Hasard (fondamental ou quantique)
Ignorance de l’information hors espace-temps 4D
(C) Déterminisme (temporel)
Ignorance de l’information déjà présente dans le futur
(D) Causalité stricte (irréversibilité)
Ignorance de l’information perdue dans les interactions

Ces quatre piliers servent à poser la table des dix commandements ci-dessous. Il suffit d’enlever un seul pilier pour que la table et donc l’ensemble du système matérialiste s’effondre.

Les quatre types d’informations ignorées pour permettre à chaque pilier d’exister ont en réalité tous la même origine: l’information du vide quantique (champ akashique ou champ de la conscience). L’espace, le temps et la matière étant des illusions, ces quatre piliers n’en font qu’un, qui a pour effet de nous occulter l’information du champ de la conscience en séparant le vide de la réalité.

Cette information immatérielle est ainsi à la fois hors espace-temps 4D, mémoire du passé et du futur (4ème dimension) et source de l’information intervenant dans les interactions du vivant, qui est à la base du choix d’univers effectué par la conscience au sein du multivers ou champ des possibles.

Ses dix commandements (et leur principe directeur):

Il s’agit de commandements de croire que:

(1) La nature est sans but et sans la moindre finalité Déterminisme
(2) L’univers est né d’une explosion originelle (big-bang) Néo-créationnisme
(3) Tout ce qui arrive est le résultat de la causalité (temporelle = du passé) Fatalisme
(4) La conscience est un produit du cerveau Matérialisme
(5) La réalité est indépendante de nos états de conscience Objectivisme
(6) Le passé ne peut plus être modifié (irréversibilité) Passéisme
(7) L’évolution de la vie est due à la sélection naturelle du plus fort Darwinisme
(8) Nous sommes des machines que la technologie peut améliorer Transhumanisme
(9) La mémoire, les intuitions et les visions sont issues de notre cerveau Réductionnisme
(10) Tous les phénomènes inexplicables sont des illusions ou des hasards Scientisme

***

Les arguments à l’encontre de ces dix croyances:

(1) La nature est sans but et sans la moindre finalité

Il s’agit d’éliminer ici toute influence du futur qui pourrait justifier une téléologie. Or la physique a montré que l’influence du futur (ou rétrocausalité au sein de l’univers bloc) est une hypothèse tout à fait recevable en physique et les colloques à ce sujet ont tendance à se multiplier ces dernières années. Récemment, le physicien renommé Holger Bech Nielsen a montré que la probabilité que le futur n’ait aucune influence sur le présent est extrèmement faible.

L’idée qu’il n’existe aucune finalité à l’évolution est entretenue par l’hypothèse du hasard quantique selon laquelle les incessants choix de l’univers auquel nous appartenons sont faits par hasard, d’une manière qui paradoxalement contredit totalement le déterminisme temporel. Il s’agit là de la contradiction la plus importante de toute la physique moderne.

(2) L’univers est né d’une explosion originelle.

Je l’appelle néo-créationisme car le maintien d’un certain créationnisme permet de maintenir une sorte de consensus politique avec la religion: celle-ci se réserve l’avant big-bang (le pourquoi) et la pseudo-science matérialiste l’après big-bang (le comment). En réalité il s’agit d’une entourloupe car l’avant-big-bang n’existe pas puisque le temps lui-même en émerge (absence de pourquoi).

Cette théorie du big-bang est aujourd’hui contredite par de multiples arguments.

Le principal est que le temps n’existe pas au sens où le temps n’est pas créateur de notre futur: notre futur est déjà là. Cela signifie également qu’il était déjà là au moment du big-bang et que ce big-bang a eu lieu en même temps que la fin des temps (dans le temps illusoire bien sur). Si l’on considère maintenant une extrèmement probable influence du futur, il est beaucoup plus rationnel de considérer les conditions initiales du big-bang comme des conditions qui changent au cours du temps car elles dépendent du temps présent, donc comme des conditions finales et non pas initiales. Le big-bang devient ainsi un appendice (une terminaison (4)) et non un responsable de la création.

De multiples arguments secondaires l’invalident: (a) La théorie de l’inflation est un espèce de cuisine ésotérique qui ne vaut que parce que ses équations marchent bien. Or il existe une multitude d’exemples où le fait que les équations fonctionnent bien n’a rien a voir avec une validation. Remarquons déjà simplement que les équations fonctionnent dans les deux sens du temps. (b) On s’interroge aujourd’hui sur des modèles plus cohérents qui feraient intervenir un rebond, auquel cas le big-bang ne serait pas un commencement. (c) La physique du big-bang n’est pas unifiée avant le mur de Planck. (d) Le big-bang n’a rien d’une explosion, car il est beaucoup trop homogène et correspond à une expansion de l’espace et non de la matière, etc.

(3) Tout ce qui arrive est le résultat de la causalité temporelle (passé)

A nouveau, ceci est en contradiction avec la théorie de l’univers bloc d’Einstein qui nous amène aujourd’hui à considérer le futur comme déjà réalisé et le présent comme dépendant autant du passé que du futur (dans cette théorie, le choix d’univers est lui-même déjà réalisé). C’est également en contradiction avec les résultats de mes propres recherches (sur le billard) qui m’ont amené à conclure que la mécanique est incapable de déterminer causalement le cours des évènements, faute d’informations suffisantes (les informations de phase étant perdues au cours des interactions, ce qui est compensé par la décohérence qui n’explique toutefois pas le choix d’univers).

En mécanique quantique, de très nombreuses expériences défient la causalité et aujourd’hui, la rétrocausalité est devenue un respectable sujet d’échanges, de publications et même de colloques scientifiques. Le point principal qui a conduit les physiciens à ce respect est la confirmation de la non localité ou intrication temporelle (et non pas seulement limitée au domaine spatial). Cela implique qu’au niveau quantique, on doit considérer simultanément des conditions initiales et des conditions finales, car elles sont corrélées acausalement.

La causalité non stricte, c’est à dire doublée de la rétrocausalité, promet ainsi de devenir le meilleur ciment de la science du futur, qui devrait avoir pour conséquence l’abandon des quatres dogmes, qui subsistent aujourd’hui par le simple fait qu’ils restent indispensables à la physique des équations.

(4) La conscience est un produit émergeant du cerveau

Il s’agit là d’un double mythe (produit du cerveau + émergence par la complexité) qui ne repose sur absolument aucune preuve et qui bien contraire, est aujourd’hui contredit par de nombreux arguments, le plus « mainstream » étant le fameux « problème difficile de la conscience » soulevé par David Chalmers. Il faut ajouter que le concept de l’émergence est aujourd’hui largement contesté car très vaporeux et il est même devenu un simple mythe. Il fonctionne comme une sorte d’effet placebo qui donne l’illusion d’une explication alors que rien ne l’étaye. D’autre part, on sait aujourd’hui via différents types d’expériences scientifiques que la conscience a un fonctionnement distinct du cerveau, tant du point de vue de psychologues (nos pensées seraient quantiques) que de neuroscientifiques comme Libet.

Mes travaux personnels en vision artificielle m’amènent également à conclure que la conscience visuelle ne peut pas siéger dans le cerveau étant donné la perte d’informations visuelles qui se produit très rapidement dès que l’information visuelle se disperse et s’accumule dans le cerveau (voir plus loin mes arguments sur la question de la mémoire). J’en ai déduit que le cerveau sert à reconnaître l’information et non pas à la stocker, à l’analyser et non pas à la voir…. Pour faire bref, il suffit de fermer les yeux pour essayer de visualiser ce qu’on vient de voir pour se rendre compte qu’on y arrive pas (en dehors d’une vague persitance rétinienne). Pourtant, un ordinateur sait parfaitement le faire (visualiser un film en temps différé). C’est parce qu’il va chercher l’information sur le disque dur (auquel correspond le vide) et non dans le cerveau qui sert essentiellement à l’analyser.

(5) La réalité est indépendante de nos états de conscience

L’idée selon laquelle la réalité dépendrait de nos états de conscience, et pas seulement de la causalité mécaniste, est une idée animiste qui existait dans les temps anciens, qui s’est poursuivie en étant maintenue plus ou moins par la religion (faire attention à ses pensées) et qui a été combattue par la science au siècle des [extinctions des] lumières. Elle a en effet été considérée comme incompatible avec le dogme (C): le déterminisme temporel (5), qui est pourtant devenu aujourd’hui le dogme le plus fragile, mais il reste indispensable au maintien d’une science fondée exclusivement sur les équations. Cela n’étant pas un argument scientifique mais de simple confort, il y a lieu de ne pas rejeter l’idée que nos états de conscience pourraient influer sur la réalité, et ce d’autant plus que notre réalité est une illusion (holographique, caverne de Platon, simulation ?).

Cette idée est le socle de ma théorie qui considère que nos états de conscience déterminent le choix d’univers dans lequel nous vivons au sein du multivers. Se reporter à tous mes écrits (livres et sites web) où elle se trouve largement développée et argumentée.

(6) Le passé n’existe plus ou ne peut plus être modifié

Dans la théorie de l’univers bloc le passé existe encore. Si l’on considère maintenant qu’il n’est que partiellement configuré et que le présent peut achever de le configurer (voir les explications d’Alain Connes à ce sujet) alors il convient de considérer que le passé puisse changer. C’est d’ailleurs la meilleure façon d’expliquer le fameux principe anthropique qui soulève le mystère du réglage fin des conditions initiales de l’univers (voir également (1) ci-dessus).

(7) L’évolution de la vie est due à la sélection naturelle du plus fort

La théorie de Darwin était contestable dès son origine et Darwin lui-même a affirmé que si l’on ne trouvait pas les preuves de transitions progressives entre sauts évolutifs, alors sa théorie s’avèrerait fausse. Non seulement on a jamais trouvé ces preuves, mais l’on s’aperçoit aujourd’hui avec l’évolution énorme de la biologie que la vie ressemble plus à une technologie qu’à un processus soumis aux lois du hasard.

On sait d’ailleurs calculer que pour de nombreuses espèces l’age de l’univers est très insuffisant pour laisser la moindre chance au hasard de produire leurs apparitions… Se reporter à l’excellent livre << L’outil explique aux savants ou l’ANTI-DARWIN >>

(8) Nous sommes des machines que la technologie peut améliorer

Il est possible que nous soyons des machines dans le cas où la vie serait issue d’une technologie, auquel cas cette technologie devrait avoir résolu l’exploitation de l’information ou énergie du vide qui permet d’animer les systèmes vivants et de maintenir leur entropie faible, à l’encontre du second principe qui ne sait pas expliquer la constatation du M.E.P.: Maximum Entropie Production chez les êtres vivants. Or on sait qu’aucun système mécanique ou électronique ne peut réaliser une telle prouesse, l’énergie utilisée pour maintenir l’entropie d’un robot étant aujourd’hui matérielle et non pas immatérielle. Non seulement nous en sommes donc loin – il faudrait pouvoir fabriquer une âme, c’est à dire l’extension immatérielle de notre cerveau – mais il faudrait ensuite qu’une conscience puisse être greffée à un tel système. Cela nous ramène au point (4) qui est surement l’argument le plus puissant à l’encontre d’une telle idée ou d’une telle réalisation, surtout dans le cas où il s’agirait de nous améliorer: comprenons donc déjà la nature de l’humain avant de tenter une telle expérrience, sinon je connais une loi qui prédit des résultats transhumanistes épouvantables, sans même que Murphy s’en mèle.

(9) La mémoire, les intuitions et visions sont issues de notre cerveau

S’il existe bien une forme de mémoire dans le cerveau, l’expérience neuroscientifique montre qu’elle est plus ou moins distribuée dans tout le cerveau et qu’elle semble être de nature holographique. Cela est parfaitement compatible avec les propriétés des réseaux de neurones, dont j’ai eu la chance de pouvoir développer et mettre en oeuvre des réalisations mathématiques en vision artificielle. Ce travail m’a appris que l’information contenue dans un cerveau neuronal, effectivement contenue dans les connexions entre neurones et synapses, n’est pas de la mémoire au sens où elle permettrait de remonter à une image mémorisée (elle le fait très difficilement, à l’aide de calculs inverses mais qui nécessitent la mémorisation de très peu d’images, voir ici), mais seulement des traces d’une mémorisation présentes dans tout le cerveau, qui servent seulement à adresser cette mémoire: il faut donc que l’image soit stockée ailleurs que dans le cerveau, y compris et surtout pour pouvoir la voir.

Les réseaux de neurones de type deep leanring utilisent donc une banque extérieure d’images de référence (modèle de référence ou actuel enregistré sur disque) pour visualiser ce qu’ils ont reconnus.

Le processus de vision en général, qu’il s’agisse de vision de ce qui existe à l’extérieur dans l’environnement, ou de ce qui existe en nous-mêmes, supposément à l’intérieur du cerveau (pendant les rèves par exemple), ne peut s’expliquer par de l’information qui aurait été stockée dans le cerveau ou aurait pu être synthétisée par ce dernier, parce que le processus d’enregistrement dans un cerveau perd l’information d’origine à cause des multiples interactions qu’il implique (irréversibilité des calculs). On ne sait pas expliquer en particulier comment un cerveau parviendrait à mémoriser ou à synthétiser des images séquentielles, à cause notamment du recouvrement qu’il implique à l’intérieur des mêmes unités mémorielles, qui sont encore hypothétiques et non réellement localisées.

La seule explication résiduelle fait appel à l’information du vide quantique (ocillateurs quantiques probablement, peut-être situés dans les liquides de notre organisme, ou dans les microtubules ?). Je n’en sais rien exactement, mais pour moi cette information se conçoit beaucoup mieux dans le cadre de l’univers-bloc qui introduit une quatrième dimension d’espace (le temps). Il est alors tout à fait naturel de considérer que l’espace-temps lui-même serait la mémoire de toute la création: le problème du recouvrement est ainsi résolu via cette quatrième dimension, inaccessible à un système purement matériel.

(10) Tous les phénomènes inexplicables sont des illusions

On connait la musique:

  • Les synchronicités seraient des projections,
  • Les ovnis seraient des hallucinations,
  • Les E.M.I. seraient des hallucinations,
  • La psychokinèse serait une tricherie,
  • Les P.E.S. seraient le fruit du hasard ou de la virtuosité,
  • Le chamanisme serait une croyance indigène,
  • Les guérisons inexpliquées seraient de l’effet placebo,
  • La médiumnité serait du charlatanisme,
  • etc.

Si l’on veut sauver la pseudo-science matérialiste, il est effectivement nécessaire de réfuter la totalité de ces phénomènes, car la réalité du moindre d’entre eux ferait s’écrouler tout le paradigme.

Il en va de même pour les dix énoncés précédents: il suffit qu’un seul d’entre eux soit faux pour que tout s’écroule également.

En conclusion:

La pseudo-science matérialiste est morte et enterrée par la théorie et l’expérience de la vraie science que les hommes ont réussi à construire et qui est celle que j’aime, malgré une énorme pression pour les en détourner qui s’exerce toujours aujourd’hui au travers de la techno-science passée aux mains des multinationales. Le fait qu’elle survive dans les médias dominants qu’ils financent est donc bien une affaire de religion imposée par ce pouvoir de l’argent, car seule une religion peut survivre malgré son caractère irrationnel.

