SPIRITUALITE

Posté par spiritus le 19 juin 2010

            La plupart des hommes ignorent qu’ils sont les artisans de leur destin spirituel et ne se soucient nullement de ce destin.

Le développement de l’esprit dans l’individu est loin d’être un processus irrésistible. L’esprit  ne peut atteindre son développement optimum sans éducation ni effort de volonté. Par une aberration étrange, les êtres civilisés ne prennent aucun souci du progrès de leur âme.

Parmi les hommes dont l’intelligence continue à se développer, beaucoup sont incapables d’atteindre la maturité mentale alors qu’ils pourraient employer à leur avancement, les loisirs que leur a donnés la société moderne.

Au contraire, ils perdent leur temps à  se divertir. Ils sont victimes à la fois de leur conditionnement et des habitudes de la vie moderne. Dans l’atmosphère de mensonges et de niaiseries qui règne dans les médias, dans la veulerie de l’existence quotidienne, dans le mépris du beau et du sacré, l’essor de l’intelligence et du sentiment se trouve paralysé.

L’ascension  spirituelle des individus normalement développés n’en reste pas moins un mode d’être fondamental de la vie. La société moderne a séparé l’intelligence du sentiment. Si elle s’intéresse au savoir, à l’observation, à la compréhension, au souvenir, au jugement, à l’induction, à la déduction, à l’édification de constructions logiques, à l’imagination, à la découverte, elle  s’intéresse en revanche beaucoup moins, aux valeurs du courage, de l’audace, de la fidélité, de l’abnégation, de l’héroïsme et de l’amour.

« Voir sans aimer », ecrivit autrefois Maeterlinck « c’est regarder dans les ténèbres ». En développant exclusivement la raison, l’éducation moderne a stoppé le développement de l’esprit. La préparation à la plupart des examens forme la mémoire sans former l’intelligence. En outre, sa valeur spirituelle est nulle. Cependant l’intérêt de la communauté demande une profonde culture intellectuelle. Car nous avons besoin d’ingénieurs, de biologistes, d’économistes, d’historiens, de physiciens, de mathématiciens, de philosophes. Seuls les spécialistes de l’intelligence sont capables de faire avancer la connaissance. La spécialisation est un mal nécessaire qui se paie par un rétrécissement de l’esprit.

L’intellectualisme est dangereux car comme un brouillard, il nous sépare de la réalité de la vie. Sans Gretchen, le Dr Faust aurait toujours ignoré que le secret de la vie ne se trouve pas dans les livres mais dans la vie elle-même.

Quand l’esprit s’élève en nous sous l’effort de la volonté, comme la sève dans l’arbre sous l’effort du printemps, il prend à la fois l’aspect de l’intelligence, du jugement, de la maîtrise de soi-même, de la beauté morale. Il devient la lumière intellectuelle toute pleine d’amour dont parle Dante. Il est la sagesse, cette sagesse qui est refusée aux philosophes et aux savants qui considèrent comme irréelles les choses qui sont inexprimables par les mots.

C’est dans la foule anonyme des humbles que l’on rencontre souvent les vrais élus de l’esprit. La route qui mène au sommet de la montagne est aussi dure et aussi belle pour les uns que pour les autres. Nul n’y progresse qu’au prix du sacrifice. Sans sacrifice, il n’y a pas d’ascension spirituelle : sacrifice de sa fortune, de sa réputation, de sa vie par amour des siens, de sa patrie ou d’un grand idéal.

Ce sont ceux qui ont le culte de la beauté et de la vérité qui tendent de toutes leurs forces vers Dieu, qui donnent leur vie pour que la justice et l’amour règnent sur la Terre.

Ce n’est pas la raison, mais le sentiment qui mène l’homme au sommet de sa destinée. L’esprit s’élève par la souffrance et le désir plus que par l’intelligence; à un certain moment du voyage, il laisse derrière lui l’intelligence, dont le poids est trop lourd. Il se réduit à l’essence de l’âme, qui est amour. Seul, au milieu de cette nuit de la raison, il s’échappe du temps et de l’espace  et,  par un processus que les grands mystiques eux-mêmes n’ont jamais été capables de décrire, il s’unit au substratum ineffable de toutes choses.

L’évolution spirituelle ne s’achève que chez très peu de gens, car elle demande un effort persistant de la volonté,  le sens de l’héroïsme, la purification des sens et de l’intelligence, et d’autres conditions que nous connaissons mal; en particulier cette condition psychologique que l’Eglise appelle la Grâce. Mais tous peuvent s’engager sur le sentier qui, à travers les nuages conduit vers la lumière des cimes.

Mais il est également loisible à tous, de vivre pour la seule satisfaction de ses besoins physiologiques comme les singes. La plupart des êtres civilisés sont encore si près de l’animalité qu’ils recherchent exclusivement les valeurs matérielles, alors que seules les valeurs spirituelles peuvent leur apporter la lumière et la joie.

Chacun doit à un  moment donné de sa vie choisir entre le matériel et l’humain. C’est à dire refuser ou accepter d’obéir à loi de l’ascension  spirituelle.

 

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LES TROIS PORTES DE LA SAGESSE

Posté par spiritus le 6 juin 2010

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent
Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage

« Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie », demanda le Prince

« Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage
Cependant je veux bien te donner quelques indications
Sur ta route, tu trouveras 3 portes : Lis les préceptes indiqués sur chacune d’entre elles Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair Va, maintenant Suis cette route, droit devant toi. »

Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie.

Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire
« CHANGE LE MONDE »

« C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas. » Et il entama son premier combat Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir  Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent . Bien des années passèrent .

Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande : « Qu’as-tu appris sur le chemin ? »
« J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas » « C’est bien, dit le Vieil Homme Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir Oublie ce qui échappe à ton emprise. » Et il disparut

Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte On pouvait y lire
« CHANGE LES AUTRES »

« C’était bien là mon intention, pensa-t-il .Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration. » Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts Ce fut là son deuxième combat
Bien des années passèrent

Un jour, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa
le Vieux Sage qui lui demanda : « Qu’as-tu appris sur le chemin ? »
« J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses. »

« Tu as raison, dit le Sage Par ce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même
Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir
Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir. »
Et le Vieil Homme disparut

Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots

« CHANGE-TOI TOI-MEME »

« Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire, » se dit-il Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal .
Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des
résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :

Qu’as-tu appris sur le chemin ? »

« J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser. »

« C’est bien, » dit le Sage

« Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous, contre moi-même Cela ne finira-t-il jamais ?
Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise. »
« C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage
Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. » Et il disparut

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s’aperçut qu’elle
portait sur sa face arrière une inscription qui disait

« ACCEPTE-TOI TOI-MEME. »

Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens
« Quand on combat on devient aveugle, se dit-il. » Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer
Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :

« Qu’as-tu appris sur le chemin ? »

« J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner
à ne jamais être en accord avec moi-même J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement,
inconditionnellement. »

« C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse Maintenant tu peux repasser la 3ème porte. »

A peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde
porte et y lut

« ACCEPTE LES AUTRES »

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il
avait aimées comme celles qu’il avait détestées Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait
combattues Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu

Il rencontra à nouveau le Vieux Sage « Qu’as-tu appris sur le chemin ? » demanda ce dernier
J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à
reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux .J’ai appris à accepter et à aimer les autres
totalement, inconditionnellement. »

« C’est bien, » dit le Vieux Sage C’est la seconde Sagesse
Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte

Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut

« ACCEPTE LE MONDE »

Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois Il regarda autour
de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose Par leur perfection
C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé
ou son regard ?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda

« Qu’as-tu appris sur le chemin ? »

« J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit
pas le monde, elle se voit dans le monde Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai.
Quand elle est accablée, le monde lui semble triste Le monde, lui, n’est ni triste ni gai.
Il est là ; il existe ; c’est tout Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que
je m’en faisais J’ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement. »

C’est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme
Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde. »

Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince
Le Silence l’habita

« Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence »

Et le Vieil Homme disparut

CHARLES BRULHART

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CORPS ET JUDEO-CHRISTIANISME

Posté par spiritus le 18 avril 2017

Dans le Christianisme, certains pères de l’église ont célébré la beauté du corps, mais il est vrai que la plupart l’ont plutôt vilipendée. Et, bien sûr, par la suite est née toute une mystique qui a tendu non seulement à mépriser le corps, mais à le flageller, presque à le détruire.

L’origine de ces erreurs et de ces excès pourrait sans doute se résumer à une confusion, entre deux mots : le corps et la chair.

Les textes chrétiens dénoncèrent effectivement la chair comme étant dévoyée, c’est à dire sortie de sa voie…mais la chair n’est pas le corps !

Dans la Bible, quand on parle d’incarnation, on ne parle pas de corps. Ce n’est pas parce qu’on a un corps que l’on est incarné. Malheureusement, la plupart ne lisent cette Bible qu’à travers la perspective de l’Homme dans son état d’exil, exilé de soi-même, de son intériorité, de sa transcendance…

Autrement dit, la plupart projettent dans le monde extérieur, les réalités intérieures décrites dans le Texte.

Pourtant, les deux premiers chapitres de la Genèse nous expliquent clairement que la chair est sacrée, dans la mesure où elle se trouve pratiquement identifiée au principe même de l’Être, à l’image divine fondatrice de l’Homme.

Cette chair, nous la voyons pour la première fois nommée, Basar, au deuxième chapitre de la Genèse lorsque Dieu met devant les yeux d’Adam son autre côté…qui, bien sûr, n’a jamais été une « côte »… Ce passage attire notre attention sur le fait qu’Adam ne dispose pas de la totalité de son potentiel. Or, dans les profondeurs de ce potentiel est scellée la chair.

La chair, Basar, est pratiquement la contraction du mot Bere’shit, qui signifie « dans le principe », et qui est en tête du Livre de la Genèse. Dans le mot Basar, on trouve aussi la racine Bar qui est le Fils, et la lettre Shin qui symbolise l’Esprit.