Philippe GUILLEMANT

(1) Cette idée que notre réalité actuelle dépendrait des conditions initiales de l’univers est en réalité un mythe fondé sur le dogme (C) du déterminisme temporel.

(2) Il n’est pas possible de réduire le hasard stochastique à un hasard issu de notre ignorance des causes car il fait intervenir un choix d’univers.

(3) La magie est simplement de la science non encore découverte.

(4) On pourrait au mieux considérer le big-bang comme une espèce de cordon ombilical dont on a plus besoin aujourd’hui, excepté pour justifier des financements de la recherche sur les accélérateurs de particules.

(5) La science peut rester déterministe à condition de rechercher un déterminisme de nature atemporelle

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source : http://www.doublecause.net/index.php?page=Les_Dix_Commandements.htm

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INFLUENCE DE L’ARBRE DES SEPHIROTH SUR LE RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE (REAA)

Posté par spiritus le 9 juin 2017

I PREAMBULE

Le REAA s’inspire de nombreuses traditions comme la Bible, l’Evangile de Jean, la Cabbale Juive, l’Alchimie, les ésotérismes des religions du livre (judaïsme, christianisme, islam), la magie blanche, le symbolisme des nombres, la légende arthurienne, les compagnons bâtisseurs de cathédrale, l’Egypte ancienne, la Grèce antique, l’hermétisme etc …. Toutes les traditions ont en commun l’utilisation de la voie symbolique, ce qui facilite leur intégration dans le REAA et ce à un point tel qu’il est difficile de s’en abstraire. En revanche, il est aisé de repérer et d’isoler les marques des ces traditions afin de les étudier séparément dans le contexte du REAA et d’en évaluer l’influence.
Dans sa définition la Cabbale juive est une école de sagesse et l’Arbre des SEPHIROTH en est l’un des éléments fondamentaux.

II LA CABBALE

• La cabbale constitue l’ésotérisme hébraïque ; elle a été révélée la première fois après la chute de Jérusalem et la destruction de son temple afin de donner au peuple juif dispersé, un gage d’unité auquel il pourrait s’accrocher pendant les périodes difficiles qu’il avait à surmonter (70 après JC).
• En Hébreux le mot cabbale signifie TRADITION ; la cabbale est une interprétation mystique de la Bible.
• C’est en Espagne et à Babylone entre les XI eme et XIII ème siècles que la cabbale a ressurgi grâce à un exceptionnel élan d’intelligence initié par les trois religions du Livre et aussi grâce à des circonstances favorables. Ces religions mirent en sommeil leurs sanglantes rivalités et créèrent des « Maisons de la Sagesse » dans lesquelles les « gens du Livre », ainsi qu’ils furent dénommés, mirent en commun les ressources de leurs bibliothèques pour traduire des textes notamment arabes, hébreux, latins, grecs, afin de les diffuser dans toute l’Europe et même au-delà. Les ouvrages qui eurent le plus de succès furent ceux d’Aristote sur la logique, ceux d’Avicenne sur l’Ame et la Métaphysique, ceux de Ghazali sur le droit, ceux d’Averroès sur la médecine et la philosophie, entre autres sages. Le franciscain Saint Bonnaventure s’est inspiré d’Avicenne et d’Averroès pour établir une école de formation des prêtres, ainsi que Saint Thomas d’Aquin et Albert Legrand qui firent la même chose. A cette époque les mystiques juifs étaient fortement influencés par les cultures qui les entouraient. Les sages, chrétiens et musulmans étaient dans le même état d’esprit, tout cela a produit un amalgame de systèmes religieux qui a enrichi les « Maisons de la Sagesse ». De ce climat œcuménique resurgirent la cabbale, le soufisme et l’ésotérisme chrétien.
• Ces courants de Sagesse furent plus ou moins à l’origine de la création d’universités en Espagne, en France et en Angleterre. D’ailleurs l’enseignement de la Cabbale n’a jamais été interrompu, il fut transmis à travers les siècles et modifié périodiquement pour s’adapter aux lieux et aux époques. Parallèlement il en fut de même pour l’Hermétisme qui a été redécouvert pendant la Renaissance italienne (Giordano Bruno), idem pour l’Alchimie. Pic de la Mirandole a écrit « la cabbale est la révélation véritable qui seule peut donner la preuve réelle du caractère divin de la mission du Christ ». Malheureusement les successeurs du Christ ne furent ni des cabbalistes, ni de sages philosophes.
Ces emprunts de symboles transformés par le REAA modifient leurs acceptions d’origine jusqu’à n’avoir plus rien de commun avec elles ou presque
• La cabbale est un système de pensée basé , entre autre, sur la contemplation de l’Arbre des Sephiroth et la méditation. Ce système de pensée peut être transposé à tous les niveaux de la manifestation Divine, à savoir : (voir figure 2)
1. le niveau divin non manifesté (hors espace/temps),
2. le niveau divin manifesté (l’univers),
3. le niveau de la vie (en général),
4. le niveau humain (l’Espèce),
5. le niveau du Moi profond et de l’Initié,
6. le niveau de l’infra humain (terme employé par la cabbale pour désigner les primitifs),
7. le niveau satanique.
Toute une vie ne suffirait pas pour intégrer tout l’enseignement de la cabbale ; j’avais lu moi-même plusieurs centaines de pages sur ce sujet, à la suite de quoi j’avais fait, il y a une dizaine d’années, un résumé d’une vingtaine de pages complètement abscond. Ce jour, après plusieurs essais pour dégager un « fil rouge », je me suis focalisé sur une seule utilisation de l’Arbre des Sephiroth et j’ai choisi de réfléchir sur son influence sur le REAA et notamment sur l’ouverture des travaux maçonniques.

III L’ARBRE DES SEPHIROTH, PRESENTATION

Cette figure géométrique, tout comme une échelle de Jacob, permet à tout moment de s’évader de la vie courante pour conduire la pensée vers les sphères de l’esprit et de redescendre sur Terre après avoir puisé dans la pensée de l’univers ; l’Arbre des Sephiroth est un moyen de structurer notre réflexion. Ce moyen de méditation assisté par une figure géométrique existe sous d’autres aspects : les différents polygones, les pyramides, les étoiles, les labyrinthes, le cercle, le point, l’X du Tsim Tsoum etc…D’autres moyens existent pour structurer la pensée : la musique, les percussions, les mantras, les moyens lumineux, olfactifs gestuels et même le silence….
Le mot SEPHIROTH (SEPHIRAH au singulier) vient de l’ hébreux, langue dans laquelle il signifie CHIFFRE, nous sommes partiellement dans la symbolique des nombres.
• Vision générale  :
1. On peut décrire succinctement l’Arbre des Sephiroth comme étant un empilement vertical de triangles.
2. Les côtés de ces triangles sont des sentiers ; Il y en a 22 comme les 22 lettres de l’alphabet grec. Ils portent un nom. Aux angles des ces triangles il y a des cercles, baptisés sephiroth, qui porte chacune un nom, il y en a 10.
• Dans cet empilement vertical de triangles, certains ont la tête en haut et d’autres la tête en bas ; orientation signifiante. Chaque niveau de triangle représente un niveau de manifestation différent, c’est une triade.
• Par les sentiers et les sephiroth ces niveaux de manifestation interagissent.
• L’Arbre présenté dans le contexte maçonnique comporte 6 niveaux mais il existe des arbres dans des contextes différents pouvant présenter 2 fois plus de niveaux.
• La Cabbale juive n’a pas le privilège de l’Arbre des Sephiroth. On retrouve des figures similaires ayant le même fonctionnement dans d’autres traditions comme celles des tziganes, des romes d’Europe centrale, des celtes et des vikings, des touaregs de l’Egypte ancienne, de l’Amérique précolombienne etc….

IV ANALYSE DE L’ARBRE DES SEPHIROTH
( selon Jean Haab l’Arbre des Sephiroth est un glyphe fantastique)

• Vision détaillée :

1 l’Arbre est divisé en 6 niveaux de hiérarchie divine :
- Le niveau 0 de l’AIN-SOPH plane au dessus de l’Arbre, il est hors Monde il est comparable au signe mathématique de l’infini.
- Le niveau 1 : Monde d’AZILUTH
Le niveau 1 est le sommet de l’Arbre. La Sephirah KETHER (la couronne) est comparable au chiffre 0 dans lequel on aurait placé le signe mathématique de l’infini, le cardinal de cet ensemble est un nombre transcendant qui génère tous les autres. KETHER est un archétype divin qui génère la création BINAH à gauche et HOCHMAH à droite, constituant ainsi ce que la Cabbale dénomme la GRANDE TRIADE, symbole créateur. Rappelons qu’en FM le Ternaire est omniprésent, il contient l’opposition duale qui après élévation se résout dans l’UNITE. Le 1 est la valeur secrète du 3. Le FM doit résoudre ce secret en lui-même. Pythagore disait « Dieu est nombre des nombres ».
- Le niveau 2 est le monde manifesté de BERIAH, il va de l’infiniment petit à l’infiniment grand (entre lesquels est l’infiniment complexe). Le monde de BERIAH est issu de l’énergie vitale contenant l’Information, c’est le monde de l’infiniment complexe.
- Le niveau 3 est le monde de l’évolution dynamique de la matière et de la VIE, telle est YETHZIRAH.
- Le niveau 4 est le monde de l’action et du moi profond c’est ASSIAH. La parole n’a d’existence que si elle se transforme en ACTION (symbole maçonnique fort).
- Le niveau 5 est le monde infra- humain et satanique de KLIPOTH.
• Vision détaillée de l’Arbre dans laquelle se dessinent les trois pilliers de la Sagesse.
Dans la figure 2 nous avions découvert l’existence de quatre niveaux horizontaux dans l’empilement de triangles que sont les TRIADES. Maintenant dans la Figure 3 nous discernons 3 colonnes verticales ; ce sont les piliers de la SAGESSE.
1. Au centre, le pilier de l’EQUILIBRE, dominé en loge maçonnique par le DELTA LUMINEUX, représente la ligne de VOLONTE DIVINE appelé KAV dans la Cabbale. Ce pilier part de KETHER (le CREATEUR) passe par THIPHERETH, Sephirah qui représente le Messie phare de l’Humanité et descend jusqu’à MALKUTH (le Royaume) qui représente l’INITIE potentiel au fond de chaque être humain, la ligne KAV descend jusque dans l’INFRA-HUMAIN (prouvant ainsi que chaque humain est secourable) et va jusqu’à KLIPOTH la Sephirah satanique. Le Vénérable Maître qui envoie la pulsion créatrice représente KETHER et le couvreur représente MALKUTH.
2. A gauche le pilier de la RIGUEUR, dominé par la LUNE, représente notre colonne du Nord, il part de BINAH et descend sur HOD, qui est représentée par le 2ième Surveillant.
3. A droite, le pilier de la MISERICORDE dominé par le soleil, part de HOCHMAH et descend sur NETZAH qui est représenté par le 1er Surveillant, c’est lui qui reçoit l’impulsion du Vénérable Maître et la transmet au 2ième surveillant.
• Vision détaillée de la descente du Pouvoir Divin en Loge
1. Conventionnellement le pilier de la MISERICORDE placé sur le Soleil est Mâle ; de la même manière le pilier de la RIGUEUR placé sous la LUNE est féminin
2. Logiquement le pilier de l’EQUILIBRE est androgyne. Il est placé sous le DELTA LUMINEUX, c’est d’ici que partira l’ECLAIR ZIGZAGANT impulsé par le Vénérable Maître. Cet éclair représente la LUMIERE qui passant d’un pilier à l’autre se charge de la PAROLE annoncée par le PROLOGUE DE JEAN. Nous sommes dans la doctrine du VERBE-LUMIERE et venons de vivre une fois de plus la recréation de l’Univers ; la mémoire des choses est l’assise de la Tradition.

V UTILISATION DE L’ARBRE DES SEPHIROTH PAR L’INITIE

• La présentation dynamique de l’Arbre est inscrite dans la Cabbale. Pour le FM, la vision dynamique de cette structure est voulue par le REAA. Elle l’initie à faire un travail sur lui- même. Cette vision est cohérente avec l’esprit de REAA. Il serait absurde de modéliser un univers statique alors que nous savons que tout tourne, tout vibre de l’infiniment petit à l’infiniment grand ; l’univers se complexifie franchissant ainsi des paliers vers de plus en plus de conscience. Par l’Homme, c’est dans le domaine de l’esprit que cela se produit avec pour moyen essentiel la VISION INTERIEURE proposée par l’Arbre des Sephiroth et le REAA.
• La Cabbale, nous l’avons signalé, s’inspire de la pensée grecque où existait, entre autres, la Tradition des Mystères d’Eleusis. Sur l’un des Temples qui lui était consacré, était inscrit : « descend au fond de toi-même et tu découvriras les secrets de l’univers » formule attribuée à Socrate. Nous avons dans le REAA la formule V.I.T.R.I.O.L ; visible seulement dans le Cabinet de réflexion, elle dit la même chose. L’objet premier de notre quête est de retrouver la Parole Perdue. De la réussite de cette quête dépendent toutes les autres motivations.
• Lorsque le Vénérable Maître ouvre les travaux en faisant descendre l’éclaire zigzaguant de KETHER à MALKUTH, il incite tous les FM à remonter en zigzaguant de MALKUTH à KETHER, de TRIADES en TRIADES afin de découvrir l’Unité. Seul un messie peut, théoriquement, monter directement de MALKUTH à KETHER. L’initié ordinaire remonte laborieusement en zigzagant.
• Durant cette ouverture des travaux, le nombre de coups de maillet est lui-même signifiant : si nous comptons bien, nous avons 4 séries de 3 fois 1 coup de maillet puis 3 fois 3 coups de maillet. Je vous invite à méditer sur le symbolisme des nombres pour résoudre cette énigme vous-mêmes.
• La présence sur les 4 figures proposées de l’Arbre, d’une mystérieuse SEPHIRAH (en pointillés) appelée DAATH n’aura pas échappé à votre vigilance. DAATH est située sur le pilier central, celui de l’EQUILIBRE sous la grande TRIADE sommitale entre la VOLONTE CREATRICE et la CREATION. DAATH représente cette Espérance que nous avons que l’évolution à un sens, qu’elle conduit à un aboutissement. DAATH est l’INTUITION, le sixième sens ajouté à nos cinq sens biologiques. Cette intuition est le reflet de KETHER dans MALKUTH, elle est le moteur de notre évolution vers plus de conscience.
Si les concepteurs,du REAA ont emprunté les symboles de plusieurs traditions, ce fut probablement pour multiplier les canaux de communication et ainsi toucher le plus possible de catégories de sensibilités et de stades d’avancements initiatiques, lesquels sont infinis.
Il faut s’attendre à ce que certains symboles soient sans échos, notamment chez les profanes ou chez les initiés allergiques à ce type de vecteurs. Mais ces échecs ne sont pas une raison suffisante pour oublier ces moyens de communication, un jour ou l’autre la connection peut se produire de manière inattendue.
Si l’on admet que l’arbre des sephiroth est conçu pour structurer la pensée dans le cadre d’une méditation ou d’une réflexion chez des personnes enclines à la voie mystique on peut étendre son usage à d’autres secteurs de la pensée. Cependant, après la phase exploratoire sur la voie initiatique au cours de laquelle on butine plusieurs fleurs à la fois, la recherche devra être recentrée en ne mélangeant pas plusieurs voies initiatiques et philosophiques simultanément. En revanche, la voie symbolique n’est pas incompatible avec la voie scientifique, bien au contraire, les hommes scientifiques finissent toujours par y arriver.

 

Source : http://www.associationlyonnaise-teilhard.com/Arbre-des-Sephiroth_a262.html

 

FORCE EST DE CONSTATER A LA LECTURE DE CET ARTICLE QUE TANT LES JUIFS QUE LES NON JUIFS ONT PERDU LE SECRET DE L’ARBRE !!!

MM TT CC SS, MM TT CC FF,

LE TRAVAIL DE L’ARBRE N’EST PAS INTELLECTUEL MAIS UN TRAVAIL SUR LE SOUFFLE (SPIRITUS)…QUI LE FAIT DESCENDRE A MALKUTH POUR QU’ENSUITE DE LUI-MEME IL REMONTE (APRES UN CERTAIN LAPS DE TEMPS) A KETHER.  C’EST A LA REMONTEE, APRES AVOIR FRANCHI LA 33 EME VERTEBRE, QU’IL POURRA ALORS ECLAIRER LA CONSCIENCE…

IL N’Y A PAS DE « ZIGZAG » MAIS UNE ENERGIE SPIRALEE…

IL N’Y A PAS BESOIN D’ETRE UN »MESSIE » POUR REMONTER DIRECTEMENT A KETHER. ON DISAIT AUTREFOIS QUE CELA NE POUVAIT SE FAIRE LA PREMIERE FOIS, QU’AVEC L’ASSISTANCE D’UN MAÎTRE (ET NON D’UN MESSIE).

POURTANT, CERTAINS ONT TROUVE TOUT SEUL…

QUI S’ELEVERA SERA RABAISSE, QUI SE RABAISSERA SERA RELEVE.

SADER

Publié dans CHRISTIANISME, ISLAMISME, JUDAISME, HERMETISME, SCIENCES OCCULTES, SOCIETES INITIATIQUES | Pas de Commentaire »

METHODES ET EXERCICES DE TSEROUF

Posté par spiritus le 7 juin 2017

 Le texte qui suit est très largement inspiré du livre de Virya « Kabbale Extatique et Tserouf ».

 Si la tradition hébraïque prend bien sa source en Egypte, il est tout à fait étonnant de constater que les méthodes et exercices décrits ci-dessous ne sont ni plus ni moins que du Qi Gong taoïste dont l’origine remonte à plus de 5 000 ans ! Sous cet angle, la tradition hébraïque apparaît ainsi comme une forme de taoïsme  simplifié…D’où l’interrogation suivante : Les Hyksos venus d’Asie en Egypte il y a 37 siècles auraient-ils pu, au moins pour certains d’entre eux, être chinois ?

HITBODEOUTH

« Il te faut t’apprêter pour l’union du coeur et la purification du corps. Un lieu particulier et préservé doit être choisi, d’où ta voix ne sera entendue de personne. Installe-toi complètement seul et retire-toi dans l’HITBODED (esseulement). Tu dois être assis en ce lieu préservé, qui peut être une pièce ou une cellule ; mais surtout ne révèle ce secret à personne. Si tu peux, applique la méthode le jour dans une maison, mais le moment le plus favorable est la nuit. Éloigne de ton esprit les vanités de ce monde, car c’est l’instant où tu vas parler avec ton Créateur, de qui tu souhaites connaître la Grandeur.

Enveloppe-toi dans ton châle de prière et place ta tête et ton bras tes tefillim car tu dois être rempli de révérence envers la Shekhinah qui t’enrobe maintenant. Vérifie que tes vêtements soient purs et de préférence blancs ; cette précaution invite avec force au recueillement… » (H’aye haOlam haBa, Abraham Aboulafia)

Hitbodedouth peut se traduire par méditation pris dans le sens de moment de dévotion spirituelle utilisant des combinaisons de lettres et de YIHOUDIM (Noms Divins).

La pratique du Hithbodedouth a pour effet de calmer l’esprit et de pacifier l’agitation intérieure. Cette méthode connaît deux tendances : le Yishouv haDaath (stabilité mentale) et le Bilboul haDaath (confusion mentale).

Le Bilboul haDaath est la confusion mentale de l’esprit. Dans ce cas, l’esprit est complètement dispersé et désordonné. Les comportements essentiels de l’esprit ne peuvent plus communiquer entre eux.

Le Yishouv haDaath signifie littéralement « asseoir la Connaissance », le calme de l’esprit. Dans la mystique, Yeshouv devient un terme de stabilité et de plénitude. C’est cet état que l’Hitbodedouth permet d’acquérir.

Daath signifie connaissance, union de la conscience intellectuelle, intuitive, sensible et méditative, élément qui composent ensemble l’esprit.

Nous vous donnons à présent une première méthode liée à l’Hitbodedouth :

1- s’asseoir dans un endroit calme ;

2- fermer les yeux et prendre conscience de son corps assis ;

3- penser au SHEFA, la force universelle qui nous anime et nous entoure, la contempler mentalement sous l’aspect d’une lumière blanche ;

4- prendre conscience des deux mains, les mouvoir, les frotter, comme pour faire circuler le sang, mais en pensant que le SHEFA se met à s’écouler de plus en plus facilement dedans ;

5- se baisser et frotter les pieds en pensant à la lumière qui circule de mieux en mieux dedans ;

6- mouvoir à nouveau ses mains comme pour restimuler la SHEFA ;

7- puis masser les jambes, toujours en pensant à la circulation du flux de SHEFA ;

8- continuer à remonter de la même façon pour toutes les parties du corps, en rechargeant les mains entre chaque section. Masser les épaules, le cou, les mâchoires, les tempes…

9- ensuite, prendre conscience de la respiration en inspirant profondément et en expirant lentement et complètement ;

10 – penser que l’inspiration permet au flux lumineux de pénétrer dans tout le corps, en ayant pour effet de le stabiliser, le calmer et le purifier ;

11- imaginer ensuite que l’esprit circule de la même manière que le souffle dans notre corps, qu’il a lui aussi l’aspect d’une lumière blanche, et que le calme du corps le pacifie et le stabilise.

SYSTÈMES DU TSEROUF

Le Tserouf est un ensemble de techniques issues de la TEMOURAH, l’art de la substitution des lettres les unes aux autres.

1- le système ATH BASH selon lequel on permute l’Aleph au Tav, le Beth au Shin et ainsi de suite… d’où son nom.

2- le système AL BAM dont la méthode est basée sur le même principe, mais où l’Aleph permute avec Lamed, Beth avec Mem…

3- le système ET BAH, méthode selon laquelle on repartit les lettres selon les dizaines, centaines et milliers

4- le système AB GAD où l’on remplace une lettre par la lettre qui suit.

LE SOUFFLE ET LES TROIS LETTRES MÈRES

La pratique du Tserouf nécessite une respiration correcte lors des exercices. Les trois phases de la respiration sont ainsi basées sur les trois lettres mères du Sefer Yetsirah, Aleph, Mem et Shin : « Mem est calme, Shin est agité, Aleph les régit agenouillé entre les deux. » (Sefer Yetsirah 6:1). L’agitation du Shin correspond au dynamisme de l’inspir (l’air remonte du ventre vers la tête), le calme de Mem à l’expir (l’air descend de la tête vers le ventre) et l’équilibre du Aleph à la rétention ou la pause.

On accompagne la respiration de mouvements des mains afin de l’aider, ces gestes correspondent symboliquement aux trois lettres mères et aident à amplifier les effets du souffle.

Il y a donc trois gestes :

1- le geste du Shin, ouvre l’aura afin de permettre aux forces de pénétrer

2- celui d’Aleph fixe les forces et

3- celui de Mem expulse et ferme l’aura de toute influence extérieure.

LE RYTHME

C’est Abraham Aboulafia qui fait allusion à un rythme de 18 respirations. Il faut donc loger ces 18 respirations en une minute et donc opérer 9 inspirs et 9 expirs, une respiration correspond donc à 3,33 secondes.

LA RESPIRATION COMPLÈTE

Voici à présent un exercice qui peut se pratiquer de préférence le matin et le soir. A noter que l’on doit toujours inspirer par le nez et expirer par la bouche (ce qui est nécessaire pour les vocalisations).

1- s’asseoir confortablement, le dos bien droit, face à l’est (de préférence)

2- prendre conscience du souffle durant un instant

3- vider complètement les poumons

4- inspirer en abaissant le diaphragme et en gonflant à peine l’abdomen. Continuer en dilatant la partie moyenne du thorax, puis écarter les côtés sans forcer. Ouvrir les épaules pour remplir le haut des poumons. Compter mentalement 4 temps durant le processus

5- pendant l’inspiration faire le geste de Shin

6- garder l’abdomen et les poumons ouverts et retenir l’air durant 16 temps

7- faire simultanément le geste du Aleph

8- expirer en abaissant légèrement les épaules, puis graduellement les cotes. Contracter les parois de l’abdomen et creuser très légèrement le ventre. L’expiration doit durer 8 temps, afin de chasser complètement l’air

9- faire simultanément le geste de Mem

10- après l’expiration, faire une petite rétention poumons vides, en ne comptant qu’un seul temps

11- faire là aussi le geste du Aleph ; la rétention ne durant qu’un temps, le geste est rapide.

Cet exercice est à recommencer 5 fois.

NESHIMAH ET TSEROUF

« Il devra prendre chacune des lettres séparément et la remodèlera selon les mouvements de sa respiration de façon à ne prendre, entre deux lettres, qu’une seule inspiration très longue, autant qu’il lui sera possible de la prolonger ; ensuite il se reposera le temps d’une respiration. Il devra ainsi procéder pour chaque lettre de manière à ce qu’il y ait deux temps de respiration pour chacune : l’une que l’on retient au moment de la récitation de la lettre vocalisée, et l’autre au moment du temps de pause entre chaque lettre » (Sefer Maftea’h haShemoth, cité par Moshé Idel)

Cette méthode permet de travailler sur les Noms Divins et leurs différentes vocalisations. L’exercice suivant est une vocalisation du Tétragramme dans la Sephirah H’essed, c’est-à-dire Iod He Vau He qui se prononce Yéhévéhé.

1- s’asseoir confortablement, le dos et la tête bien droits, face à l’est

2- prendre conscience du souffle durant un instant

3- vider complètement les poumons

4- inspirer complètement comme décrit ci-dessus

5- pratiquer la rétention poumons pleins

6- expirer complètement l’air par la bouche en prononçant YE

7- faire une pause qui correspond à une rétention poumons vides

8- inspirer complètement à nouveau

9- rétention

10 – expirer en prononçant HE

11- inspiration

12- rétention

13- expirer en prononçant VE

14- pause

15- inspirer

16- rétention

17- expirer en prononçant HE

18- pause

LE TSEROUF DES MOUVEMENTS DE LA TÊTE

À ce niveau de la pratique, selon Virya, il semble clair qu’Aboulafia a été influencé par des soufis car l’on retrouve ce genre de pratiques chez les maîtres soufis. Le mérite d’Aboulafia est de les avoir hébraïser.

1- s’asseoir à l’est, le dos et la tête droits

2- respirer calmement un instant en visualisant les deux lettres de la combinaison

3- prendre conscience de la tête et du coeur, puis les unifier afin d’avoir le sentiment que, lorsque la tête bouge, le coeur se meut dans la même direction

4- expirer pour vider les poumons

5- inspirer complètement [nous ne donnons ici que la première combinaison de Aleph Yod]

6- l’expiration va vocaliser O dans un premier temps. La tête parfaitement dans son axe, commencer à donner l’intention du Aleph sur les lèvres et dans le coeur. Puis, en expirant, vocaliser le Ho’lam en orientant doucement la tête vers le ciel. Il faut veiller à synchroniser le son, le mouvement et le souffle, de manière à ce que la tête se retrouve menton vers le haut à la fin de l’expiration.

7- observer une pause la tête levée, les lèvres ouvertes avec la sensation qu’un souffle qui n’est plus de l’air continue à sortir. Il ne s’agit pas ici véritablement d’une rétention, car, si l’on en ressent le besoin, on peut rester dans cette position l’équivalent de trois respirations ; dans ce cas le souffle se fait libre et sans effort.

8- fermer la bouche, avaler la salive et replacer la tête dans son axe en équilibre.

9- inspirer

10- vocaliser, en expirant, la deuxième partie de la combinaison YO de la même manière : lancer l’intention du Yod avec les lèvres et le coeur, prononcer le Ho’lam en orientant la tête vers le ciel.

11- observer une pause

12- avaler la salive et replacer la tête dans sa position de départ.

source : https://www.esoblogs.net/2419/methodes-et-exercices-de-tserouf-par-a-aboulafia/

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CORPS ET JUDEO-CHRISTIANISME

Posté par spiritus le 18 avril 2017

Dans le Christianisme, certains pères de l’église ont célébré la beauté du corps, mais il est vrai que la plupart l’ont plutôt vilipendée. Et, bien sûr, par la suite est née toute une mystique qui a tendu non seulement à mépriser le corps, mais à le flageller, presque à le détruire.

L’origine de ces erreurs et de ces excès pourrait sans doute se résumer à une confusion, entre deux mots : le corps et la chair.

Les textes chrétiens dénoncèrent effectivement la chair comme étant dévoyée, c’est à dire sortie de sa voie…mais la chair n’est pas le corps !

Dans la Bible, quand on parle d’incarnation, on ne parle pas de corps. Ce n’est pas parce qu’on a un corps que l’on est incarné. Malheureusement, la plupart ne lisent cette Bible qu’à travers la perspective de l’Homme dans son état d’exil, exilé de soi-même, de son intériorité, de sa transcendance…

Autrement dit, la plupart projettent dans le monde extérieur, les réalités intérieures décrites dans le Texte.

Pourtant, les deux premiers chapitres de la Genèse nous expliquent clairement que la chair est sacrée, dans la mesure où elle se trouve pratiquement identifiée au principe même de l’Être, à l’image divine fondatrice de l’Homme.

Cette chair, nous la voyons pour la première fois nommée, Basar, au deuxième chapitre de la Genèse lorsque Dieu met devant les yeux d’Adam son autre côté…qui, bien sûr, n’a jamais été une « côte »… Ce passage attire notre attention sur le fait qu’Adam ne dispose pas de la totalité de son potentiel. Or, dans les profondeurs de ce potentiel est scellée la chair.