Nous sommes donc image de Dieu, Fils et Esprit. Et la chair est cette part insoupçonnée qui fait notre désir d’absolu, de bonheur, de transcendance, et que, malheureusement, dans notre état d’exil, nous infléchissons au plan horizontal, au niveau d’un passionnel qui, d’ailleurs, peut être créateur et très beau, mais également effroyablement destructeur.

L’INCARNATION

Nous ne sommes vraiment incarnés que lorsque, dans un deuxième temps de l’existence – car il est vraiment rare que cela se produise dans un premier temps-, nous entrons en résonance avec le noyau fondateur de l’être, et que nous commençons à obéir à ses valeurs.

Dans la langue hébraïque, où il n’existe aucun mot pour désigner le corps, l’Homme qui n’est pas rentré en résonance avec ce noyau fondateur n’est qu’un « cadavre ». Voilà notamment pourquoi le Christ dira « laissez les morts enterrer les morts ».

Ainsi, l’humanité qui n’a pas vécu ce retournement vers l’intérieur est comme morte, enterrée dans une dimension encore toute animale, mais certes pas éveillée à la dimension humaine. Seule l’incarnation lui ouvre l’accès à cette dernière.

Alors, lorsque les textes chrétiens vont dénoncer la chair comme étant dévoyée, ce sera pour enseigner que, sortie d’une Voie orientée vers l’intérieur, cette chair meurt en tant qu’image divine, et devient source de passionnel. Les textes bibliques nous racontent aussi l’histoire d’un fils de la veuve qui symbolise notre être intérieur, et qui meurt lorsque la veuve, notre Adamah, n’est plus visitée, n’est plus épousée.

Cette mort en marche n’est évidemment pas encore très sensible à vingt ans, tant que le corps est beau; mais elle prend toute sa dimension dramatique un peu plus tard dans les maisons de vieillards. Que s’est-il passé durant l’intervalle ? Les énergies potentielles que Dieu avait chargé de la mission de « croître et se multiplier » à partir du noyau fondateur, se sont retournées contre l’Homme qui a négligé de s’orienter vers elles, et ont entrainé la dégénérescence du corps.

Car le corps exprime la chair. Coupé de cette chair ontologique, il est malade et meurt. Mais lorsque la chair est travaillée et que le Fils grandit en l’Homme, le corps irradie la lumière de la chair.

Au troisième chapitre de la Genèse, lorsqu’Adam s’empare du fruit de l’arbre de la connaissance, Dieu lui dit : « tu mangeras désormais ton pain à la sueur de tes narines – autrement dit , tu resteras dans l’esclavage animal- jusqu’à ce que tu retournes vers ta Adamah, vers tes profondeurs; parce que tu es poussière, vers cette poussières retournes toi », la poussière étant ce potentiel inouï d’énergies qui résident à l’intérieur de nous et qui sont destinées à être accomplies.

Loin de condamner, Dieu montre donc ici à Adam comment retrouver le vrai Chemin.

Annick de Souzenelle

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LES UPANISHADS

Posté par spiritus le 18 février 2017

 LES UPANISHADS dans BOUDDHISME, TAOISME, CONFUCIANISME Ecritures_manuscrit

Quelques généralités sur les Upanishads

Les Upanishads constituent la portion la plus philosophique des Veda. On considère qu’il y a une centaine d’upanishads (108), dont une douzaine sont considérées comme majeures car elles ont été commentées par les grands maîtres de la tradition indienne (Shankara, Madhva, Ramanuja….).

Leur thème est la Vérité suprême – le Brahman – ainsi que la voie pour atteindre la connaissance de cette vérité. Ces textes relève du domaine de la métaphysique car ils traitent de principes universels, du niveau absolu de l’existence, « de l’Etre en tant qu’Etre »…

Composés en sanskrit, dans un langage à la fois logique, poétique, mystique, suggestif, paradoxal et ésotérique, ces textes doivent faire l’objet d’une étude contemplative. Ils sont transmis par un maître à des disciples dont l’esprit a été préparé par l’étude des Ecritures et des pratiques spirituelles : des élèves dotés de discernement et de détachement dont l’esprit est devenu contemplatif, capable « de voler là où volent les aigles »… Les Upanishads s’adressent aux esprits en quête d’Absolu.

Qui a écrit les Upanishads ? top dans BOUDDHISME, TAOISME, CONFUCIANISME

SOURCE : extraits de l’introduction de Swami Chinmayananda à son commentaire sur la Kena Upanishad

Les auteurs des mantra des Upanishad étaient les Rishis (littéralement les sages voyants) qui ont entendu un appel intérieur et sont partis à la recherche de la Vérité.
Mus par un profond détachement ils se sont retirés au coeur de majestueuses forêts ou au bord du Gange et là, avec un mental et un intellect hautement évolués, ils ont sondé leur cœur afin d’observer, d’analyser, de classifier et de connaître en eux-mêmes le pourquoi et le comment des rouages les plus intimes de l’homme psychologique et spirituel.

En effet, un espace de paix et de majesté est nécessaire pour que le véhicule du mental et de l’intellect puisse prendre de la vitesse et s’élever au-dessus des considérations matérielles et profanes. Quand vous avez un problème personnel à résoudre – par exemple : « Dois-je démissionner de mon emploi actuel ou non ? », que faites-vous ? Ne cherchez-vous pas un endroit silencieux et tranquille pour passer en revue mentalement le pour et le contre avant de prendre finalement une décision ? Si pour résoudre un problème matériel ordinaire il faut tant de solitude et de paix, c’est d’autant plus nécessaire pour pouvoir plonger en soi-même à la recherche de la source éternelle de la vie.

Ces maîtres étaient si sincèrement consacrés à leur poursuite de la Vérité, de façon si désintéressée qu’ils se sont, dans la joie exaltante de leur aventure divine, oubliés eux-mêmes ! Nous trouvons rarement l’identité de ces hommes mentionnée dans le corpus des Upanishads ; les auteurs sont presque tous inconnus ; ils ont, pour ainsi dire, oublié d’ajouter leurs signatures à leurs chefs-d’œuvre. Pour eux c’était uniquement la découverte qui importait, pas l’individu qui l’avait faite. Ils savaient que l’existence humaine, telle une bulle, ne dure que quelques années ; ils ont reconnu la vanité de se faire un nom et une réputation à titre individuel. Ils ont recherché l’immortalité non dans la mémoire des générations futures, mais sur le plan plus subtil de la Conscience éternelle.
Ces sages vivaient dans une liberté absolue, détachés de la vie mondaine. Leur perfection intérieure résidait dans la noblesse et la ferveur de leur esprit, la puissance de leur intellect et la force de leur détachement. Etant allés jusqu’au bout du renoncement, ils étaient en vérité les rois des rois. Les détails de leur grande découverte d’eux-mêmes n’étaient pas livrés à tous ; ils n’étaient donnés qu’à ceux dont le mental était prêt, qui étaient venus vers eux poussés par la soif de Connaissance. Nous remarquerons aussi que les enseignants, bien qu’ils divergent dans leurs expressions, leurs argumentations, leurs modes d’approche, sont tous, sans aucune exception, parvenus au même but divin.

Les Upanishad sont des révélations

Les Upanishad sont des révélations : en effet des sages ont eu dans leurs méditations la « révélation » de vérités éternelles, comme par exemple, Newton a « découvert » la loi de la gravité qui a existé de tous temps.

Ces sages montrent par leur exemple qu’un long processus de pratique, de contrôle et de discipline, amène l’esprit à s’élever jusqu’à appréhender les vérités les plus subtiles. Quand l’esprit s’élève ainsi, la faculté appelée intuition s’éveille en l’homme : la connaissance du principe ultime, de la vérité suprême, est une connaissance directe et intuitive. On ne peut imaginer ou déterminer la Vérité Absolue de façon rationnelle ; elle est expérimentée intuitivement, vérifiée subjectivement.

La transmission des Upanishadstop

Ces sages, après avoir atteint l’accomplisssement ultime, ont ensuite transmis leurs découvertes à la génération suivante par l’intermédiaire de leurs disciples ; ceux-ci, à leur tour, ont considérablement avancé sur le chemin menant à l’Inconnu. Les Upanishad ont été ainsi transmises par la chaîne ininterrompue des maîtres et des disciples, qui reste toujours vivante aujourd’hui (guru shishya parampara). L’accès à la signification profonde de ces textes nécessite en effet un accompagnement spirituel.

Les mantra des Upanishad n’expriment ni n’expliquent la Vérité directement, mais ils conduisent simplement en sa présence par ce qu’ils indiquent, par leurs significations secrètes, par tout ce qu’ils suggèrent. Nous avons donc toujours besoin des interprétations d’un maître pour comprendre pleinement la signification des Upanishad. Si nous nous contentons de les lire, même de nombreuses fois, toute la richesse et l’ampleur de leur sens ne nous seront pas révélées. Ces mantra sont réservés et secrets par nature.
Cela dit, pour recevoir l’enseignement, nous avons besoin aussi d’une énergie intérieure particulière. Cette énergie ne s’obtient qu’en menant une vie noble, en suivant les valeurs éthiques et saines.

Soyez bon. Faites le bien. Pratiquez régulièrement et quotidiennement votre méditation d’une demi-heure. Continuez à observer la maîtrise intelligente des sens. Puissions-nous tous, par Sa grâce, tressaillir au moins une fois de la joie que donne la Vérité de l’Upanishad !

OM TAT SAT !

SOURCE : extraits de l’introduction de Swami Chinmayananda à son commentaire sur la Kena Upanishad

topL’art du commentaire

Comme cela vient d’être dit, les Ecritures sacrées ne sont pas des textes d’accès aisé, car ils essaient d’expliquer l’Inexplicable, de décrire l’Indescriptible. C’est pourquoi le langage dans lequel les Upanishads sont composées est à la fois logique, poétique, mystique, suggestif, paradoxal et ésotérique.