La chair, Basar, est pratiquement la contraction du mot Bere’shit, qui signifie « dans le principe », et qui est en tête du Livre de la Genèse. Dans le mot Basar, on trouve aussi la racine Bar qui est le Fils, et la lettre Shin qui symbolise l’Esprit.

Nous sommes donc image de Dieu, Fils et Esprit. Et la chair est cette part insoupçonnée qui fait notre désir d’absolu, de bonheur, de transcendance, et que, malheureusement, dans notre état d’exil, nous infléchissons au plan horizontal, au niveau d’un passionnel qui, d’ailleurs, peut être créateur et très beau, mais également effroyablement destructeur.

L’INCARNATION

Nous ne sommes vraiment incarnés que lorsque, dans un deuxième temps de l’existence – car il est vraiment rare que cela se produise dans un premier temps-, nous entrons en résonance avec le noyau fondateur de l’être, et que nous commençons à obéir à ses valeurs.

Dans la langue hébraïque, où il n’existe aucun mot pour désigner le corps, l’Homme qui n’est pas rentré en résonance avec ce noyau fondateur n’est qu’un « cadavre ». Voilà notamment pourquoi le Christ dira « laissez les morts enterrer les morts ».

Ainsi, l’humanité qui n’a pas vécu ce retournement vers l’intérieur est comme morte, enterrée dans une dimension encore toute animale, mais certes pas éveillée à la dimension humaine. Seule l’incarnation lui ouvre l’accès à cette dernière.

Alors, lorsque les textes chrétiens vont dénoncer la chair comme étant dévoyée, ce sera pour enseigner que, sortie d’une Voie orientée vers l’intérieur, cette chair meurt en tant qu’image divine, et devient source de passionnel. Les textes bibliques nous racontent aussi l’histoire d’un fils de la veuve qui symbolise notre être intérieur, et qui meurt lorsque la veuve, notre Adamah, n’est plus visitée, n’est plus épousée.

Cette mort en marche n’est évidemment pas encore très sensible à vingt ans, tant que le corps est beau; mais elle prend toute sa dimension dramatique un peu plus tard dans les maisons de vieillards. Que s’est-il passé durant l’intervalle ? Les énergies potentielles que Dieu avait chargé de la mission de « croître et se multiplier » à partir du noyau fondateur, se sont retournées contre l’Homme qui a négligé de s’orienter vers elles, et ont entrainé la dégénérescence du corps.

Car le corps exprime la chair. Coupé de cette chair ontologique, il est malade et meurt. Mais lorsque la chair est travaillée et que le Fils grandit en l’Homme, le corps irradie la lumière de la chair.

Au troisième chapitre de la Genèse, lorsqu’Adam s’empare du fruit de l’arbre de la connaissance, Dieu lui dit : « tu mangeras désormais ton pain à la sueur de tes narines – autrement dit , tu resteras dans l’esclavage animal- jusqu’à ce que tu retournes vers ta Adamah, vers tes profondeurs; parce que tu es poussière, vers cette poussières retournes toi », la poussière étant ce potentiel inouï d’énergies qui résident à l’intérieur de nous et qui sont destinées à être accomplies.

Loin de condamner, Dieu montre donc ici à Adam comment retrouver le vrai Chemin.

Annick de Souzenelle

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LA LETTRE G ET LE 2EME CERVEAU DE L’HOMME

Posté par spiritus le 11 mars 2017

Une avancée scientifique récente (1) nous apporterait-elle un nouvel éclairage sur la signification de la lettre « G » symbole majeur de la Franc-Maçonnerie ?

La Franc-Maçonnerie spéculative née officiellement en Angleterre en 1717 à Londres  lors de l’acte fondateur,  par lequel quatre loges, dont on ne sait si elles existaient depuis quelques jours ou de nombreuses années  se fédèrent et créent la Grande Loge de Londres et de Westminster. Par déduction la lettre « G »  signifie donc un mot en langue anglaise.  Je vous passe la liste de toutes les significations avancées. Je vous cite les principales :

Pour La tradition anglaise dite ancienne : (c’est à dire la plus récente historiquement). Elle la complète tout simplement pour en faire « GOD », c’est à dire DIEU.

La lettre « G » dans La tradition Maçonnique Française : L’initiale « G » apparaît comme l’initiale de « Géométrie », Gravitation, Gnose …

Une nouvelle signification « Gut », (Tripes,entrailles en français) nous est donc apportée par de récentes découvertes scientifiques.

Cette interprétation doit parler à tous les maitres maçons, par le signe, par le serment de l’obligation, par l’emplacement de la lettre  « G » sur leur tablier.
Lorsque le maçon est en loge, il doit se recentrer et son centre se trouve en son ventre. Le ventre également matrice de toute vie par la femme.

LA LETTRE G ET LE 2EME CERVEAU DE L'HOMME dans HERMETISME, SCIENCES OCCULTES tablier_fm_1

L’étoile à 5 branches ou pentagramme est une représentation de l’Homme,à l’instar de l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci.
La lettre « G »au centre de l’étoile indiquerait donc le 2ème cerveau de l’Homme et donc son importance primordiale.

vitruve dans SOCIETES INITIATIQUES

Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau :  Notre ventre.
En effet, ce dernier contient deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre « tête ». Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète. Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. On savait que ce que l’on ressentait pouvait agir sur notre système digestif. On découvre que l’inverse est vrai aussi, notre deuxième cerveau joue avec nos émotions.
Que savons-nous de notre ventre, cet organe bourré de neurones que les chercheurs commencent à peine à explorer ?

En outre, certaines découvertes ouvrent aujourd’hui d’immenses espoirs thérapeutiques. Des maladies neurodégénératives, comme Parkinson, Alzheimer pourraient trouver leur origine dans notre ventre. Elles commenceraient par s’attaquer aux neurones de notre intestin, hypothèse qui, si elle est vérifiée, débouchera peut-être sur un dépistage plus précoce. Plus étonnant encore, notre deuxième cerveau abrite une colonie spectaculaire de cent mille milliards de bactéries dont l’activité influence notre personnalité et nos choix, nous rend timides ou, au contraire, téméraires.

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« Avoir le ventre noué, des papillons dans l’estomac », « Se mettre la rate au court-bouillon », « Se faire de la bile »… Bien avant que la réalité scientifique ne leur donne raison, les expressions populaires mettaient en avant le lien étroit entre notre ventre et nos émotions…
Aujourd’hui, nous savons que 200 millions de neurones sont présents au niveau de l’intestin et que ce système nerveux entérique communique de manière étroite avec le système nerveux central.
Plus récemment, des études ont suggéré qu’en plus de ses fonctions métaboliques et immunitaires, le microbiote intestinal prendrait également part à la communication entre l’intestin et le cerveau et influencerait le fonctionnement cérébral. Et aujourd’hui, les chercheurs se penchent sur les liens possibles entre un déséquilibre du microbiote intestinal et certains troubles psychiques : stress, dépression mais aussi maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer…).

L’intestin et le cerveau sont étroitement connectés. Le système nerveux central est en interaction permanente avec le tube digestif. Cette connexion est bidirectionnelle et se fait, avant tout, par les voies nerveuses sympathiques (nerfs splanchniques) et parasympathiques (nerfs vagues) du système nerveux autonome.
D’ailleurs, 95% de la sérotonine est produite au niveau de l’intestin et prend part aux échanges entre le cerveau et l’intestin via le nerf vague. La sérotonine est un neurotransmetteur, parfois aussi appelé « hormone de la sérénité » qui régule une vaste gamme de fonctions comme l’humeur ou le comportement.
Entre le cerveau et l’intestin, un troisième acteur s’est glissé : le microbiote intestinal qui prendrait part également à ce mystérieux dialogue.

Le 2ème cerveau et la médecine du Tao
Ce que la médecine moderne découvre depuis peu, les anciens Taoïstes, il y a plus de 4000 ans, en étaient parfaitement conscients. Pour les anciens Taoïstes, le corps humain est sous le contrôle de deux cerveaux. Le cerveau cérébral et le cerveau abdominal. Ils attribuaient aux nerfs le contrôle de l’activité corporelle. Ils associaient l’activité du système nerveux principalement à la région abdominale et ensuite, dans une moindre mesure, au cerveau.
Selon la pensée Taoïste, la perception et la génération des sentiments sont des fonctions de la région abdominale et plus précisément située au niveau du plexus solaire.
Le plexus solaire affecte tous les organes de la région abdominale. Lorsque le plexus solaire fonctionne bien, les organes ne souffriront pas du stress et des tensions. Mais lorsque l’équilibre est rompu, les problèmes se feront sentir. Selon les théories Taoïste, cet équilibre sera perturbé lorsque le cérébral, (l’esprit rationnel) se développera au détriment du viscéral, par le refoulement des émotions.
Selon le Tao, en niant leurs émotions, les humains entravent les fonctions du plexus solaire, ce qui a pour effet de perturber le fonctionnement des organes et d’écourter leur vie. Les véritables émotions se situent dans le plexus solaire plutôt que dans le cerveau. Ce dernier ne fait qu’enregistrer le souvenir d’une émotion. La civilisation moderne préconise plus le pouvoir de la raison, le raisonnement cérébral, pour réprimer les émotions. Ce qui empêche le plexus solaire de fonctionner et prépare le terrain à l’apparition de problèmes physiques et psychologiques.
Lorsque les organes qui maintiennent l’organisme en vie cessent de fonctionner normalement, les renseignements entreposés dans le cerveau deviennent confus et obscurcissent la sagesse et l’intelligence.
Finalement les découvertes du Dr Gershon et du Dr Devroede acréditent la justesse de la pensée Taoïste.

La médecine traditionnelle Maya croyait également que les pensées et les émotions étaient directement ressenties et traitées dans l’axe central de l’abdomen et du plexus solaire. Ils pratiquaient le massage abdominal pour soulager les effets du stress sur l’organisme.

On retrouve également cette approche dans l’Hindouisme, le Bouddhisme avec les chakras du Yoga.

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Thierry Ronat

source : http://rflexionssurtroispoints.blogspot.fr/2017/02/la-lettre-g-et-le-2eme-cerveau-de-lhomme.html

(1) Il y a quelques années, les scientifiques ont (re)découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau. Notre ventre contient en effet deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre « tête ». Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète. Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. On savait que ce que l’on ressentait pouvait agir sur notre système digestif. On découvre que l’inverse est vrai aussi : notre deuxième cerveau joue avec nos émotions.

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LES UPANISHADS

Posté par spiritus le 18 février 2017

 LES UPANISHADS dans BOUDDHISME, TAOISME, CONFUCIANISME Ecritures_manuscrit

Quelques généralités sur les Upanishads

Les Upanishads constituent la portion la plus philosophique des Veda. On considère qu’il y a une centaine d’upanishads (108), dont une douzaine sont considérées comme majeures car elles ont été commentées par les grands maîtres de la tradition indienne (Shankara, Madhva, Ramanuja….).

Leur thème est la Vérité suprême – le Brahman – ainsi que la voie pour atteindre la connaissance de cette vérité. Ces textes relève du domaine de la métaphysique car ils traitent de principes universels, du niveau absolu de l’existence, « de l’Etre en tant qu’Etre »…

Composés en sanskrit, dans un langage à la fois logique, poétique, mystique, suggestif, paradoxal et ésotérique, ces textes doivent faire l’objet d’une étude contemplative. Ils sont transmis par un maître à des disciples dont l’esprit a été préparé par l’étude des Ecritures et des pratiques spirituelles : des élèves dotés de discernement et de détachement dont l’esprit est devenu contemplatif, capable « de voler là où volent les aigles »… Les Upanishads s’adressent aux esprits en quête d’Absolu.

Qui a écrit les Upanishads ? top dans BOUDDHISME, TAOISME, CONFUCIANISME

SOURCE : extraits de l’introduction de Swami Chinmayananda à son commentaire sur la Kena Upanishad

Les auteurs des mantra des Upanishad étaient les Rishis (littéralement les sages voyants) qui ont entendu un appel intérieur et sont partis à la recherche de la Vérité.
Mus par un profond détachement ils se sont retirés au coeur de majestueuses forêts ou au bord du Gange et là, avec un mental et un intellect hautement évolués, ils ont sondé leur cœur afin d’observer, d’analyser, de classifier et de connaître en eux-mêmes le pourquoi et le comment des rouages les plus intimes de l’homme psychologique et spirituel.

En effet, un espace de paix et de majesté est nécessaire pour que le véhicule du mental et de l’intellect puisse prendre de la vitesse et s’élever au-dessus des considérations matérielles et profanes. Quand vous avez un problème personnel à résoudre – par exemple : « Dois-je démissionner de mon emploi actuel ou non ? », que faites-vous ? Ne cherchez-vous pas un endroit silencieux et tranquille pour passer en revue mentalement le pour et le contre avant de prendre finalement une décision ? Si pour résoudre un problème matériel ordinaire il faut tant de solitude et de paix, c’est d’autant plus nécessaire pour pouvoir plonger en soi-même à la recherche de la source éternelle de la vie.

Ces maîtres étaient si sincèrement consacrés à leur poursuite de la Vérité, de façon si désintéressée qu’ils se sont, dans la joie exaltante de leur aventure divine, oubliés eux-mêmes ! Nous trouvons rarement l’identité de ces hommes mentionnée dans le corpus des Upanishads ; les auteurs sont presque tous inconnus ; ils ont, pour ainsi dire, oublié d’ajouter leurs signatures à leurs chefs-d’œuvre. Pour eux c’était uniquement la découverte qui importait, pas l’individu qui l’avait faite. Ils savaient que l’existence humaine, telle une bulle, ne dure que quelques années ; ils ont reconnu la vanité de se faire un nom et une réputation à titre individuel. Ils ont recherché l’immortalité non dans la mémoire des générations futures, mais sur le plan plus subtil de la Conscience éternelle.
Ces sages vivaient dans une liberté absolue, détachés de la vie mondaine. Leur perfection intérieure résidait dans la noblesse et la ferveur de leur esprit, la puissance de leur intellect et la force de leur détachement. Etant allés jusqu’au bout du renoncement, ils étaient en vérité les rois des rois. Les détails de leur grande découverte d’eux-mêmes n’étaient pas livrés à tous ; ils n’étaient donnés qu’à ceux dont le mental était prêt, qui étaient venus vers eux poussés par la soif de Connaissance. Nous remarquerons aussi que les enseignants, bien qu’ils divergent dans leurs expressions, leurs argumentations, leurs modes d’approche, sont tous, sans aucune exception, parvenus au même but divin.

Les Upanishad sont des révélations

Les Upanishad sont des révélations : en effet des sages ont eu dans leurs méditations la « révélation » de vérités éternelles, comme par exemple, Newton a « découvert » la loi de la gravité qui a existé de tous temps.

Ces sages montrent par leur exemple qu’un long processus de pratique, de contrôle et de discipline, amène l’esprit à s’élever jusqu’à appréhender les vérités les plus subtiles. Quand l’esprit s’élève ainsi, la faculté appelée intuition s’éveille en l’homme : la connaissance du principe ultime, de la vérité suprême, est une connaissance directe et intuitive. On ne peut imaginer ou déterminer la Vérité Absolue de façon rationnelle ; elle est expérimentée intuitivement, vérifiée subjectivement.