Pour étudier ces textes, le commentaire de maîtres est nécessaire. En Inde, l’art du commentaire reste vivant :  tous les grands maîtres sont autorisés à donner sur les Ecritures un point de vue,  un éclairage, une interprétation, à la lumière de leur propre expérience. Ainsi, au fil des siècles, tous les grands textes de la philosophie indienne ont été commentés, et c’est ce qui garde les Ecritures vivantes.

Dans la tradition indienne, les critères donnant une autorité à un commentaire sont les suivants :

- une maîtrise totale de la langue (en l’occurrence le sanskrit),

- une connaissance profonde de la pensée et de la philosophie indienne classique (darshanas),

- et une expérience de la vérité qui seule permet une compréhension du langagescriptual, souvent paradoxal, mystique, symbolique.



 

Sélection de mantras des Upanishads top

Citations extraites des commentaires de Swami Chinmayananda

 

Mundaka Upanishad

« Lumineux, plus subtil que le plus subtil, cet Impérissable Brahman est la demeure du monde et de tout ce qui le peuple. Il est la vie, la parole, l’esprit, la Réalité, l’éternité. C’est le but à atteindre, Ô ami ! »

« Vraiment, tout ceci est l’Immortel brahman, devant, derrrière, à droite,et  à gauche, en-dessous et au-dessus. Il est partout. Ce monde entier en vérité est le suprême brahman seul. »

« Ayant pris l’arc fourni par les Upanishad – la grande arme (l’équipement suprême) – et y avoir fixé la flèche rendu acérée par la méditation constante, après l’avoir lancée avec l’esprit fixé sur le Soi, frappe la cible, l’Immortel Brahman, Ô ami ! »

« Le OM est l’arc, l’esprit est la flèche et le Soi est dit être la cible. La cible doit être atteinte par celui qui est maître de lui-même. Ce qui frappe la cible devient, comme la flèche, un avec la cible, c’est-à-dire le Brahman. »

Ishavasya Upanishad

« Tout ceci, tout ce qui se meut dans l’univers, l’univers lui-même, doit être (est) imprégné (enveloppé) par le Seigneur. (…) »

Chandogya Upanishad

« Cet Etre qui est cette essence subtile, le monde entier l’a pour Âme. Cela est la vérité. C’est l’Âtman. Cela tu es, Ô Shvetaketu. »

Amrita Bindu Upanishad

« Une fois la dépendance à l’égard des objets des sens abandonnée, quand l’esprit est stabilisé dans le Cœur, il obtient la nature du Soi et donc la suprême demeure. »
« Le mental doit être restreint jusqu’à ce qu’il se dissolve dans le Cœur. Ceci est connaissance et méditation. Le reste est logique et élaboration verbale. »

Mandukya Upanishad (karika)

« Comme un tison, quand il est animé d’un mouvement, apparaît soit droit, soit tordu, etc., de même la Conscience, quand elle entre en vibration, apparaît se diviser en observateur et observé, etc ».

« Ce monde perçu de dualité caractérisée par la relation sujet-objet est véritablement un acte de l’esprit. L’esprit (du point de vue absolu) n’est jamais en contact avec aucun objet (puisqu’il est en essence le Soi). De ce fait, il est déclaré éternel et libre. »

source : http://www.chinmayafrance.fr/03VEDANTA/textes-vedanta-upanishad.html

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LA KUNDALINI UPANISHAD

upanishads-du-yoga-jean-varenne 

L’upanishad qui porte ce nom est la réunion de trois textes très différents dont seul le premier correspond au titre de l’œuvre.

Il existe deux traductions en français, l’une de Jean Varenne (1971) et une autre de Martine Buttex, publiée dans un énorme ouvrage qui réunit 108 upanishad.  Elles étaient autrefois en ligne ; elles en le sont malheureusement plus aujourd’hui.

Il est intéressant de lire les deux traductions qui présentent des variantes.

Le but que propose cet Upanishad est d’atteindre le Samaddhi, état béatifique dans lequel Shiva (la conscience) et Shakti (l’énergie) sont unies. Shakti étant bien sûr Kundalini, ce mystérieux serpent lové à la base de la colonne vertébrale après qu’elle ait fini son travail de création et qui s’en ira à notre mort en emportant tout car les chakras disséminés le long de la colonne vertébrale seront percés les uns après les autres, le tout bien sûr en un instant fulgurant.

Ce texte donne donc les moyens de l’éveiller Avant la mort en utilisant le souffle,  pranayama, qui est la technique la plus importante. C’est par la maîtrise de la rétention que celui-ci peut faire le travail d’éveil.

Comme toujours, le texte est obscur volontairement afin que seul les initiés, les pratiquants puissent l’utiliser comme un aide mémoire plutôt que comme un guide que l’on suit à la lettre. Il y a toujours une volonté de rendre les textes flous car la transmission était, dans ces temps reculés, orale, de maître à élève  après que celui-ci ait été accepté. Le secret sur cette transmission était souvent absolu ; des textes ont toutefois été écrits mais de façon  sibylline  pour que le secret reste total.

Ce texte décrit sommairement les pratiques nécessaires à la réussite de Samaddhi ; elle rappelle les étapes préliminaires, comment raffermir Saraswati – autre nom de la Sushumna– décrit quatre types de respiration, puis  les bandhas. Puis elle parle des obstacles à la réalisation de ce programme. Elle évoque aussi la montée de Kundalini – qui vient du sanskrit Kundala qui veut dire bracelet, boucle d’oreille, à cause de ses triples boucles et demi  – dans le canal central jusqu’aux mille pétales où elle s’unit à Shiva. Tout le travail qu’on fait en yoga n’est au final qu’un travail préparatoire pour cette union (qui pour la plupart ne se réalise en fait jamais…)

 

L’essentiel du texte avec les slokas correspondants :

 

C’est le souffle qui active l’ensemble des souvenirs hérités, c’est le souffle qui peut tout changer, c’est ce qui est dit dès les deux premiers slokas et tout le travail du pranayama va être de purifier l’ensemble de ces contenus hérités pour préparer le travail suivant

1 : Les deux causes par lesquelles l’esprit fonctionne ou ne fonctionne pas sont d’une part l’ensemble des souvenirs hérités (le karma) et d’autre part l’air qu’on inhale et exhale inconsciemment.

 

2 : Si l’une de ces causes disparaît, toutes deux deviennent automatiquement inopérantes. Il faut donc veiller au «  bon fonctionnement » des deux mais surtout s’efforcer de maîtriser la respiration.

Ce travail suivant, c’est, bien avant de songer à éveiller Kundalini, d’affermir Sarasvatî, c’est-à-dire de préparer Sushumna qui est le canal central dans la structure énergétique, le long de laquelle se trouvent tous les chakras.

8 : Si l’on veut réussir cela il faut affermir la Sarasvatî par où montera l’Energie lovée et s’exercer à la tenue du souffle, l’éveil de la Shakti est à ce prix.

Les Sloka suivants décrivent le travail à faire sur les canaux latéraux Ida et Pingala  pour préparer Sushumnâ – technique de pranayama comme Nadishodana.

C’est la raison pour laquelle on met ce souffle au programme des débutants, car son apprentissage, lorsque l’on est simple pratiquant, est long et difficile. Mais sans lui, il est vain de vouloir viser autre chose. Et on laisse ce souffle longtemps au programme, tant que les canaux ida et pingala ont besoin d’être purifié. Si on pratique une fois par semaine, on le fera donc toute sa vie…

Dans l’idéal d’une recherche de samadhi, il faudrait le pratiquer trois fois trois ghatika au matin, à midi, et la nuit pendant trois mois, soit trois fois 25 minutes fois 3  par jour environ, c’est à dire pendant quatre heures environ. En plus du reste.

On obtient peu à peu la purification que promet ce souffle en le travaillant régulièrement pendant des mois

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Puis le texte dit qu’il faut déjà conduire la Shakti à l’orifice de Sushumna avant de songer à la faire monter. Et là, les techniques pour y parvenir vont être décrites.

A cela s’ajoute le travail sur la triple contraction : gorge, ventre et anus : les trois Bandhas afin que les souffles vitaux ne se dispersent pas n’importe comment

Ces souffles sont les cinq vayus, localisés dans des centres énergétiques et qui régulent différents types d’activités et d’énergie – Prana, Udana, Samana, apana, Vyana

Au Sloka 17, un point de repère est donné : l’affermissement de la Sarasvatî s’accompagne de l’audition du son intérieur ; le pratiquant sait donc que lorsqu’il entend un son intérieur en continu qui varie de puissance et peut s’effacer mais s’intensifie dès qu’il pratique, c’est que le travail d’affermissement a commencé :

17 : L’affermissement de la Sarasvatî s’accompagne toujours de l’audition du Son primordial et guérit le Yogin.

 

Pourquoi la Sushumna ? Parce que c’est la seule qui peut supporter cette montée sans que tout ne soit immédiatement détruit sur le passage de la Kundalini. Elle est faite pour ce passage, et reste vide et creuse avant.

Au Sloka suivant jusqu’au 21, sont expliqués qu’il faut combiner différents souffles entre eux dans le calice ( c’est l’endroit où s’effectue la rétention) ; commence le long et minutieux travail de rétention des souffles, dont la visée n’est pas la performance mais un travail d’alchimiste : changer la fréquence vibratoire de toute la structure énergétique, toujours dans le but de préparer Sushumna

Les souffles cités sont :

Le Bhastrika, Shitali, Ujjâyin, et Surya Bedhana peuvent être envisagés avec de longues rétentions seulement après que Sushumna soit préparée

Puis après cette description au langage caché comme toujours dans ces textes, suit des Sloka très importants :

40 : A ces modes de contrôle du souffle

 

41 : Il est bon d’associer les trois contractions musculaires de la base, du volant et du porteur des lacs.

 

42 : La contraction de la base oblige l’Apâna à inverser son mouvement, grâce à une contraction de l’anus.

Les consignes sont claires : faire des souffles ne suffit pas, si les trois contractions ne sont pas ajoutées. On les connaît, ce sont les trois  » verrous », les trois bandhas, sans lesquels il est vain de faire de yoga : mulabandha, jalandhara bandha et uddyana bandha : base, ventre, gorge.

Afin, une fois encore d’obliger les vayus à s’unifier ; sans cette pratique et cette maîtrise, éveiller Shakti est possible mais  le résultat totalement illusoire car rien ne sera ni maîtrisé ni contrôlé. Elle s’éveillera peut être mais dans le chaos et le désordre le plus total.

On comprend là aussi tout le travail à faire sur les vayus qui règlent le corps énergétique.

Vient ensuite la description de la montée de Kundalini au Sloka suivant :

43 : L’apâna au lieu de descendre, monte et atteint l’endroit où brille le feu intérieur l’amenant à grandir et à s’accroître.

 

44 : Alors, le feu ainsi attisé, uni à l’apana au cours inversé, parvient là où gît le souffle intérieur ; Il s’enflamme et embrase le corps tout entier.

45 : L’énergie-lovée, réchauffée par le feu ainsi allumé par le souffle, s’éveille et se dresse en sifflant comme un serpent qu’agace le bâton du charmeur ; elle entre alors dans la Sushumna par son orifice inférieur

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Dans les slokas suivants – 48 à 50 – des postures sont conseillés pour accompagner cette montée : la posture de la foudre, qui peut être précédée de la posture de la pince, pashimottanasana – à condition de ne pas faire monter Kundalini plus haut que le ventre, car il convient ensuite pour qu’elle continue son ascension à prendre une posture assise

On voit à quel point ces textes s’adressent à des yogis aguerris et pas à de petits apprentis sorciers

Pour le pratiquant plus modeste, ce texte donne des points de repère essentiels pour comprendre sa pratique en profondeur et donner du sens à ce qu’il fait

Puis des souffles à faire ; c’est un véritable «  mode d’emploi » mais bien évidemment incomplet (46 à 55 -

Dans les Sloka suivant,  -56 à 60 – il y a une énumération qui montre tous les obstacles à cette réalisation ;  cela va du manque de fois au manque d’énergie, de volonté, à la dispersion, à l’attachement encore à ce monde.

Les Sloka suivant (61 à 69) la montée est décrite, ainsi que le percement des trois granti : Brahma granti, (animalité) Vishnou granti (personnalité) et Rudra granti (conscience)

Là, l’ascension n’est pas finie : Shakti boit l’Amrita avant de finir sa course

73 : Libre de tout appétit sensuel, ferme en son yoga, l’adepte concentrant son attention sur cela absorbe alors cette ambroisie comme un sacrifiant boit le soma et par là s’établit à jamais dans la conscience

Puis, dernière étape pour Kundalini, atteindre le mille pétale ce que décrivent les slokas 74 et suivant

Le texte reviendra une fois encore sur cette description comme en concentré et concluera  de façon sublime puisqu’elle montre que l’homme peut échapper à sa condition de Pashu, c’est à dire faisant partie du troupeau. Le troupeau signifiant qu’il suit le mouvement, sans pouvoir rien faire pour allumer ne serait ce qu’une petite lumière pour éclairer sa vie. Il la vit dans un état de nuit totale, ligoté corps et âme par ses granthis, ses vies antérieures, ses conditionnements, son éducation, la société dans laquelle il vit, son héritage génétique, ainsi de suite, sans rien pouvoir faire du tout…

Même si un sur 100000 seulement atteint cet état, ce possible est dans chaque être humain, qui, par un travail sur ses énergies via le yoga ou tout autre outil de son choix, peut cheminer sur un chemin tout autre que celui du conditionnement et de la lente déchéance du corps vers la mort et la maladie. Chaque être humain porte en soi sa part magique et sa part divine ; il ne tient qu’à lui de l’éveiller, mais rien qu’un tout petit peu, pour donner saveur et conscience à son petit tour sur terre et se rappeler son origine divine.

74 :L’énergie lovée monte ensuite jusqu’au centre aux mille pétales, elle abandonne alors les huit éléments, l’eau, la terre, l’air, le feu, l’espace, la pensée, l’intelligence, l’ego. S’emparant de la lumière, de la pensée et du souffle, les tenant étroitement embrassés, elle atteint la conscience (Shiva) ; s’emparant enfin de Shiva lui-même, elle se dissout dans le chakra aux mille pétales !

 

75 : alors, à cet instant même, les deux principes fondamentaux de l’individu, l’activité et la lumière se dissolvent à leur tour en Shiva ; se dissolvent aussi les deux formes du souffle vital,  l’inspiration et l’expiration qui ont atteint leur point d’équilibre. Le yogi soudain  devient gigantesque cependant que s’amenuisent en lui les éléments de la personnalité ainsi que la pensée et la faculté de parler.

 

76 : Les souffles s’agitent en tous sens, comme l’or en fusion dans le creuset de l’alchimiste. Le corps grossier se mue enfin en sa forme divine.

 

77 : Débarrassé de toutes entraves, délivrées de l’état de stupeur où le maintenait sa condition captive, le corps subtil resplendit.

 

78 : Il est fait de pure conscience, il est l’essence même de la personne puisqu’il n’est autre que le Soi présent dans tous les êtres.

 

79 : C’est là, dit on, la véritable délivrance qui libère du karma et du temps, apparences pareilles à l’illusion qui fait prendre une corde pour un serpent.

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Afin de bien   comprendre cette fin de texte, il faut être familier avec la philosophie du Samkhya qui considère  l’ego, l’intelligence, la pensée comme des outils au même titre que les sens  qui sont littéralement « abandonnés » avec l’éveil de Kundalini. C’est à dire que la personnalité toute entière est anéantie, elle disparaît.

Tous ces éléments figurent au rang des tattvas.

Le texte dit aussi clairement que le Soi est dans chaque être humain, tous sans exception

Autrement dit, une part divine est en chacun des êtres vivants

87 c’est cela la vraie délivrance, par elle on échappe au karma et l’on connaît la béatitude !

 

Le mot de la fin :

Ce mode d’emploi en abrégé de l’éveil de Kundalini et que l’on peut trouver en ligne avec les commentaires de Martine Bultex ( traduit de l’anglais)  ouvre la porte sur le merveilleux

Il n’est bien sûr pas question pour l’homme ordinaire de pouvoir réaliser ce programme mais s’il peut déjà éveiller un peu la belle Kundalini endormie dans le premier cakra, il verra sa vie se transformer complètement. 

D’autres parts, ce texte qu’on peut avoir sous la main lors de ses propres pratiques, est à lire et relire jusqu’à le connaître par coeur, parce que ce sont ces textes là, précisément, qui donnent tout leur sens à une pratique personnelle : on comprend pourquoi il faut sans relâche travailler sur ida et pingala, affermir la sushumna, la chauffer, la préparer, faire les verrous, maîtriser les souffles, pourquoi pashimottanasana vient toujours dans les premières postures…

Je vous laisse méditer sur ce texte donc voici le lien: 

http://www.lesconfins.com/YogaKundaliniUpanishad.pdf

 

Ou bien vous procurer celle de Jean Varenne comme l’image ci dessus, traduite du sanskrit et non de l’anglais par lui même

source : http://www.artetyoga.fr/article-la-kundalini-upanishad-quelques-mots-d-explication-125515022.html

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LE VRAI VISAGE DE LA LOI DIVINE

Posté par spiritus le 2 octobre 2016

Contrairement à ce que beaucoup pensent, la Loi n’est pas celle que l’on croit. Tel Janus bifront a deux visages, la Loi divine cache son vrai visage.

La Loi divine est divine et non pas humaine. Elle a ses Raisons que la raison ne saurait connaître. L’existence tenue par l’homme n’est qu’une conséquence de la volonté occulte de son créateur. De ce fait, la créature ne détermine pas librement les règles auxquelles elle est soumise. Ainsi, le Gouvernement de Dieu trône inexorablement sur l’Oeuvre, par nature, tellement parfait, légitime, infaillible et équitable que ses vertus signifient Dieu lui-même.

La Création s’est manifestée suivant une volonté divine exprimée. Il en est résulté une Loi de Création qui préside à l’incarnation et à la désincarnation, faisant de l’homme une créature assujettie, conditionnelle, relative et limitée. Par conséquent, une perfection progressive nous est impartie s’inscrivant dans un Ordre Supérieur duquel on ne peut se soustraire sous peine de se détruire. Il s’en suit donc que la Vraie Justice n’est pas horizontale mais verticale.

Or, paradoxe du paradoxe, l’expression de cette Loi est plutôt singulière, particulièrement bizarre, voire extravagante, car la vie se nourrit de la mort et le négatif par justification triomphe d’abord. De ce fait, la vie des hommes est toujours grave, cruelle, tragique, pathétique mais sublime.

Pourtant, la vie est belle, mais le destin s’en écarte. La vie nous le rappelant tellement tous les jours, il semblerait tout autant, à l’écume des vies ordinaires, que la souffrance est bien au rendez-vous de la Providence.

Pour grandir, l’homme est saisi par les ressorts secrets de la Providence, où les épreuves se succèdent comme un feu salvateur, comme le creuset incontournable et nécessaire pour faire oeuvre de rédemption et de rachat. Parce que le cours des évènements subit les conséquences de nos actes, l’homme est crucifié par son propre destin dont il demeure l’auteur souverain. Parce que nos actes nous suivent, la liberté accordée reste une capacité limitée par la Loi, une liberté qui reste encore à conquérir. Par cause intrinsèque, l’homme tient de Dieu le fait d’être, et par cause intrinsèque, il est pleinement responsable de ce qu’il est.