La transmission des Upanishadstop

Ces sages, après avoir atteint l’accomplisssement ultime, ont ensuite transmis leurs découvertes à la génération suivante par l’intermédiaire de leurs disciples ; ceux-ci, à leur tour, ont considérablement avancé sur le chemin menant à l’Inconnu. Les Upanishad ont été ainsi transmises par la chaîne ininterrompue des maîtres et des disciples, qui reste toujours vivante aujourd’hui (guru shishya parampara). L’accès à la signification profonde de ces textes nécessite en effet un accompagnement spirituel.

Les mantra des Upanishad n’expriment ni n’expliquent la Vérité directement, mais ils conduisent simplement en sa présence par ce qu’ils indiquent, par leurs significations secrètes, par tout ce qu’ils suggèrent. Nous avons donc toujours besoin des interprétations d’un maître pour comprendre pleinement la signification des Upanishad. Si nous nous contentons de les lire, même de nombreuses fois, toute la richesse et l’ampleur de leur sens ne nous seront pas révélées. Ces mantra sont réservés et secrets par nature.
Cela dit, pour recevoir l’enseignement, nous avons besoin aussi d’une énergie intérieure particulière. Cette énergie ne s’obtient qu’en menant une vie noble, en suivant les valeurs éthiques et saines.

Soyez bon. Faites le bien. Pratiquez régulièrement et quotidiennement votre méditation d’une demi-heure. Continuez à observer la maîtrise intelligente des sens. Puissions-nous tous, par Sa grâce, tressaillir au moins une fois de la joie que donne la Vérité de l’Upanishad !

OM TAT SAT !

SOURCE : extraits de l’introduction de Swami Chinmayananda à son commentaire sur la Kena Upanishad

topL’art du commentaire

Comme cela vient d’être dit, les Ecritures sacrées ne sont pas des textes d’accès aisé, car ils essaient d’expliquer l’Inexplicable, de décrire l’Indescriptible. C’est pourquoi le langage dans lequel les Upanishads sont composées est à la fois logique, poétique, mystique, suggestif, paradoxal et ésotérique.

Pour étudier ces textes, le commentaire de maîtres est nécessaire. En Inde, l’art du commentaire reste vivant :  tous les grands maîtres sont autorisés à donner sur les Ecritures un point de vue,  un éclairage, une interprétation, à la lumière de leur propre expérience. Ainsi, au fil des siècles, tous les grands textes de la philosophie indienne ont été commentés, et c’est ce qui garde les Ecritures vivantes.

Dans la tradition indienne, les critères donnant une autorité à un commentaire sont les suivants :

- une maîtrise totale de la langue (en l’occurrence le sanskrit),

- une connaissance profonde de la pensée et de la philosophie indienne classique (darshanas),

- et une expérience de la vérité qui seule permet une compréhension du langagescriptual, souvent paradoxal, mystique, symbolique.



 

Sélection de mantras des Upanishads top

Citations extraites des commentaires de Swami Chinmayananda

 

Mundaka Upanishad

« Lumineux, plus subtil que le plus subtil, cet Impérissable Brahman est la demeure du monde et de tout ce qui le peuple. Il est la vie, la parole, l’esprit, la Réalité, l’éternité. C’est le but à atteindre, Ô ami ! »

« Vraiment, tout ceci est l’Immortel brahman, devant, derrrière, à droite,et  à gauche, en-dessous et au-dessus. Il est partout. Ce monde entier en vérité est le suprême brahman seul. »

« Ayant pris l’arc fourni par les Upanishad – la grande arme (l’équipement suprême) – et y avoir fixé la flèche rendu acérée par la méditation constante, après l’avoir lancée avec l’esprit fixé sur le Soi, frappe la cible, l’Immortel Brahman, Ô ami ! »

« Le OM est l’arc, l’esprit est la flèche et le Soi est dit être la cible. La cible doit être atteinte par celui qui est maître de lui-même. Ce qui frappe la cible devient, comme la flèche, un avec la cible, c’est-à-dire le Brahman. »

Ishavasya Upanishad

« Tout ceci, tout ce qui se meut dans l’univers, l’univers lui-même, doit être (est) imprégné (enveloppé) par le Seigneur. (…) »

Chandogya Upanishad

« Cet Etre qui est cette essence subtile, le monde entier l’a pour Âme. Cela est la vérité. C’est l’Âtman. Cela tu es, Ô Shvetaketu. »

Amrita Bindu Upanishad

« Une fois la dépendance à l’égard des objets des sens abandonnée, quand l’esprit est stabilisé dans le Cœur, il obtient la nature du Soi et donc la suprême demeure. »
« Le mental doit être restreint jusqu’à ce qu’il se dissolve dans le Cœur. Ceci est connaissance et méditation. Le reste est logique et élaboration verbale. »

Mandukya Upanishad (karika)

« Comme un tison, quand il est animé d’un mouvement, apparaît soit droit, soit tordu, etc., de même la Conscience, quand elle entre en vibration, apparaît se diviser en observateur et observé, etc ».

« Ce monde perçu de dualité caractérisée par la relation sujet-objet est véritablement un acte de l’esprit. L’esprit (du point de vue absolu) n’est jamais en contact avec aucun objet (puisqu’il est en essence le Soi). De ce fait, il est déclaré éternel et libre. »

source : http://www.chinmayafrance.fr/03VEDANTA/textes-vedanta-upanishad.html

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LA KUNDALINI UPANISHAD

upanishads-du-yoga-jean-varenne 

L’upanishad qui porte ce nom est la réunion de trois textes très différents dont seul le premier correspond au titre de l’œuvre.

Il existe deux traductions en français, l’une de Jean Varenne (1971) et une autre de Martine Buttex, publiée dans un énorme ouvrage qui réunit 108 upanishad.  Elles étaient autrefois en ligne ; elles en le sont malheureusement plus aujourd’hui.

Il est intéressant de lire les deux traductions qui présentent des variantes.

Le but que propose cet Upanishad est d’atteindre le Samaddhi, état béatifique dans lequel Shiva (la conscience) et Shakti (l’énergie) sont unies. Shakti étant bien sûr Kundalini, ce mystérieux serpent lové à la base de la colonne vertébrale après qu’elle ait fini son travail de création et qui s’en ira à notre mort en emportant tout car les chakras disséminés le long de la colonne vertébrale seront percés les uns après les autres, le tout bien sûr en un instant fulgurant.

Ce texte donne donc les moyens de l’éveiller Avant la mort en utilisant le souffle,  pranayama, qui est la technique la plus importante. C’est par la maîtrise de la rétention que celui-ci peut faire le travail d’éveil.

Comme toujours, le texte est obscur volontairement afin que seul les initiés, les pratiquants puissent l’utiliser comme un aide mémoire plutôt que comme un guide que l’on suit à la lettre. Il y a toujours une volonté de rendre les textes flous car la transmission était, dans ces temps reculés, orale, de maître à élève  après que celui-ci ait été accepté. Le secret sur cette transmission était souvent absolu ; des textes ont toutefois été écrits mais de façon  sibylline  pour que le secret reste total.

Ce texte décrit sommairement les pratiques nécessaires à la réussite de Samaddhi ; elle rappelle les étapes préliminaires, comment raffermir Saraswati – autre nom de la Sushumna– décrit quatre types de respiration, puis  les bandhas. Puis elle parle des obstacles à la réalisation de ce programme. Elle évoque aussi la montée de Kundalini – qui vient du sanskrit Kundala qui veut dire bracelet, boucle d’oreille, à cause de ses triples boucles et demi  – dans le canal central jusqu’aux mille pétales où elle s’unit à Shiva. Tout le travail qu’on fait en yoga n’est au final qu’un travail préparatoire pour cette union (qui pour la plupart ne se réalise en fait jamais…)

 

L’essentiel du texte avec les slokas correspondants :

 

C’est le souffle qui active l’ensemble des souvenirs hérités, c’est le souffle qui peut tout changer, c’est ce qui est dit dès les deux premiers slokas et tout le travail du pranayama va être de purifier l’ensemble de ces contenus hérités pour préparer le travail suivant

1 : Les deux causes par lesquelles l’esprit fonctionne ou ne fonctionne pas sont d’une part l’ensemble des souvenirs hérités (le karma) et d’autre part l’air qu’on inhale et exhale inconsciemment.

 

2 : Si l’une de ces causes disparaît, toutes deux deviennent automatiquement inopérantes. Il faut donc veiller au «  bon fonctionnement » des deux mais surtout s’efforcer de maîtriser la respiration.

Ce travail suivant, c’est, bien avant de songer à éveiller Kundalini, d’affermir Sarasvatî, c’est-à-dire de préparer Sushumna qui est le canal central dans la structure énergétique, le long de laquelle se trouvent tous les chakras.

8 : Si l’on veut réussir cela il faut affermir la Sarasvatî par où montera l’Energie lovée et s’exercer à la tenue du souffle, l’éveil de la Shakti est à ce prix.

Les Sloka suivants décrivent le travail à faire sur les canaux latéraux Ida et Pingala  pour préparer Sushumnâ – technique de pranayama comme Nadishodana.

C’est la raison pour laquelle on met ce souffle au programme des débutants, car son apprentissage, lorsque l’on est simple pratiquant, est long et difficile. Mais sans lui, il est vain de vouloir viser autre chose. Et on laisse ce souffle longtemps au programme, tant que les canaux ida et pingala ont besoin d’être purifié. Si on pratique une fois par semaine, on le fera donc toute sa vie…

Dans l’idéal d’une recherche de samadhi, il faudrait le pratiquer trois fois trois ghatika au matin, à midi, et la nuit pendant trois mois, soit trois fois 25 minutes fois 3  par jour environ, c’est à dire pendant quatre heures environ. En plus du reste.

On obtient peu à peu la purification que promet ce souffle en le travaillant régulièrement pendant des mois

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Puis le texte dit qu’il faut déjà conduire la Shakti à l’orifice de Sushumna avant de songer à la faire monter. Et là, les techniques pour y parvenir vont être décrites.

A cela s’ajoute le travail sur la triple contraction : gorge, ventre et anus : les trois Bandhas afin que les souffles vitaux ne se dispersent pas n’importe comment

Ces souffles sont les cinq vayus, localisés dans des centres énergétiques et qui régulent différents types d’activités et d’énergie – Prana, Udana, Samana, apana, Vyana

Au Sloka 17, un point de repère est donné : l’affermissement de la Sarasvatî s’accompagne de l’audition du son intérieur ; le pratiquant sait donc que lorsqu’il entend un son intérieur en continu qui varie de puissance et peut s’effacer mais s’intensifie dès qu’il pratique, c’est que le travail d’affermissement a commencé :

17 : L’affermissement de la Sarasvatî s’accompagne toujours de l’audition du Son primordial et guérit le Yogin.

 

Pourquoi la Sushumna ? Parce que c’est la seule qui peut supporter cette montée sans que tout ne soit immédiatement détruit sur le passage de la Kundalini. Elle est faite pour ce passage, et reste vide et creuse avant.

Au Sloka suivant jusqu’au 21, sont expliqués qu’il faut combiner différents souffles entre eux dans le calice ( c’est l’endroit où s’effectue la rétention) ; commence le long et minutieux travail de rétention des souffles, dont la visée n’est pas la performance mais un travail d’alchimiste : changer la fréquence vibratoire de toute la structure énergétique, toujours dans le but de préparer Sushumna

Les souffles cités sont :

Le Bhastrika, Shitali, Ujjâyin, et Surya Bedhana peuvent être envisagés avec de longues rétentions seulement après que Sushumna soit préparée

Puis après cette description au langage caché comme toujours dans ces textes, suit des Sloka très importants :

40 : A ces modes de contrôle du souffle

 

41 : Il est bon d’associer les trois contractions musculaires de la base, du volant et du porteur des lacs.

 

42 : La contraction de la base oblige l’Apâna à inverser son mouvement, grâce à une contraction de l’anus.

Les consignes sont claires : faire des souffles ne suffit pas, si les trois contractions ne sont pas ajoutées. On les connaît, ce sont les trois  » verrous », les trois bandhas, sans lesquels il est vain de faire de yoga : mulabandha, jalandhara bandha et uddyana bandha : base, ventre, gorge.

Afin, une fois encore d’obliger les vayus à s’unifier ; sans cette pratique et cette maîtrise, éveiller Shakti est possible mais  le résultat totalement illusoire car rien ne sera ni maîtrisé ni contrôlé. Elle s’éveillera peut être mais dans le chaos et le désordre le plus total.

On comprend là aussi tout le travail à faire sur les vayus qui règlent le corps énergétique.

Vient ensuite la description de la montée de Kundalini au Sloka suivant :

43 : L’apâna au lieu de descendre, monte et atteint l’endroit où brille le feu intérieur l’amenant à grandir et à s’accroître.

 

44 : Alors, le feu ainsi attisé, uni à l’apana au cours inversé, parvient là où gît le souffle intérieur ; Il s’enflamme et embrase le corps tout entier.

45 : L’énergie-lovée, réchauffée par le feu ainsi allumé par le souffle, s’éveille et se dresse en sifflant comme un serpent qu’agace le bâton du charmeur ; elle entre alors dans la Sushumna par son orifice inférieur

PE013_circulation-prana

Dans les slokas suivants – 48 à 50 – des postures sont conseillés pour accompagner cette montée : la posture de la foudre, qui peut être précédée de la posture de la pince, pashimottanasana – à condition de ne pas faire monter Kundalini plus haut que le ventre, car il convient ensuite pour qu’elle continue son ascension à prendre une posture assise

On voit à quel point ces textes s’adressent à des yogis aguerris et pas à de petits apprentis sorciers

Pour le pratiquant plus modeste, ce texte donne des points de repère essentiels pour comprendre sa pratique en profondeur et donner du sens à ce qu’il fait

Puis des souffles à faire ; c’est un véritable «  mode d’emploi » mais bien évidemment incomplet (46 à 55 -

Dans les Sloka suivant,  -56 à 60 – il y a une énumération qui montre tous les obstacles à cette réalisation ;  cela va du manque de fois au manque d’énergie, de volonté, à la dispersion, à l’attachement encore à ce monde.