Ainsi, la vie se charge de nous purifier et de nous faire mûrir par son cortège d’épreuves. L’axe de conscience est une machinerie incontournable avec ses jeux, ses contorsions, ses ondulations, sa danse du voile où l’épreuve est le moteur métaphysique du processus d’évolution. Le destin apparaît alors comme un outil autorégulateur de nos fautes où les épreuves de la vie, exprimées par des oppositions, sont en fait des situations qui menacent l’existence parce qu’elles nous confrontent au problème du choix et donc de la liberté. En réalité, le déterminisme est au service de la Loi revêtu du destin pour produire un désencombrement du fond par différents ajustements. C’est dans sa fonction obsessionnelle un jeu de rôle d’essence dramatique où drame et déterminisme ont la même saveur, celle du sang et des larmes. L’homme qui évolue paie ici de sa personne, la souffrance est son expiation, un régime exigé et incontournable afin qu’il enfante sa conscience et s’élève par la croix qu représente l’expérience. C’est donc dans sa chair, par les forges appliquées, qu’il gravit l’échelle du salut.

Révélant son vrai visage, la Loi n’est pas qu’angélique, la Loi est double comme Janus. Partout anges et démons exercent leur duel et leur empire pour nous ciseler crescendo jusqu’à la réintégration dans l’Unité Créatrice. En fait le déterminisme est en proie aux démons, son action est d’importuner sans relâche, d’accaparer notre conscience pour mieux nous perdre, travaillant inlassablement les créatures sur l’enclume des épreuves dans leur part de fatum quotidien, et cela, jusqu’à l’allégeance finale.

Parce que la genèse est une retombée créatrice que Dieu abandonne au hasard de la liberté, la Matière est le fruit d’une inversion créatrice. De ce fait, l’homme devait connaître l’état lucifuge des ténèbres pour retrouver la lumière et s’affranchir de son ancrage.

La Loi n’est donc pas le résultat d’une morale du moment, différente ici et là, ni béatement le fruit d’une petite religion confortable et rassurante. A l’image de la Loi de Création dont tout procède, la Loi demeure un principe essentiel, unique et constant, s’imposant comme archétype du vivant, AOR AGNI, dans la Lumière de l’Agneau.

La Proposition est un beau jeu, noble et dangereux, où le destin est de se révéler individuellement au moyen de l’incarnation, de maîtriser la dualité en tout parce que des Noces surgissent la lumière et la conscience, en fait, de se rédempter soi-même.

Parce qu’il y avait enjeu sous la forme, les périls rencontrés justifient le principe de sélection par la loi de dualité qui conduit les uns à la victoire, à une personnification entre Dieu et Enfer, les autres, à la dissolution. Le destin de l’homme n’est pas une souffrance absurde, c’est un combat.

Au nom de la Loi tout est permis pour celui qui nous fait danser. Son vouloir n’est pas une mièvrerie mais bien une terrible croix, qu’il faut assumer et qui contraint pour nous faire participer à l’Extase.

« Le scandale de la croix est la clef du mystère de la souffrance

dont le défi est inséparable de l’histoire de l’homme » (Jean-Paul II)

Korrigan

A SUIVRE..

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PAROLES D’ISLAM

Posté par spiritus le 26 mars 2016

L’insondable faiblesse de l’homme laisse place aux désirs commandés par sa propre nature, l’inévitable solution est donc le combat moral aux passions.

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Prie pour le bien de celui qui a été injuste envers toi, car celui-ci t’a préparé du bien pour ta vie future: si tu pouvais voir ce qu’il en est réellement, tu te rendrais compte que l’injuste t’a fait vraiment du bien pour la vie future. Alors, la récompense du bienfait ne doit être que le bienfait (cf. Coran 55, 60) (prie donc pour le bien de celui qui t’a réservé un bien); du reste, le bienfait dans la vie future est permanent. Ne perds pas de vue cet aspect des choses, et ne sois pas trompé par le fait des dommages qui te résultent ici-bas par l’injustice dont tu es l’objet: il faut considérer cet inconvénient comme le médicament désagréable que doit absorber le malade parce que celui-ci sait quelle utilité il en tirera finalement. L’injuste joue un rôle équivalent: prie donc pour qu’il ait tout bien !

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Il est prairie pour les gazelles, couvent pour les moines,
Temple pour les idoles, Mecque pour les pèlerins,
Tablettes de la Torah et livre du Coran.
Je suis la religion de l’amour, partout où se dirigent ses montures,
L’amour est ma religion et ma foi.

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Tandis que l’ascète se plaît à renoncer au monde, et que celui qui se confie à Dieu repose entièrement sur son Seigneur, et tandis que le désirant recherche les chants spirituels et l’enthousiasme annihilant, et que l’adorateur est tout à sa dévotion et à son effort, enfin tandis que le sage connaisseur exerce sa force d’esprit et se concentre sur le but,- ceux qui sont investis de l’Autorité et possèdent la Science restent cachés dans l’invisible et ne les connaît ni « connaisseur », ni « désirant », ni « adorateur », comme ne les perçoit ni « confié à Dieu », ni « ascète »! L’ascète renonce au monde pour en obtenir le prix, le confiant se remet à son Seigneur pour atteindre son dessein, le désirant recherche l’enthousiasme pour abolir le chagrin, l’adorateur fait du zèle dans l’espoir d’accéder à la « proximité », le connaisseur sage vise par sa force d’esprit l’ »arrivée », mais la Vérité ne se dévoile qu’à celui qui efface sa propre trace et perd jusqu’à son nom!

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L’homme supérieur est celui qui se fuit soi-même pour obtenir la compagnie de son Seigneur.

La solitude procure la « connaissance du Monde ».

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Celui dont la langue se tait, même si son cœur ne se tait pas, allège son fardeau; celui dont la langue et le cœur se taisent tous les deux, purifie son « centre secret » (sirr) et son Seigneur s’y révèle; celui dont le cœur se tait, mais dont la bouche parle, prononce les paroles de la Sagesse; mais celui dont ni la langue ni le cœur ne se taisent est objet de Satan et soumis à sa domination. [...]

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Le silence de la langue est un des traits ordinaires de tous les hommes spirituels et de tous les maîtres de la voie.

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Le silence produit la « connaissance d’Allah ».

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La Réalité Divine Essentielle est trop élevée pour être contemplée par l’ »oeil » qui doit contempler, tant que subsiste une trace de la condition de créature dans l’ »oeil » du contemplant. Mais lorsque « s’éteint ce qui n’a pas été » – et qui est périssant – « et reste ce qui n’a jamais cessé d’être » – ce qui est (par nature) permanent- alors se lève le Soleil de la preuve décisive pour la Vision par soi.

Ibn’Arabi

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Celui qui sait qu’il ne possède ni l’être ni l’agir, celui-là se retrouve dans cet état originel d’agrément et d’amour divin.

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Dieu m’a ravi à mon « moi » [illusoire] et m’a rapproché de mon « moi » [réel] et la disparition de la terre a entraîné celle du ciel. Le tout et la partie se sont confondus. La verticale et l’horizontale se sont anéanties. [...]. Le voyage a atteint son terme et ce qui est autre que Lui a cessé d’exister. Toute attribution, tout aspect, toute relation étant abolis, l’état originel est rétabli.

Abd El Kader

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Il n’appartient pas à l’intellect de connaître Dieu

Abu Bakr al Sabbak

 

 

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PERFECTIBILITE

Posté par spiritus le 22 mars 2016

Les autres font des fautes,

Observez les vôtres.

 

 

Certaines personnes ont l’habitude de blâmer les autres. Peut-être avons-nous tous cette faiblesse. La liste des boucs émissaires de nos malheurs est ingénieuse et infinie. Les parents, la collectivité, les professeurs, le gouvernement et même les démons et les dieux, tous sont invoqués quand nous avons des problèmes.

Si les difficultés viennent vraiment de l’extérieur, blâmer n’est pas une solution; l’attitude adéquate est évidente : neutralisez ces influences.

Si le problème vient de vous-même, la solution ne peut venir que de vous. Avant d’accuser les amis, les connaissances ou les professeurs pour leurs mauvaises habitudes et leur étroitesse d’esprit, ayez présent à l’esprit que personne n’est à blâmer sinon vous-même.

C’est une erreur similaire que de perdre l’estime de soi simplement parce que vous avez quelques défauts. Voir vos faiblesses et entreprendre une démarche pour les éliminer est une attitude sans passion. Vous n’êtes pas indigne parce que vous essayez de vous élever au-dessus de vos imperfections. Cette épithète n’est applicable qu’à ceux qui n’entreprennent jamais de se corriger.

Nous avons tous un bon fond, un moi particulier à l’intérieur. Cette pureté est parfaite et sacrée; en conséquence, aucun de nous n’est pire qu’un autre.

Nous sommes tous sur cette planète simplement pour retourner à ce moi inaltérable. Lorsque nous rejoignons cet esprit, il n’y a pas de défaut ni de blâme.

 

DENG MING DAO

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QU’EST CE QUE L’ALCHIMIE ?

Posté par spiritus le 14 mars 2016

I. – De Quelques Méprises

Pour le commun des mortels, comme sans doute pour certains alchimistes (ou se croyant tels), l’alchimie est essentiellement « l’art de faire de l’or ». L’unique différence entre ceux-ci et ceux-là, c’est que les premiers tiennent un tel art pour chimérique alors que les seconds en affirment la réalité.

Quant aux profanes «éclairés», voire aux gens de science, leur appréciation est plus nuancée. S’ils supposent, en général, que la chimie a fait prompte et roide justice des recettes bizarres ou fallacieuses dont foisonnent les élucubrations des adeptes, ils concèdent, en revanche, que les théories scientifiques les plus récentes recoupent sur bien des points les idées des hermétistes (leurs « rêveries », disait-on encore aux jours, pas si lointains, de la chimie lavoisienne). Les conceptions d’aujourd’hui sur l’unité de la matière, sur l’inanité de la notion de corps « simples », sur la possibilité d’en opérer la transmutation, sur l’analogie universelle (l’atome, disent les savants, est un petit système solaire), etc., sont un involontaire hommage rendu aux hermétistes qui, de tous temps, n’ont jamais dit autre chose.

Peut-être, avant de condamner en bloc des opérations et manipulations apparemment défectueuses, les savants en place feraient-ils bien de se demander comment ces fols d’alchimistes ont pu tirer des principes aussi justes d’expériences aussi fallacieuses, alors que la chimie, depuis Scheele et Lavoisier, partant d’expériences rigoureuses, a dû brûler plus d’une fois ce qu’elle adorait la veille ? Inutile d’entamer ici des controverses superflues.  Au surplus, l’alchimie – vraie – n’a nul besoin d’aller quémander quelque justification que ce soit chez les tenants de la moderne physicochimie.

Bien au contraire ! Car c’est peut-être pour avoir succombé à cette manie d’approbativité, pour avoir cédé au chimérique espoir de convertir quelques profanes aux convictions des fils d’Hermès que, de concessions en abandons, la plupart des hermétistes ont fini par se cantonner au seul domaine de la transmutation métallique, surtout depuis deux ou trois siècles – du moins dans leurs écrits publics. Et l’impression que l’alchimie n’est rien de plus qu’une sorte de mauvaise chimie, compliquée d’idées biscornues et de prétentions extravagantes, est bien celle que doit éprouver le profane en les lisant sans préparation.

Or, ce qui devait arriver arriva. Quelques chimistes, séduits par la largeur des vues philosophiques des disciples d’Hermès et impressionnés par leur unanimité doctrinale, ont cru de bonne foi qu’il suffirait de « rajeunir » une terminologie désuète, de transposer en termes de chimie moderne des manipulations décrites à demi-mot et de faire abstraction de la partie « mystique » de la doctrine pour réconcilier les inconciliables. Mais leurs efforts, en porte-à-faux, n’aboutirent qu’à créer un monstre hybride, baptisé « hyperchimie » et dont – à juste titre – ni chimistes ni alchimistes ne se soucièrent d’endosser la paternité, nul n’y reconnaissant plus les siens !  Les hyperchimistes, dont François Jollivet-Castelot fut le type le plus représentatif (1), restèrent à une ou deux exceptions près (Delobel, par exemple) des « souffleurs » patients et tenaces autant que mal inspirés et malchanceux.     Précédent à méditer…

II. – La vivante Alchimie

Certes, la transmutation des métaux par voie alchimique est – toute théorie mise de côté – un fait sur lequel il est difficile d’ergoter. Et le seul livre du très officiel Louis Figuier, L’Alchimie et les Alchimistes, mentionne deux ou trois exemples de transmutations par projection (dont celle du savant Van Helmont, adversaire déclaré de l’Alchimie, offre toutes les circonstances de contrôle et d’impartialité souhaitables), dont une seule suffirait à prouver la réalité de l’art transmutatoire et l’avance considérable prise par les hermétistes sur MM. les physico-chimistes, nonobstant leur manque de fours électriques et de cyclotrons.

Mais la partie n’est pas le tout et si l’Alchimie n’était qu’une sorte de chimie transcendante ou de métallurgie secrète, nous ne pourrions l’estimer au point de rompre une lance en sa faveur.

Si l’or et les passions qu’il suscite, l’or et les maux qu’il provoque, l’or et les crimes qui lui font cortège avait été l’unique ou le principal but poursuivi par les alchimistes, si son éclat fascinateur avait été l’unique lumière de leur âme, nous ne pourrions que les plaindre et tenir à bon droit pour folie leur prétendue sagesse.
Mais en est-il vraiment ainsi ?

Si nous lisons de véritables initiés à la science d’Hermès, tels que Khunrath, Jacob Böhme, d’Eckhartshausen, Grillot de Givry ou l’admirable auteur de l’Hortulus Sacer, nous finissons par nous apercevoir que tout en discourant aussi de l’Œuvre métallique, ils parlent surtout d’autre chose.

Qu’est-ce à dire ?

Exposons le comme nous l’avons compris, sans prétendre avoir tout compris.

L’Alchimie vraie, l’Alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l’homme et dans la nature et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique (2) a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa splendeur, sa plénitude et ses prérogatives primordiales : Ce qui, dans l’homme moral s’appelle rédemption ou régénération (3) ; réincrudation dans l’homme physique ; purification et perfection dans la nature, enfin, dans le règne minéral proprement dit : quintessenciation et transmutation.

Son domaine embrasse donc tout le créé (4) et, pour l’humanité militante, toute la portion du créé qu’elle a entraînée avec elle dans sa déchéance et qui doit ressusciter avec elle et par elle, telle qu’elle fut avant la Transgression.

Quoique son domaine le plus central soit le plan spirituel, l’Alchimie connaît cent applications plus ou moins contingentes, à tous les degrés et sous tous les aspects de la vie.

Il existe donc une alchimie intellectuelle, une Alchimie morale, une sociale, une physiologique, une astrale, une animale, une végétale, une minérale, et bien d’autres encore. Mais l’Alchimie spirituelle demeure le modèle, la clé et la raison des autres. Et, conformément à l’énoncé d’Hermès dans la fameuse Table d’Émeraude, la connaissance d’une quelconque de ces adaptations (5) découvre implicitement celle de toutes les autres. L’univers est un et cette unité est le sceau de la Vérité.

Or le suprême Grand-Œuvre, le seul qui se puisse appeler sans outrance « la Voie de l’Absolu », c’est la réintégration de l’homme dans sa dignité primordiale (6) selon un processus rarement réalisé ici-bas (mais non irréalisable), processus que les anciens appelaient, croyons-nous, « l’Œuvre du Phénix » et qu’on peut lire, ici et là, entre les lignes de certains passages de la Bible, des Évangiles, de l’Apocalypse et de quelques ouvrages, rosicruciens ou autres, dont plus d’un ne semble pas traiter, à première vue, de ce qu’on entend vulgairement par « alchimie ».

Et cet Œuvre-là n’est ni du goût, ni dans les cordes des amateurs de « petits particuliers », des collectionneurs de recettes bonnes seulement à torturer inutilement les métaux, des fabricants d’homuncules, des distillateurs d’herbes, de sang, de moelle ou de sperme, ni de ceux qui ne rêvent de longévité corporelle que dans l’espoir misérable de rééditer les folies et les désordres d’une jeunesse tumultueuse !

Il est même, assez probablement, hors de la portée de plus d’un adepte admiré comme tel pour sa réussite, réelle ou supposée, dans le domaine de l’Alchimie métallique.
Car cette science (à tous les degrés de sa réalisation, y inclus la Pierre transmutatoire) est science de vie, science vive, science vivante à jamais – et science des Vivants (7). Et seuls les « Vivants » peuvent la pratiquer intégralement sans mensonge et sans dommage (8).

Telle est l’origine des malheurs qui ont émaillé, et parfois clos, l’existence de pas mal de faiseurs d’or qui n’étaient, hélas, rien de plus que des « faiseurs d’or » – sans parler de ceux qui ne furent que des « voleurs d’or » (9).

Il n’y a que celui qui a régénéré, avec l’assistance d’En-Haut, ses propres métaux microcosmiques et les a dépouillés de la lèpre des sept péchés qui peut de plein droit, de droit divin, régénérer à son gré les métaux physiques. Celui-là n’agit qu’à bon escient, dans la Lumière du Verbe (10).

Les autres – qui n’en sont pas là – ou bien font du Grand-Œuvre une simple opération magique (car l’on peut réaliser des transmutations apparentes par voie magique, mais ceci n’a rien à voir avec l’Alchimie) ou bien ont vu leurs efforts, leurs souffrances, leurs travaux, leur persévérance et leur charité couronnés d’or – physique – par la bonté du Ciel toujours indulgent envers les débutants de bon vouloir ; ou bien encore ont eu pour toute sagesse l’art d’écouter aux portes et d’espionner par le trou des serrures (11). Ceux-là, s’il en est qui aient réussi, se sont forgé avec leur or maudit une chaîne plus lourde que celle de bien des criminels de droit commun.

Il a été fait mention, quelques lignes plus haut, d’une catégorie de chercheurs, parfois heureux, qui représentent, pensons-nous, l’honnête moyenne des hermétistes. Ceux-là en sont, intérieurement, aux préliminaires de l’Œuvre du Phénix. Le Ciel (eu égard á leur bonne volonté et aux difficultés du début de la Voie) les inspire soit directement par une révélation intérieure, soit indirectement en les orientant vers un véritable Maître, leur permet d’accéder aux connaissances adéquates à telle partie de la science et met à leur portée les moyens de réalisation. Ceux-là ont aussi mandat d’agir, mais dans certaines limites et sous certaines conditions (dont le désintéressement, la patience dans les épreuves, la charité et l’humilité sont le plus universellement requises).

Mais ce droit est une grâce spéciale, par laquelle le Ciel escompte leur bonne volonté et fait crédit à leurs mérites.

III. – De l’Œuvre mystique et de l’Œuvre physique

En résumé, l’homme régénéré est la pierre philosophale de la nature déchue, de même que l’homme non régénéré est la materia bruta de ce Grand-Œuvre dont le Verbe divin est l’Alchimiste et l’Esprit Saint le feu secret : il y a deux Voies dans l’Œuvre, mais il n’y a qu’un Agent : l’Amour ! Et tous les vrais hermétistes chrétiens (12) – non les souffleurs – sont unanimes sur ce point (13) comme sur celui de la subordination de l’Œuvre physique à l’Œuvre mystique (14).