Les Sloka suivant (61 à 69) la montée est décrite, ainsi que le percement des trois granti : Brahma granti, (animalité) Vishnou granti (personnalité) et Rudra granti (conscience)

Là, l’ascension n’est pas finie : Shakti boit l’Amrita avant de finir sa course

73 : Libre de tout appétit sensuel, ferme en son yoga, l’adepte concentrant son attention sur cela absorbe alors cette ambroisie comme un sacrifiant boit le soma et par là s’établit à jamais dans la conscience

Puis, dernière étape pour Kundalini, atteindre le mille pétale ce que décrivent les slokas 74 et suivant

Le texte reviendra une fois encore sur cette description comme en concentré et concluera  de façon sublime puisqu’elle montre que l’homme peut échapper à sa condition de Pashu, c’est à dire faisant partie du troupeau. Le troupeau signifiant qu’il suit le mouvement, sans pouvoir rien faire pour allumer ne serait ce qu’une petite lumière pour éclairer sa vie. Il la vit dans un état de nuit totale, ligoté corps et âme par ses granthis, ses vies antérieures, ses conditionnements, son éducation, la société dans laquelle il vit, son héritage génétique, ainsi de suite, sans rien pouvoir faire du tout…

Même si un sur 100000 seulement atteint cet état, ce possible est dans chaque être humain, qui, par un travail sur ses énergies via le yoga ou tout autre outil de son choix, peut cheminer sur un chemin tout autre que celui du conditionnement et de la lente déchéance du corps vers la mort et la maladie. Chaque être humain porte en soi sa part magique et sa part divine ; il ne tient qu’à lui de l’éveiller, mais rien qu’un tout petit peu, pour donner saveur et conscience à son petit tour sur terre et se rappeler son origine divine.

74 :L’énergie lovée monte ensuite jusqu’au centre aux mille pétales, elle abandonne alors les huit éléments, l’eau, la terre, l’air, le feu, l’espace, la pensée, l’intelligence, l’ego. S’emparant de la lumière, de la pensée et du souffle, les tenant étroitement embrassés, elle atteint la conscience (Shiva) ; s’emparant enfin de Shiva lui-même, elle se dissout dans le chakra aux mille pétales !

 

75 : alors, à cet instant même, les deux principes fondamentaux de l’individu, l’activité et la lumière se dissolvent à leur tour en Shiva ; se dissolvent aussi les deux formes du souffle vital,  l’inspiration et l’expiration qui ont atteint leur point d’équilibre. Le yogi soudain  devient gigantesque cependant que s’amenuisent en lui les éléments de la personnalité ainsi que la pensée et la faculté de parler.

 

76 : Les souffles s’agitent en tous sens, comme l’or en fusion dans le creuset de l’alchimiste. Le corps grossier se mue enfin en sa forme divine.

 

77 : Débarrassé de toutes entraves, délivrées de l’état de stupeur où le maintenait sa condition captive, le corps subtil resplendit.

 

78 : Il est fait de pure conscience, il est l’essence même de la personne puisqu’il n’est autre que le Soi présent dans tous les êtres.

 

79 : C’est là, dit on, la véritable délivrance qui libère du karma et du temps, apparences pareilles à l’illusion qui fait prendre une corde pour un serpent.

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Afin de bien   comprendre cette fin de texte, il faut être familier avec la philosophie du Samkhya qui considère  l’ego, l’intelligence, la pensée comme des outils au même titre que les sens  qui sont littéralement « abandonnés » avec l’éveil de Kundalini. C’est à dire que la personnalité toute entière est anéantie, elle disparaît.

Tous ces éléments figurent au rang des tattvas.

Le texte dit aussi clairement que le Soi est dans chaque être humain, tous sans exception

Autrement dit, une part divine est en chacun des êtres vivants

87 c’est cela la vraie délivrance, par elle on échappe au karma et l’on connaît la béatitude !

 

Le mot de la fin :

Ce mode d’emploi en abrégé de l’éveil de Kundalini et que l’on peut trouver en ligne avec les commentaires de Martine Bultex ( traduit de l’anglais)  ouvre la porte sur le merveilleux

Il n’est bien sûr pas question pour l’homme ordinaire de pouvoir réaliser ce programme mais s’il peut déjà éveiller un peu la belle Kundalini endormie dans le premier cakra, il verra sa vie se transformer complètement. 

D’autres parts, ce texte qu’on peut avoir sous la main lors de ses propres pratiques, est à lire et relire jusqu’à le connaître par coeur, parce que ce sont ces textes là, précisément, qui donnent tout leur sens à une pratique personnelle : on comprend pourquoi il faut sans relâche travailler sur ida et pingala, affermir la sushumna, la chauffer, la préparer, faire les verrous, maîtriser les souffles, pourquoi pashimottanasana vient toujours dans les premières postures…

Je vous laisse méditer sur ce texte donc voici le lien: 

http://www.lesconfins.com/YogaKundaliniUpanishad.pdf

 

Ou bien vous procurer celle de Jean Varenne comme l’image ci dessus, traduite du sanskrit et non de l’anglais par lui même

source : http://www.artetyoga.fr/article-la-kundalini-upanishad-quelques-mots-d-explication-125515022.html

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LE VRAI VISAGE DE LA LOI DIVINE

Posté par spiritus le 2 octobre 2016

Contrairement à ce que beaucoup pensent, la Loi n’est pas celle que l’on croit. Tel Janus bifront a deux visages, la Loi divine cache son vrai visage.

La Loi divine est divine et non pas humaine. Elle a ses Raisons que la raison ne saurait connaître. L’existence tenue par l’homme n’est qu’une conséquence de la volonté occulte de son créateur. De ce fait, la créature ne détermine pas librement les règles auxquelles elle est soumise. Ainsi, le Gouvernement de Dieu trône inexorablement sur l’Oeuvre, par nature, tellement parfait, légitime, infaillible et équitable que ses vertus signifient Dieu lui-même.

La Création s’est manifestée suivant une volonté divine exprimée. Il en est résulté une Loi de Création qui préside à l’incarnation et à la désincarnation, faisant de l’homme une créature assujettie, conditionnelle, relative et limitée. Par conséquent, une perfection progressive nous est impartie s’inscrivant dans un Ordre Supérieur duquel on ne peut se soustraire sous peine de se détruire. Il s’en suit donc que la Vraie Justice n’est pas horizontale mais verticale.

Or, paradoxe du paradoxe, l’expression de cette Loi est plutôt singulière, particulièrement bizarre, voire extravagante, car la vie se nourrit de la mort et le négatif par justification triomphe d’abord. De ce fait, la vie des hommes est toujours grave, cruelle, tragique, pathétique mais sublime.

Pourtant, la vie est belle, mais le destin s’en écarte. La vie nous le rappelant tellement tous les jours, il semblerait tout autant, à l’écume des vies ordinaires, que la souffrance est bien au rendez-vous de la Providence.

Pour grandir, l’homme est saisi par les ressorts secrets de la Providence, où les épreuves se succèdent comme un feu salvateur, comme le creuset incontournable et nécessaire pour faire oeuvre de rédemption et de rachat. Parce que le cours des évènements subit les conséquences de nos actes, l’homme est crucifié par son propre destin dont il demeure l’auteur souverain. Parce que nos actes nous suivent, la liberté accordée reste une capacité limitée par la Loi, une liberté qui reste encore à conquérir. Par cause intrinsèque, l’homme tient de Dieu le fait d’être, et par cause intrinsèque, il est pleinement responsable de ce qu’il est.

Ainsi, la vie se charge de nous purifier et de nous faire mûrir par son cortège d’épreuves. L’axe de conscience est une machinerie incontournable avec ses jeux, ses contorsions, ses ondulations, sa danse du voile où l’épreuve est le moteur métaphysique du processus d’évolution. Le destin apparaît alors comme un outil autorégulateur de nos fautes où les épreuves de la vie, exprimées par des oppositions, sont en fait des situations qui menacent l’existence parce qu’elles nous confrontent au problème du choix et donc de la liberté. En réalité, le déterminisme est au service de la Loi revêtu du destin pour produire un désencombrement du fond par différents ajustements. C’est dans sa fonction obsessionnelle un jeu de rôle d’essence dramatique où drame et déterminisme ont la même saveur, celle du sang et des larmes. L’homme qui évolue paie ici de sa personne, la souffrance est son expiation, un régime exigé et incontournable afin qu’il enfante sa conscience et s’élève par la croix qu représente l’expérience. C’est donc dans sa chair, par les forges appliquées, qu’il gravit l’échelle du salut.

Révélant son vrai visage, la Loi n’est pas qu’angélique, la Loi est double comme Janus. Partout anges et démons exercent leur duel et leur empire pour nous ciseler crescendo jusqu’à la réintégration dans l’Unité Créatrice. En fait le déterminisme est en proie aux démons, son action est d’importuner sans relâche, d’accaparer notre conscience pour mieux nous perdre, travaillant inlassablement les créatures sur l’enclume des épreuves dans leur part de fatum quotidien, et cela, jusqu’à l’allégeance finale.

Parce que la genèse est une retombée créatrice que Dieu abandonne au hasard de la liberté, la Matière est le fruit d’une inversion créatrice. De ce fait, l’homme devait connaître l’état lucifuge des ténèbres pour retrouver la lumière et s’affranchir de son ancrage.

La Loi n’est donc pas le résultat d’une morale du moment, différente ici et là, ni béatement le fruit d’une petite religion confortable et rassurante. A l’image de la Loi de Création dont tout procède, la Loi demeure un principe essentiel, unique et constant, s’imposant comme archétype du vivant, AOR AGNI, dans la Lumière de l’Agneau.

La Proposition est un beau jeu, noble et dangereux, où le destin est de se révéler individuellement au moyen de l’incarnation, de maîtriser la dualité en tout parce que des Noces surgissent la lumière et la conscience, en fait, de se rédempter soi-même.

Parce qu’il y avait enjeu sous la forme, les périls rencontrés justifient le principe de sélection par la loi de dualité qui conduit les uns à la victoire, à une personnification entre Dieu et Enfer, les autres, à la dissolution. Le destin de l’homme n’est pas une souffrance absurde, c’est un combat.

Au nom de la Loi tout est permis pour celui qui nous fait danser. Son vouloir n’est pas une mièvrerie mais bien une terrible croix, qu’il faut assumer et qui contraint pour nous faire participer à l’Extase.

« Le scandale de la croix est la clef du mystère de la souffrance

dont le défi est inséparable de l’histoire de l’homme » (Jean-Paul II)

Korrigan

A SUIVRE..

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PAROLES D’ISLAM

Posté par spiritus le 26 mars 2016

L’insondable faiblesse de l’homme laisse place aux désirs commandés par sa propre nature, l’inévitable solution est donc le combat moral aux passions.

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Prie pour le bien de celui qui a été injuste envers toi, car celui-ci t’a préparé du bien pour ta vie future: si tu pouvais voir ce qu’il en est réellement, tu te rendrais compte que l’injuste t’a fait vraiment du bien pour la vie future. Alors, la récompense du bienfait ne doit être que le bienfait (cf. Coran 55, 60) (prie donc pour le bien de celui qui t’a réservé un bien); du reste, le bienfait dans la vie future est permanent. Ne perds pas de vue cet aspect des choses, et ne sois pas trompé par le fait des dommages qui te résultent ici-bas par l’injustice dont tu es l’objet: il faut considérer cet inconvénient comme le médicament désagréable que doit absorber le malade parce que celui-ci sait quelle utilité il en tirera finalement. L’injuste joue un rôle équivalent: prie donc pour qu’il ait tout bien !

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Il est prairie pour les gazelles, couvent pour les moines,
Temple pour les idoles, Mecque pour les pèlerins,
Tablettes de la Torah et livre du Coran.
Je suis la religion de l’amour, partout où se dirigent ses montures,
L’amour est ma religion et ma foi.

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Tandis que l’ascète se plaît à renoncer au monde, et que celui qui se confie à Dieu repose entièrement sur son Seigneur, et tandis que le désirant recherche les chants spirituels et l’enthousiasme annihilant, et que l’adorateur est tout à sa dévotion et à son effort, enfin tandis que le sage connaisseur exerce sa force d’esprit et se concentre sur le but,- ceux qui sont investis de l’Autorité et possèdent la Science restent cachés dans l’invisible et ne les connaît ni « connaisseur », ni « désirant », ni « adorateur », comme ne les perçoit ni « confié à Dieu », ni « ascète »! L’ascète renonce au monde pour en obtenir le prix, le confiant se remet à son Seigneur pour atteindre son dessein, le désirant recherche l’enthousiasme pour abolir le chagrin, l’adorateur fait du zèle dans l’espoir d’accéder à la « proximité », le connaisseur sage vise par sa force d’esprit l’ »arrivée », mais la Vérité ne se dévoile qu’à celui qui efface sa propre trace et perd jusqu’à son nom!

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L’homme supérieur est celui qui se fuit soi-même pour obtenir la compagnie de son Seigneur.

La solitude procure la « connaissance du Monde ».

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Celui dont la langue se tait, même si son cœur ne se tait pas, allège son fardeau; celui dont la langue et le cœur se taisent tous les deux, purifie son « centre secret » (sirr) et son Seigneur s’y révèle; celui dont le cœur se tait, mais dont la bouche parle, prononce les paroles de la Sagesse; mais celui dont ni la langue ni le cœur ne se taisent est objet de Satan et soumis à sa domination. [...]

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Le silence de la langue est un des traits ordinaires de tous les hommes spirituels et de tous les maîtres de la voie.

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Le silence produit la « connaissance d’Allah ».

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La Réalité Divine Essentielle est trop élevée pour être contemplée par l’ »oeil » qui doit contempler, tant que subsiste une trace de la condition de créature dans l’ »oeil » du contemplant. Mais lorsque « s’éteint ce qui n’a pas été » – et qui est périssant – « et reste ce qui n’a jamais cessé d’être » – ce qui est (par nature) permanent- alors se lève le Soleil de la preuve décisive pour la Vision par soi.

Ibn’Arabi

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Celui qui sait qu’il ne possède ni l’être ni l’agir, celui-là se retrouve dans cet état originel d’agrément et d’amour divin.

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Dieu m’a ravi à mon « moi » [illusoire] et m’a rapproché de mon « moi » [réel] et la disparition de la terre a entraîné celle du ciel. Le tout et la partie se sont confondus. La verticale et l’horizontale se sont anéanties. [...]. Le voyage a atteint son terme et ce qui est autre que Lui a cessé d’exister. Toute attribution, tout aspect, toute relation étant abolis, l’état originel est rétabli.

Abd El Kader

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Il n’appartient pas à l’intellect de connaître Dieu

Abu Bakr al Sabbak

 

 

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PERFECTIBILITE

Posté par spiritus le 22 mars 2016

Les autres font des fautes,

Observez les vôtres.

 

 

Certaines personnes ont l’habitude de blâmer les autres. Peut-être avons-nous tous cette faiblesse. La liste des boucs émissaires de nos malheurs est ingénieuse et infinie. Les parents, la collectivité, les professeurs, le gouvernement et même les démons et les dieux, tous sont invoqués quand nous avons des problèmes.

Si les difficultés viennent vraiment de l’extérieur, blâmer n’est pas une solution; l’attitude adéquate est évidente : neutralisez ces influences.

Si le problème vient de vous-même, la solution ne peut venir que de vous. Avant d’accuser les amis, les connaissances ou les professeurs pour leurs mauvaises habitudes et leur étroitesse d’esprit, ayez présent à l’esprit que personne n’est à blâmer sinon vous-même.

C’est une erreur similaire que de perdre l’estime de soi simplement parce que vous avez quelques défauts. Voir vos faiblesses et entreprendre une démarche pour les éliminer est une attitude sans passion. Vous n’êtes pas indigne parce que vous essayez de vous élever au-dessus de vos imperfections. Cette épithète n’est applicable qu’à ceux qui n’entreprennent jamais de se corriger.