Quant à l’homme « physique », son Grand-Œuvre est sa transformation en « corps glorieux », en corps régénéré et incorruptible(15). Et cette transformation (d’une absolue rareté) n’est possible que parce qu’il n’en diffère que du fait de cet accident, de cet obscurcissement que la tradition chrétienne nomme la Chute. Le corps glorieux, c’est le corps de l’homme tel qu’il était avant la Chute (et ceci touche à un des aspects de la « résurrection de la chair ») ; le corps physique, c’est le corps glorieux tel que l’a transformé la Chute, rendu corruptible par les impuretés hétérogènes de tous les lieux traversés par lui lors de sa descente ici-bas (impuretés dont la racine est le « gluten » ou matière du péché dont parle à diverses reprises ce véritable alchimiste que fut d’Eckhartshausen).

Comme dans l’interne des métaux, il y a dans l’interne de l’homme une certaine « terre vierge », que les Aphorismes Basiliens nomment avec Paracelse le « limbe du grand et du petit monde » et que doit dégager des « immondices de la terre » et revivifier un « esprit tant du grand que du petit monde », pour suivre la même terminologie. Comme le dit Jacob (Révélation alchimique) : « La fin du grand œuvre est (pour l’adepte) de se débarrasser quand il voudra de la chair corruptible sans passer par la mort ».

Et St Paul ne nous dit-il pas que ce qui est semé corruptible est fait pour renaître incorruptible ? Non pour être « détruit » mais pour être « transfiguré ». Et ceci vaut universellement.

Le Grand-Œuvre physique et le Grand-Œuvre mystique sont analogues mais point identiques. Avoir réalisé le dernier c’est pouvoir réaliser souverainement le premier ; avoir réalisé le premier, c’est savoir quel chemin peut conduire à la réalisation du dernier mais ce n’est pas forcément avoir parcouru ce chemin. La nuance est de première importance.

IV. – Méthode Alchimique et Méthodes Profanes

Puisque nous parlons du Grand-Œuvre, profitons-en pour revenir sur un point capital, déjà effleuré, c’est-à-dire sur l’abîme qui le sépare des essais de transmutation par voie physico-chimique, essais auxquels la dissociation atomique donne un regain d’actualité.

Tout d’abord, remarquons à quels frais, avec quel gaspillage d’énergie, dans quels laboratoires titanesques (que nulle fortune privée ne pourrait s’offrir le luxe de financer) opèrent, en rangs serrés, nos modernes Faust. Cela pour aboutir d’ailleurs à des « transmutations » de l’ordre de un dix-millionième de gramme.

C’est la montagne qui enfante d’une souris !…

En regard, le Grand-Œuvre physique ne nécessite que quelques corps assez répandus, un peu de charbon, deux ou trois vases très simples, aucune des sources d’énergie que consomme, en véritable ogresse, la science actuelle et peut être accompli en entier par un seul homme avec patience et longueur de temps. Ceci pour obtenir des transmutations éventuellement massives.

Autre chose. La science d’aujourd’hui, dans sa furie de disséquer la matière aboutit, somme toute, à faire exploser l’atome en le désintégrant brutalement. Cet aboutissement lui interdit évidemment tout nouveau pas en avant dans la connaissance des choses, du moins par cette voie. Pour faire une comparaison grossière et regrettablement irrévérencieuse, nous ne voyons pas une bien fondamentale différence entre le geste du savant qui met l’atome en charpie afin de le mieux connaître et le geste de l’enfant qui brise un jouet mécanique dans le naïf espoir de « savoir ce qu’il a dans le ventre », comme on dit ! Seulement, le premier jeu s’avère infiniment plus dangereux que le second..

Et, en dépit d’une terminologie barbare qui s’allonge tous les jours, où les ions, les électrons, les protons, les neutrons, les deutons et autres ingrédients de la cuisine nucléaire jouent un rôle impressionnant, la matière demeure « terre inconnue ».

Comme si l’on pouvait, d’ailleurs, expliquer la matière par la matière ? …

Aussi, le bombardement atomique n’a pas fait exploser que l’atome. Il a mis en pièces du même coup tout l’édifice scientifique moderne. Et c’est au seuil de nos super-laboratoires qu’on pourrait graver la phrase fameuse : « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance ? »

Et ceux qui y entrent – les « initiés » tout au moins – ont en effet peu d’illusions quant à la valeur philosophique et métaphysique (16) de leurs recherches. Et sans doute également quant à leur contribution au bonheur de l’humanité…

Puisque nous parlons de désintégration atomique, rappelons un petit fait qui pourrait nous rendre enclins à quelque modestie.

Lors de certaines expériences métapsychiques on a vu des objets matériels – une bague en or, par exemple – dématérialisés sous les yeux des spectateurs, sans bruit ni explosion gigantesque, ni cyclotron. Puis on les a vus se rematérialiser quelques minutes plus tard, sans altération de poids, de substance ou de forme.

C’est que, dans la désintégration de la chimie nucléaire, les seuls éléments mis en œuvre sont des forces physiques, matérielles, et des agrégats de matière physique. Le résultat ne peut donc être qu’un changement d’équilibre matériel entre les dits éléments, quel que soit le degré de subtilité qu’on accorde à certains d’entre eux. Il ne s’agit toujours que de la matière en action sur de la matière, sous cette même modalité qui constitue la forme du monde où nous passons en tant que matériellement vivants. La vie et la matière, en tant que revêtues d’autres états – parfaitement inaccessibles aux investigations de la physico-chimie moderne – interviennent dans la désintégration métapsychique ci-dessus relatée, comme dans tout travail hermétique normal.

Non, cent fois non, la voie royale de l’hermétisme ne passe pas et ne passera jamais par les laboratoires de la science officielle, luciférienne dans ses principes et dans son inspiration, comme aussi dans ses résultats humains.

Et la possession de cette science extérieure, n’est pas faite pour favoriser l’accès du sanctuaire alchimique, au contraire. Notre ami regretté Auriger (qui joignait à ses connaissances hermétiques celles de l’ingénieur-chimiste et était donc bien placé pour juger) nous écrivait peu avant sa mort : « L’Alchimie est évidemment sœur de la mystique, il suffit de lire Jacob Böhme pour s’en convaincre, et c’est dans ce sens que j’ai répondu ces jours-ci à votre ami N.., qui m’avait écrit. Il s’excusait presque d’ignorer la chimie ; c’est au contraire un atout dans son jeu et il ne risquera pas d’avoir l’esprit faussé par les théories modernes sur la constitution de la matière. La chimie, telle que nous la concevons à l’époque actuelle, peut sans doute jouer un rôle utile en biologie et parfois en thérapeutique, mais quant au reste je lui dénie tout intérêt. Son rôle pendant l’accomplissement du Grand-Œuvre ne vaut guère plus que celui de la chaisière pendant le Saint Sacrifice de la Messe ! Je crois que sa connaissance constitue plutôt un obstacle à la perception claire des buts et des méthodes de l’alchimie. »     Tout commentaire affaiblirait la portée de cette opinion particulièrement autorisée.

V. – Simples aperçus sur le Grand Œuvre

En résumé, dans l’œuvre métallique, l’artiste utilise comme agent – et c’est par là qu’il se différencie le plus profondément du chimiste – une énergie vivante et universelle qu’il n’est pas utile de préciser pour l’instant. Comme substrat, il se sert d’une substance purifiée, ranimée par cette énergie universelle et portée progressivement par lui au degré requis pour opérer la transmutation ou réincruder le composé humain.

Dans l’Œuvre spirituel, même processus : purification, simplification, descente de l’Esprit (non plus universel ou cosmique mais divin). Ce qui constitue le véritable et définitif « baptême de feu » dont parlait St Jean-Baptiste et que le Verbe de Dieu peut seul conférer.

Non seulement la description de l’œuvre physique s’adapte strictement aux phases de l’Œuvre spirituel, mais il est possible de tirer d’une description de l’Œuvre spirituel une adaptation parfaite à l’œuvre physique (pourvu qu’on ait de l’un ou de l’autre un peu plus qu’une connaissance simplement livresque et superficielle).

La première partie de l’Apocalypse de Jean s’adresse « aux Sept Églises qui sont en Asie » et promettent au « vainqueur », entre autres récompenses, « les fruits de l’Arbre de Vie », « la Manne cachée et le caillou blanc où est écrit un nom nouveau », « l’Etoile du Matin », etc., autant de symboles voilant des réalités qui, pour être « spirituelles » n’en sont pas moins précises et fort peu nuageuses.

Or, fait digne de méditation, tout ceci a ses palpables correspondances dans l’Alchimie élémentaire, où l’œuvrant s’adresse « aux sept métaux qui sont en la terre » et où le « vainqueur du dragon » doit aussi trouver successivement l’arbre de vie (qui pourrait être le Mercure des Sages), la manne cachée, l’étoile du matin, et ainsi de suite.

Ceux qui sont familiarisés avec l’hermétisme comprendront parfaitement ce dont il s’agit et nous sauront gré d’en remettre l’interprétation à des temps meilleurs.
Quant aux autres, nous ne leur conseillons nullement de se livrer aux difficiles travaux de l’Œuvre, s’ils ne se sentent intérieurement appelés. C’est ici le lieu de citer l’avertissement qui clôt la lettre d’invitation aux Noces chimiques, de Valentin Andreae :

Examine-toi toi-même.
Si tu ne t’es pas purifié assidûment
Les Noces te feront dommage.
Malheur á qui s’attarde là-bas.
Que celui qui est trop léger s’abstienne.

Avertissement qui rappelle, non fortuitement, l’épisode évangélique du convive qui n’avait pas revêtu son habit de noces et qui est rejeté « dans les ténèbres extérieures où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (17) (Matthieu XXII).