Nous avons tous un bon fond, un moi particulier à l’intérieur. Cette pureté est parfaite et sacrée; en conséquence, aucun de nous n’est pire qu’un autre.

Nous sommes tous sur cette planète simplement pour retourner à ce moi inaltérable. Lorsque nous rejoignons cet esprit, il n’y a pas de défaut ni de blâme.

 

DENG MING DAO

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QU’EST CE QUE L’ALCHIMIE ?

Posté par spiritus le 14 mars 2016

I. – De Quelques Méprises

Pour le commun des mortels, comme sans doute pour certains alchimistes (ou se croyant tels), l’alchimie est essentiellement « l’art de faire de l’or ». L’unique différence entre ceux-ci et ceux-là, c’est que les premiers tiennent un tel art pour chimérique alors que les seconds en affirment la réalité.

Quant aux profanes «éclairés», voire aux gens de science, leur appréciation est plus nuancée. S’ils supposent, en général, que la chimie a fait prompte et roide justice des recettes bizarres ou fallacieuses dont foisonnent les élucubrations des adeptes, ils concèdent, en revanche, que les théories scientifiques les plus récentes recoupent sur bien des points les idées des hermétistes (leurs « rêveries », disait-on encore aux jours, pas si lointains, de la chimie lavoisienne). Les conceptions d’aujourd’hui sur l’unité de la matière, sur l’inanité de la notion de corps « simples », sur la possibilité d’en opérer la transmutation, sur l’analogie universelle (l’atome, disent les savants, est un petit système solaire), etc., sont un involontaire hommage rendu aux hermétistes qui, de tous temps, n’ont jamais dit autre chose.

Peut-être, avant de condamner en bloc des opérations et manipulations apparemment défectueuses, les savants en place feraient-ils bien de se demander comment ces fols d’alchimistes ont pu tirer des principes aussi justes d’expériences aussi fallacieuses, alors que la chimie, depuis Scheele et Lavoisier, partant d’expériences rigoureuses, a dû brûler plus d’une fois ce qu’elle adorait la veille ? Inutile d’entamer ici des controverses superflues.  Au surplus, l’alchimie – vraie – n’a nul besoin d’aller quémander quelque justification que ce soit chez les tenants de la moderne physicochimie.

Bien au contraire ! Car c’est peut-être pour avoir succombé à cette manie d’approbativité, pour avoir cédé au chimérique espoir de convertir quelques profanes aux convictions des fils d’Hermès que, de concessions en abandons, la plupart des hermétistes ont fini par se cantonner au seul domaine de la transmutation métallique, surtout depuis deux ou trois siècles – du moins dans leurs écrits publics. Et l’impression que l’alchimie n’est rien de plus qu’une sorte de mauvaise chimie, compliquée d’idées biscornues et de prétentions extravagantes, est bien celle que doit éprouver le profane en les lisant sans préparation.

Or, ce qui devait arriver arriva. Quelques chimistes, séduits par la largeur des vues philosophiques des disciples d’Hermès et impressionnés par leur unanimité doctrinale, ont cru de bonne foi qu’il suffirait de « rajeunir » une terminologie désuète, de transposer en termes de chimie moderne des manipulations décrites à demi-mot et de faire abstraction de la partie « mystique » de la doctrine pour réconcilier les inconciliables. Mais leurs efforts, en porte-à-faux, n’aboutirent qu’à créer un monstre hybride, baptisé « hyperchimie » et dont – à juste titre – ni chimistes ni alchimistes ne se soucièrent d’endosser la paternité, nul n’y reconnaissant plus les siens !  Les hyperchimistes, dont François Jollivet-Castelot fut le type le plus représentatif (1), restèrent à une ou deux exceptions près (Delobel, par exemple) des « souffleurs » patients et tenaces autant que mal inspirés et malchanceux.     Précédent à méditer…

II. – La vivante Alchimie

Certes, la transmutation des métaux par voie alchimique est – toute théorie mise de côté – un fait sur lequel il est difficile d’ergoter. Et le seul livre du très officiel Louis Figuier, L’Alchimie et les Alchimistes, mentionne deux ou trois exemples de transmutations par projection (dont celle du savant Van Helmont, adversaire déclaré de l’Alchimie, offre toutes les circonstances de contrôle et d’impartialité souhaitables), dont une seule suffirait à prouver la réalité de l’art transmutatoire et l’avance considérable prise par les hermétistes sur MM. les physico-chimistes, nonobstant leur manque de fours électriques et de cyclotrons.

Mais la partie n’est pas le tout et si l’Alchimie n’était qu’une sorte de chimie transcendante ou de métallurgie secrète, nous ne pourrions l’estimer au point de rompre une lance en sa faveur.

Si l’or et les passions qu’il suscite, l’or et les maux qu’il provoque, l’or et les crimes qui lui font cortège avait été l’unique ou le principal but poursuivi par les alchimistes, si son éclat fascinateur avait été l’unique lumière de leur âme, nous ne pourrions que les plaindre et tenir à bon droit pour folie leur prétendue sagesse.
Mais en est-il vraiment ainsi ?

Si nous lisons de véritables initiés à la science d’Hermès, tels que Khunrath, Jacob Böhme, d’Eckhartshausen, Grillot de Givry ou l’admirable auteur de l’Hortulus Sacer, nous finissons par nous apercevoir que tout en discourant aussi de l’Œuvre métallique, ils parlent surtout d’autre chose.

Qu’est-ce à dire ?

Exposons le comme nous l’avons compris, sans prétendre avoir tout compris.

L’Alchimie vraie, l’Alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l’homme et dans la nature et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique (2) a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa splendeur, sa plénitude et ses prérogatives primordiales : Ce qui, dans l’homme moral s’appelle rédemption ou régénération (3) ; réincrudation dans l’homme physique ; purification et perfection dans la nature, enfin, dans le règne minéral proprement dit : quintessenciation et transmutation.

Son domaine embrasse donc tout le créé (4) et, pour l’humanité militante, toute la portion du créé qu’elle a entraînée avec elle dans sa déchéance et qui doit ressusciter avec elle et par elle, telle qu’elle fut avant la Transgression.

Quoique son domaine le plus central soit le plan spirituel, l’Alchimie connaît cent applications plus ou moins contingentes, à tous les degrés et sous tous les aspects de la vie.

Il existe donc une alchimie intellectuelle, une Alchimie morale, une sociale, une physiologique, une astrale, une animale, une végétale, une minérale, et bien d’autres encore. Mais l’Alchimie spirituelle demeure le modèle, la clé et la raison des autres. Et, conformément à l’énoncé d’Hermès dans la fameuse Table d’Émeraude, la connaissance d’une quelconque de ces adaptations (5) découvre implicitement celle de toutes les autres. L’univers est un et cette unité est le sceau de la Vérité.

Or le suprême Grand-Œuvre, le seul qui se puisse appeler sans outrance « la Voie de l’Absolu », c’est la réintégration de l’homme dans sa dignité primordiale (6) selon un processus rarement réalisé ici-bas (mais non irréalisable), processus que les anciens appelaient, croyons-nous, « l’Œuvre du Phénix » et qu’on peut lire, ici et là, entre les lignes de certains passages de la Bible, des Évangiles, de l’Apocalypse et de quelques ouvrages, rosicruciens ou autres, dont plus d’un ne semble pas traiter, à première vue, de ce qu’on entend vulgairement par « alchimie ».

Et cet Œuvre-là n’est ni du goût, ni dans les cordes des amateurs de « petits particuliers », des collectionneurs de recettes bonnes seulement à torturer inutilement les métaux, des fabricants d’homuncules, des distillateurs d’herbes, de sang, de moelle ou de sperme, ni de ceux qui ne rêvent de longévité corporelle que dans l’espoir misérable de rééditer les folies et les désordres d’une jeunesse tumultueuse !

Il est même, assez probablement, hors de la portée de plus d’un adepte admiré comme tel pour sa réussite, réelle ou supposée, dans le domaine de l’Alchimie métallique.
Car cette science (à tous les degrés de sa réalisation, y inclus la Pierre transmutatoire) est science de vie, science vive, science vivante à jamais – et science des Vivants (7). Et seuls les « Vivants » peuvent la pratiquer intégralement sans mensonge et sans dommage (8).

Telle est l’origine des malheurs qui ont émaillé, et parfois clos, l’existence de pas mal de faiseurs d’or qui n’étaient, hélas, rien de plus que des « faiseurs d’or » – sans parler de ceux qui ne furent que des « voleurs d’or » (9).

Il n’y a que celui qui a régénéré, avec l’assistance d’En-Haut, ses propres métaux microcosmiques et les a dépouillés de la lèpre des sept péchés qui peut de plein droit, de droit divin, régénérer à son gré les métaux physiques. Celui-là n’agit qu’à bon escient, dans la Lumière du Verbe (10).

Les autres – qui n’en sont pas là – ou bien font du Grand-Œuvre une simple opération magique (car l’on peut réaliser des transmutations apparentes par voie magique, mais ceci n’a rien à voir avec l’Alchimie) ou bien ont vu leurs efforts, leurs souffrances, leurs travaux, leur persévérance et leur charité couronnés d’or – physique – par la bonté du Ciel toujours indulgent envers les débutants de bon vouloir ; ou bien encore ont eu pour toute sagesse l’art d’écouter aux portes et d’espionner par le trou des serrures (11). Ceux-là, s’il en est qui aient réussi, se sont forgé avec leur or maudit une chaîne plus lourde que celle de bien des criminels de droit commun.

Il a été fait mention, quelques lignes plus haut, d’une catégorie de chercheurs, parfois heureux, qui représentent, pensons-nous, l’honnête moyenne des hermétistes. Ceux-là en sont, intérieurement, aux préliminaires de l’Œuvre du Phénix. Le Ciel (eu égard á leur bonne volonté et aux difficultés du début de la Voie) les inspire soit directement par une révélation intérieure, soit indirectement en les orientant vers un véritable Maître, leur permet d’accéder aux connaissances adéquates à telle partie de la science et met à leur portée les moyens de réalisation. Ceux-là ont aussi mandat d’agir, mais dans certaines limites et sous certaines conditions (dont le désintéressement, la patience dans les épreuves, la charité et l’humilité sont le plus universellement requises).

Mais ce droit est une grâce spéciale, par laquelle le Ciel escompte leur bonne volonté et fait crédit à leurs mérites.

III. – De l’Œuvre mystique et de l’Œuvre physique

En résumé, l’homme régénéré est la pierre philosophale de la nature déchue, de même que l’homme non régénéré est la materia bruta de ce Grand-Œuvre dont le Verbe divin est l’Alchimiste et l’Esprit Saint le feu secret : il y a deux Voies dans l’Œuvre, mais il n’y a qu’un Agent : l’Amour ! Et tous les vrais hermétistes chrétiens (12) – non les souffleurs – sont unanimes sur ce point (13) comme sur celui de la subordination de l’Œuvre physique à l’Œuvre mystique (14).

Quant à l’homme « physique », son Grand-Œuvre est sa transformation en « corps glorieux », en corps régénéré et incorruptible(15). Et cette transformation (d’une absolue rareté) n’est possible que parce qu’il n’en diffère que du fait de cet accident, de cet obscurcissement que la tradition chrétienne nomme la Chute. Le corps glorieux, c’est le corps de l’homme tel qu’il était avant la Chute (et ceci touche à un des aspects de la « résurrection de la chair ») ; le corps physique, c’est le corps glorieux tel que l’a transformé la Chute, rendu corruptible par les impuretés hétérogènes de tous les lieux traversés par lui lors de sa descente ici-bas (impuretés dont la racine est le « gluten » ou matière du péché dont parle à diverses reprises ce véritable alchimiste que fut d’Eckhartshausen).

Comme dans l’interne des métaux, il y a dans l’interne de l’homme une certaine « terre vierge », que les Aphorismes Basiliens nomment avec Paracelse le « limbe du grand et du petit monde » et que doit dégager des « immondices de la terre » et revivifier un « esprit tant du grand que du petit monde », pour suivre la même terminologie. Comme le dit Jacob (Révélation alchimique) : « La fin du grand œuvre est (pour l’adepte) de se débarrasser quand il voudra de la chair corruptible sans passer par la mort ».

Et St Paul ne nous dit-il pas que ce qui est semé corruptible est fait pour renaître incorruptible ? Non pour être « détruit » mais pour être « transfiguré ». Et ceci vaut universellement.

Le Grand-Œuvre physique et le Grand-Œuvre mystique sont analogues mais point identiques. Avoir réalisé le dernier c’est pouvoir réaliser souverainement le premier ; avoir réalisé le premier, c’est savoir quel chemin peut conduire à la réalisation du dernier mais ce n’est pas forcément avoir parcouru ce chemin. La nuance est de première importance.

IV. – Méthode Alchimique et Méthodes Profanes

Puisque nous parlons du Grand-Œuvre, profitons-en pour revenir sur un point capital, déjà effleuré, c’est-à-dire sur l’abîme qui le sépare des essais de transmutation par voie physico-chimique, essais auxquels la dissociation atomique donne un regain d’actualité.

Tout d’abord, remarquons à quels frais, avec quel gaspillage d’énergie, dans quels laboratoires titanesques (que nulle fortune privée ne pourrait s’offrir le luxe de financer) opèrent, en rangs serrés, nos modernes Faust. Cela pour aboutir d’ailleurs à des « transmutations » de l’ordre de un dix-millionième de gramme.

C’est la montagne qui enfante d’une souris !…

En regard, le Grand-Œuvre physique ne nécessite que quelques corps assez répandus, un peu de charbon, deux ou trois vases très simples, aucune des sources d’énergie que consomme, en véritable ogresse, la science actuelle et peut être accompli en entier par un seul homme avec patience et longueur de temps. Ceci pour obtenir des transmutations éventuellement massives.

Autre chose. La science d’aujourd’hui, dans sa furie de disséquer la matière aboutit, somme toute, à faire exploser l’atome en le désintégrant brutalement. Cet aboutissement lui interdit évidemment tout nouveau pas en avant dans la connaissance des choses, du moins par cette voie. Pour faire une comparaison grossière et regrettablement irrévérencieuse, nous ne voyons pas une bien fondamentale différence entre le geste du savant qui met l’atome en charpie afin de le mieux connaître et le geste de l’enfant qui brise un jouet mécanique dans le naïf espoir de « savoir ce qu’il a dans le ventre », comme on dit ! Seulement, le premier jeu s’avère infiniment plus dangereux que le second..

Et, en dépit d’une terminologie barbare qui s’allonge tous les jours, où les ions, les électrons, les protons, les neutrons, les deutons et autres ingrédients de la cuisine nucléaire jouent un rôle impressionnant, la matière demeure « terre inconnue ».

Comme si l’on pouvait, d’ailleurs, expliquer la matière par la matière ? …

Aussi, le bombardement atomique n’a pas fait exploser que l’atome. Il a mis en pièces du même coup tout l’édifice scientifique moderne. Et c’est au seuil de nos super-laboratoires qu’on pourrait graver la phrase fameuse : « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance ? »

Et ceux qui y entrent – les « initiés » tout au moins – ont en effet peu d’illusions quant à la valeur philosophique et métaphysique (16) de leurs recherches. Et sans doute également quant à leur contribution au bonheur de l’humanité…

Puisque nous parlons de désintégration atomique, rappelons un petit fait qui pourrait nous rendre enclins à quelque modestie.

Lors de certaines expériences métapsychiques on a vu des objets matériels – une bague en or, par exemple – dématérialisés sous les yeux des spectateurs, sans bruit ni explosion gigantesque, ni cyclotron. Puis on les a vus se rematérialiser quelques minutes plus tard, sans altération de poids, de substance ou de forme.

C’est que, dans la désintégration de la chimie nucléaire, les seuls éléments mis en œuvre sont des forces physiques, matérielles, et des agrégats de matière physique. Le résultat ne peut donc être qu’un changement d’équilibre matériel entre les dits éléments, quel que soit le degré de subtilité qu’on accorde à certains d’entre eux. Il ne s’agit toujours que de la matière en action sur de la matière, sous cette même modalité qui constitue la forme du monde où nous passons en tant que matériellement vivants. La vie et la matière, en tant que revêtues d’autres états – parfaitement inaccessibles aux investigations de la physico-chimie moderne – interviennent dans la désintégration métapsychique ci-dessus relatée, comme dans tout travail hermétique normal.

Non, cent fois non, la voie royale de l’hermétisme ne passe pas et ne passera jamais par les laboratoires de la science officielle, luciférienne dans ses principes et dans son inspiration, comme aussi dans ses résultats humains.

Et la possession de cette science extérieure, n’est pas faite pour favoriser l’accès du sanctuaire alchimique, au contraire. Notre ami regretté Auriger (qui joignait à ses connaissances hermétiques celles de l’ingénieur-chimiste et était donc bien placé pour juger) nous écrivait peu avant sa mort : « L’Alchimie est évidemment sœur de la mystique, il suffit de lire Jacob Böhme pour s’en convaincre, et c’est dans ce sens que j’ai répondu ces jours-ci à votre ami N.., qui m’avait écrit. Il s’excusait presque d’ignorer la chimie ; c’est au contraire un atout dans son jeu et il ne risquera pas d’avoir l’esprit faussé par les théories modernes sur la constitution de la matière. La chimie, telle que nous la concevons à l’époque actuelle, peut sans doute jouer un rôle utile en biologie et parfois en thérapeutique, mais quant au reste je lui dénie tout intérêt. Son rôle pendant l’accomplissement du Grand-Œuvre ne vaut guère plus que celui de la chaisière pendant le Saint Sacrifice de la Messe ! Je crois que sa connaissance constitue plutôt un obstacle à la perception claire des buts et des méthodes de l’alchimie. »     Tout commentaire affaiblirait la portée de cette opinion particulièrement autorisée.

V. – Simples aperçus sur le Grand Œuvre

En résumé, dans l’œuvre métallique, l’artiste utilise comme agent – et c’est par là qu’il se différencie le plus profondément du chimiste – une énergie vivante et universelle qu’il n’est pas utile de préciser pour l’instant. Comme substrat, il se sert d’une substance purifiée, ranimée par cette énergie universelle et portée progressivement par lui au degré requis pour opérer la transmutation ou réincruder le composé humain.

Dans l’Œuvre spirituel, même processus : purification, simplification, descente de l’Esprit (non plus universel ou cosmique mais divin). Ce qui constitue le véritable et définitif « baptême de feu » dont parlait St Jean-Baptiste et que le Verbe de Dieu peut seul conférer.

Non seulement la description de l’œuvre physique s’adapte strictement aux phases de l’Œuvre spirituel, mais il est possible de tirer d’une description de l’Œuvre spirituel une adaptation parfaite à l’œuvre physique (pourvu qu’on ait de l’un ou de l’autre un peu plus qu’une connaissance simplement livresque et superficielle).

La première partie de l’Apocalypse de Jean s’adresse « aux Sept Églises qui sont en Asie » et promettent au « vainqueur », entre autres récompenses, « les fruits de l’Arbre de Vie », « la Manne cachée et le caillou blanc où est écrit un nom nouveau », « l’Etoile du Matin », etc., autant de symboles voilant des réalités qui, pour être « spirituelles » n’en sont pas moins précises et fort peu nuageuses.

Or, fait digne de méditation, tout ceci a ses palpables correspondances dans l’Alchimie élémentaire, où l’œuvrant s’adresse « aux sept métaux qui sont en la terre » et où le « vainqueur du dragon » doit aussi trouver successivement l’arbre de vie (qui pourrait être le Mercure des Sages), la manne cachée, l’étoile du matin, et ainsi de suite.

Ceux qui sont familiarisés avec l’hermétisme comprendront parfaitement ce dont il s’agit et nous sauront gré d’en remettre l’interprétation à des temps meilleurs.
Quant aux autres, nous ne leur conseillons nullement de se livrer aux difficiles travaux de l’Œuvre, s’ils ne se sentent intérieurement appelés. C’est ici le lieu de citer l’avertissement qui clôt la lettre d’invitation aux Noces chimiques, de Valentin Andreae :

Examine-toi toi-même.
Si tu ne t’es pas purifié assidûment
Les Noces te feront dommage.
Malheur á qui s’attarde là-bas.
Que celui qui est trop léger s’abstienne.

Avertissement qui rappelle, non fortuitement, l’épisode évangélique du convive qui n’avait pas revêtu son habit de noces et qui est rejeté « dans les ténèbres extérieures où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (17) (Matthieu XXII).

Tout ce qui peut être dit sur la partie matérielle de l’Œuvre l’a été par les vrais adeptes, aussi complètement que possible. Ils ont seulement réservé ou décrit par énigmes lés travaux préparatoires, leur feu vivant et le nom de la matière brute d’où proviendra la pierre des philosophes. Ceux qui se sentent l’inspiration de travailler dans cette voie doivent s’adresser à eux et non à nous. Il nous suffira de leur donner quelques conseils très simples ou plutôt de les leur rappeler :

1° La vie minérale n’est pas une figure de rhétorique ; le minéral a sa fleur, son fruit, son temps de maturité.

2° Les opérations alchimiques sont – matériellement – simples. Parfois d’autant plus simples que leur description se fait plus compliquée.

3° Les conditions de temps et de température jouent un rôle capital. Comme les « vitamines » des aliments, les ferments métalliques se détruisent si la température dépasse le régime de cuisson requis.

4° Que l’inquisiteur de science se défie des petites recettes, qui traînent dans tant de bouquins : la Voie de l’Universel est universelle. Ce n’est pas que de telles recettes soient sans enseignement, mais elles ne valent que rapportées à la recherche de la voie, comme sujets de réflexions sur la marche de la nature et le sens de ses opérations.

5° Comme le dit Jacob, l’artiste doit préparer lui-même ses instruments de travail et purifier lui-même – précautionneusement – ses matières.

6° Une seule matière est la vraie matière. Une autre cependant est matière adjuvante. C’est là le nœud d’un problème délicat à résoudre et impossible à éluder.

7° L’alchimiste n’est pas un magiste. Et le feu qu’il emploie pour son œuvre n’est pas, malgré l’opinion de certains modernes, son propre « astral ». C’est cependant un feu « astral » si on l’envisage à un certain point de vue. Rien d’alchimique ne se fait sans lui, rien de chimique ne se fait avec lui. Connaître ce feu est aussi nécessaire avant de rien entreprendre que connaître ou soupçonner quelle est la matière.

8° Ne pas s’hypnotiser sur des questions de terminologie. Sous les étiquettes des termes de l’art se cachent des réalités fixes. Si certains ont changé les étiquettes, les réalités qu’ils désignent sont toujours semblables à elles-mêmes et c’est leur connaissance qui importe. Dans sa Révélation alchimique, concise mais assez explicite, Jacob dit (§§ 15 et Ì6) : « Toutes choses ont trois principes : le soufre, le sel, le mercure des sages. Tous trois forment l’Azoth vivant qui est le quatrième principe. Ces trois principes sont extraits de la matière première par l’Azoth des Sages. Cet Azoth est attiré des cieux par la glaise rouge, appelée Adama, là où la rosée est neutralisée par les vapeurs souterraines. » C’est un bel exemple de piège terminologique ! Éventer ce piège porte en soi sa précieuse récompense.

9° Il y a deux voies : la voie sèche ou voie abrégée, et la voie humide. La plus longue n’est pas moins riche en enseignements que la plus courte. La plupart des auteurs les mélangent assez inextricablement.

10° Dans la véritable Alchimie des Rose-Croix, un axiome doit être médité soigneusement : « Le grand Arcane est un esprit céleste descendant du soleil, de la lune et des étoiles, qui est rendu parfait dans l’objet saturnin par une cuisson continuelle jusqu’à ce qu’il ait atteint le degré de sublimation et la puissance nécessaire pour transformer les métaux vils en or. Cette opération s’accomplit au moyen du feu hermétique. La séparation du subtil et du grossier doit se faire avec soin, en ajoutant continuellement de l’eau ; car plus les matériaux sont terrestres, plus ils doivent être dilués pour être rendus mobiles. Continuez ce procédé jusqu’à ce que l’âme séparée soit réunie de nouveau au corps. »

Tout le processus est donc de séparer et de rassembler : corporiser l’esprit et spiritualiser le corps, ce, l’un par l’autre. Et l’Alchimie spirituelle procède de la même méthode. C’est pourquoi Jésus nous dit d’élever notre âme vers Dieu par la prière et de la réincorporer derechef par l’exercice de la charité, afin que nous devenions « un », comme il est « un » avec le Père.

11° La théorie précède la pratique et l’accompagne. La pratique ne supplée point à la théorie mais la démontre ou la condamne. Qui pratique sans une connaissance suffisante des principes et des méthodes risque fort de mourir dans la peau d’un souffleur. L’analyse spagyrique des métaux – comme par exemple la donne Roger Bacon – les notions essentielles de soufre, de sel, de mercure, de feu, et ainsi de suite doivent être étudiées et méditées avec assiduité, jusqu’à compréhension suffisante, avant tout travail vraiment utile.

12° Observez la nature !… Conseil souvent donné et rarement suivi. De même que celui-ci qui lui est analogue : L’art doit commencer son œuvre au point où la nature laisse la sienne. IÌ faut donc ouvrir ses yeux et regarder autour de soi. La terre enseigne quelque chose. La voûte étoilée aussi… Quel bon alchimiste pourrait faire un jardinier intelligent et pieux !

13° Les herbiers n’apprennent rien. Les métaux morts non plus. Une mine, fut-elle abandonnée, vaut dix laboratoires ; une promenade en forêt est parfois plus profitable à l’intellect et à l’âme que dix salles de musée. Il y a aussi une Alchimie esthétique : comment un beau clair de lune, une aurore roséeuse profitent à l’esprit et au cerveau sont un grave sujet de méditation !

14° L’œuvre métallique et les préparations spagyriques ont quelque analogie dans certaines opérations (en particulier dans le processus de la voie humide). Il y a toutefois des différences irréductibles entre ces deux sortes de travaux. Celui qui s’exerce à comprendre et à manipuler spagyriquement, comme préface ou préparation à ses travaux sur les métaux n’a pas tort, mais à la condition de se souvenir que tirer la quintessence d’un mixte est chose différente de tirer l’Elixir de la matière. C’est tout au plus une moitié de l’Œuvre.

15° Evitez-vous des complications superflues et des dangers possibles en laissant au mercure vulgaire son emploi le plus utile, qui est, sans conteste, de remplir la boule des thermomètres.

16° Travailler sur le vrai sujet et de la juste façon entraîne à un certain moment des dangers signalés, plus ou moins ouvertement, par les auteurs sérieux. Sachez que les connaissances les plus étendues en chimie ordinaire ne vous permettent pas de les prévoir et d’y parer. Fiez-vous plutôt à l’aide et à l’inspiration du Ciel : Orare et Laborare !

17° Etudiez les vieux auteurs et n’acceptez pas sans réserve les propos des spagyristes des dix-septième et dix-huitième siècles. Lisez et relisez sans découragement et avec simplicité. N’étudiez pas un hermétiste médiéval avec une mentalité de scientiste du vingtième siècle. Souvenez-vous parfois qu’on peut être d’autant plus hyperbolique qu’on serre de plus prés la réalité opératoire.

18° Négligez les fantaisies des occultistes modernes : Ni « l’électricité magnétisée» d’Eliphas Lévi, ni la « pile électrique» de Stanislas de Guaita, ni la « Volonté du Mage » de Jollivet-Castelot première manière, ne provoqueront jamais la moindre transmutation alchimique.

19° Les grandes époques de foi – et d’art – furent les époques bénies de l’Alchimie. Les époques de scepticisme marquèrent son déclin. Être alchimiste, c’est avoir la foi !

20° La Voie est étroite qui mène à la Vie ; étroite et pierreuse. Les chemins spacieux et faciles ne manquent pas pour ceux qui craignent de se blesser les pieds ou qui rêvent de faire fortune rapidement !… Le corps a faim de repos ; l’âme a soif d’épreuves. Nul n’a jamais cueilli la « rose des neiges » sans se blesser d’abord à ses épines. Comme les débuts de l’œuvre physique, les débuts de l’Œuvre spirituel sont « travaux d’Hercule », mais, comme son Mercure, l’alchimiste acquiert des forces en marchant.

21° Qui veut la Lumière, doit la demander d’abord à Dieu, le Père des Lumières. Qui veut parcourir la voie doit suivre Celui qui est La Voie. Vivre selon la vérité qu’on connaît, c’est faire descendre en soi un peu de la vérité qu’on ignore.

22° Que l’Esprit divin s’incarne dans les doubles eaux pour les glorifier, voilà tout le programme de l’Œuvre : Ignis et Azoth tibi sufficiunt, disent les Adeptes. Trouve d’abord en toi cette eau, dégage-la des superfluités et des ténèbres infernales, c’est là le travail préparatoire du véritable Grand-Œuvre. Quand cette purification qui t’incombe sera terminée, l’Esprit descendra. Mais ceci ne t’incombe pas. C’est Dieu qui choisira son heure. Tel est le vrai Grand-Œuvre, par lequel ton nom sera écrit dans le Livre de Vie. L’autre, le Grand-Œuvre physique, te sera donné par surcroît.

Les quelques remarques qui précèdent pourront, croyons-nous, rendre de menus services à ceux qui se croiraient « appelés ». Il ne dépend que de Dieu et d’eux qu’ils soient un jour « élus ». Nous n’avons pas voulu faire de ces quelques pages un « cours d’Hermétisme ».

Nous espérons avoir montré ce qu’est l’Alchimie véritable, dégagée de ses contrefaçons.

Au lecteur de juger si nous n’avons pas été trop présomptueux.

Par André Savoret, 1947.

Publié dans CHRISTIANISME, ISLAMISME, JUDAISME, HERMETISME, SCIENCES OCCULTES, SOCIETES INITIATIQUES | Commentaires fermés

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