Tout ce qui peut être dit sur la partie matérielle de l’Œuvre l’a été par les vrais adeptes, aussi complètement que possible. Ils ont seulement réservé ou décrit par énigmes lés travaux préparatoires, leur feu vivant et le nom de la matière brute d’où proviendra la pierre des philosophes. Ceux qui se sentent l’inspiration de travailler dans cette voie doivent s’adresser à eux et non à nous. Il nous suffira de leur donner quelques conseils très simples ou plutôt de les leur rappeler :

1° La vie minérale n’est pas une figure de rhétorique ; le minéral a sa fleur, son fruit, son temps de maturité.

2° Les opérations alchimiques sont – matériellement – simples. Parfois d’autant plus simples que leur description se fait plus compliquée.

3° Les conditions de temps et de température jouent un rôle capital. Comme les « vitamines » des aliments, les ferments métalliques se détruisent si la température dépasse le régime de cuisson requis.

4° Que l’inquisiteur de science se défie des petites recettes, qui traînent dans tant de bouquins : la Voie de l’Universel est universelle. Ce n’est pas que de telles recettes soient sans enseignement, mais elles ne valent que rapportées à la recherche de la voie, comme sujets de réflexions sur la marche de la nature et le sens de ses opérations.

5° Comme le dit Jacob, l’artiste doit préparer lui-même ses instruments de travail et purifier lui-même – précautionneusement – ses matières.

6° Une seule matière est la vraie matière. Une autre cependant est matière adjuvante. C’est là le nœud d’un problème délicat à résoudre et impossible à éluder.

7° L’alchimiste n’est pas un magiste. Et le feu qu’il emploie pour son œuvre n’est pas, malgré l’opinion de certains modernes, son propre « astral ». C’est cependant un feu « astral » si on l’envisage à un certain point de vue. Rien d’alchimique ne se fait sans lui, rien de chimique ne se fait avec lui. Connaître ce feu est aussi nécessaire avant de rien entreprendre que connaître ou soupçonner quelle est la matière.

8° Ne pas s’hypnotiser sur des questions de terminologie. Sous les étiquettes des termes de l’art se cachent des réalités fixes. Si certains ont changé les étiquettes, les réalités qu’ils désignent sont toujours semblables à elles-mêmes et c’est leur connaissance qui importe. Dans sa Révélation alchimique, concise mais assez explicite, Jacob dit (§§ 15 et Ì6) : « Toutes choses ont trois principes : le soufre, le sel, le mercure des sages. Tous trois forment l’Azoth vivant qui est le quatrième principe. Ces trois principes sont extraits de la matière première par l’Azoth des Sages. Cet Azoth est attiré des cieux par la glaise rouge, appelée Adama, là où la rosée est neutralisée par les vapeurs souterraines. » C’est un bel exemple de piège terminologique ! Éventer ce piège porte en soi sa précieuse récompense.

9° Il y a deux voies : la voie sèche ou voie abrégée, et la voie humide. La plus longue n’est pas moins riche en enseignements que la plus courte. La plupart des auteurs les mélangent assez inextricablement.

10° Dans la véritable Alchimie des Rose-Croix, un axiome doit être médité soigneusement : « Le grand Arcane est un esprit céleste descendant du soleil, de la lune et des étoiles, qui est rendu parfait dans l’objet saturnin par une cuisson continuelle jusqu’à ce qu’il ait atteint le degré de sublimation et la puissance nécessaire pour transformer les métaux vils en or. Cette opération s’accomplit au moyen du feu hermétique. La séparation du subtil et du grossier doit se faire avec soin, en ajoutant continuellement de l’eau ; car plus les matériaux sont terrestres, plus ils doivent être dilués pour être rendus mobiles. Continuez ce procédé jusqu’à ce que l’âme séparée soit réunie de nouveau au corps. »

Tout le processus est donc de séparer et de rassembler : corporiser l’esprit et spiritualiser le corps, ce, l’un par l’autre. Et l’Alchimie spirituelle procède de la même méthode. C’est pourquoi Jésus nous dit d’élever notre âme vers Dieu par la prière et de la réincorporer derechef par l’exercice de la charité, afin que nous devenions « un », comme il est « un » avec le Père.

11° La théorie précède la pratique et l’accompagne. La pratique ne supplée point à la théorie mais la démontre ou la condamne. Qui pratique sans une connaissance suffisante des principes et des méthodes risque fort de mourir dans la peau d’un souffleur. L’analyse spagyrique des métaux – comme par exemple la donne Roger Bacon – les notions essentielles de soufre, de sel, de mercure, de feu, et ainsi de suite doivent être étudiées et méditées avec assiduité, jusqu’à compréhension suffisante, avant tout travail vraiment utile.

12° Observez la nature !… Conseil souvent donné et rarement suivi. De même que celui-ci qui lui est analogue : L’art doit commencer son œuvre au point où la nature laisse la sienne. IÌ faut donc ouvrir ses yeux et regarder autour de soi. La terre enseigne quelque chose. La voûte étoilée aussi… Quel bon alchimiste pourrait faire un jardinier intelligent et pieux !

13° Les herbiers n’apprennent rien. Les métaux morts non plus. Une mine, fut-elle abandonnée, vaut dix laboratoires ; une promenade en forêt est parfois plus profitable à l’intellect et à l’âme que dix salles de musée. Il y a aussi une Alchimie esthétique : comment un beau clair de lune, une aurore roséeuse profitent à l’esprit et au cerveau sont un grave sujet de méditation !

14° L’œuvre métallique et les préparations spagyriques ont quelque analogie dans certaines opérations (en particulier dans le processus de la voie humide). Il y a toutefois des différences irréductibles entre ces deux sortes de travaux. Celui qui s’exerce à comprendre et à manipuler spagyriquement, comme préface ou préparation à ses travaux sur les métaux n’a pas tort, mais à la condition de se souvenir que tirer la quintessence d’un mixte est chose différente de tirer l’Elixir de la matière. C’est tout au plus une moitié de l’Œuvre.

15° Evitez-vous des complications superflues et des dangers possibles en laissant au mercure vulgaire son emploi le plus utile, qui est, sans conteste, de remplir la boule des thermomètres.

16° Travailler sur le vrai sujet et de la juste façon entraîne à un certain moment des dangers signalés, plus ou moins ouvertement, par les auteurs sérieux. Sachez que les connaissances les plus étendues en chimie ordinaire ne vous permettent pas de les prévoir et d’y parer. Fiez-vous plutôt à l’aide et à l’inspiration du Ciel : Orare et Laborare !

17° Etudiez les vieux auteurs et n’acceptez pas sans réserve les propos des spagyristes des dix-septième et dix-huitième siècles. Lisez et relisez sans découragement et avec simplicité. N’étudiez pas un hermétiste médiéval avec une mentalité de scientiste du vingtième siècle. Souvenez-vous parfois qu’on peut être d’autant plus hyperbolique qu’on serre de plus prés la réalité opératoire.

18° Négligez les fantaisies des occultistes modernes : Ni « l’électricité magnétisée» d’Eliphas Lévi, ni la « pile électrique» de Stanislas de Guaita, ni la « Volonté du Mage » de Jollivet-Castelot première manière, ne provoqueront jamais la moindre transmutation alchimique.

19° Les grandes époques de foi – et d’art – furent les époques bénies de l’Alchimie. Les époques de scepticisme marquèrent son déclin. Être alchimiste, c’est avoir la foi !

20° La Voie est étroite qui mène à la Vie ; étroite et pierreuse. Les chemins spacieux et faciles ne manquent pas pour ceux qui craignent de se blesser les pieds ou qui rêvent de faire fortune rapidement !… Le corps a faim de repos ; l’âme a soif d’épreuves. Nul n’a jamais cueilli la « rose des neiges » sans se blesser d’abord à ses épines. Comme les débuts de l’œuvre physique, les débuts de l’Œuvre spirituel sont « travaux d’Hercule », mais, comme son Mercure, l’alchimiste acquiert des forces en marchant.

21° Qui veut la Lumière, doit la demander d’abord à Dieu, le Père des Lumières. Qui veut parcourir la voie doit suivre Celui qui est La Voie. Vivre selon la vérité qu’on connaît, c’est faire descendre en soi un peu de la vérité qu’on ignore.

22° Que l’Esprit divin s’incarne dans les doubles eaux pour les glorifier, voilà tout le programme de l’Œuvre : Ignis et Azoth tibi sufficiunt, disent les Adeptes. Trouve d’abord en toi cette eau, dégage-la des superfluités et des ténèbres infernales, c’est là le travail préparatoire du véritable Grand-Œuvre. Quand cette purification qui t’incombe sera terminée, l’Esprit descendra. Mais ceci ne t’incombe pas. C’est Dieu qui choisira son heure. Tel est le vrai Grand-Œuvre, par lequel ton nom sera écrit dans le Livre de Vie. L’autre, le Grand-Œuvre physique, te sera donné par surcroît.

Les quelques remarques qui précèdent pourront, croyons-nous, rendre de menus services à ceux qui se croiraient « appelés ». Il ne dépend que de Dieu et d’eux qu’ils soient un jour « élus ». Nous n’avons pas voulu faire de ces quelques pages un « cours d’Hermétisme ».

Nous espérons avoir montré ce qu’est l’Alchimie véritable, dégagée de ses contrefaçons.

Au lecteur de juger si nous n’avons pas été trop présomptueux.

Par André Savoret, 1947.

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RELIGION OU SPIRITUALITE ?

Posté par spiritus le 9 décembre 2015

L’essence du Tao ne peut être enseignée.

Elle est latente et ne peut être connue par l’étude

 

Pourquoi les religions déclinent-elles et s’éteignent-elles ? Parce qu’elles sont des oeuvres humaines. La religion et la spiritualité ne sont pas synonymes. La religion est une création des peuples et des cultures. La spiritualité est la relation directe avec le Tao. Les religions dégénèrent en conventions, rituels et corruption. Elles sont imparfaites. Lorsque leurs créateurs disparaissent, mêmes les mots les plus sacrés perdent graduellement de leur pouvoir.

En substance, nos problèmes spirituels ne diffèrent pas de nos ancêtres et les vérités d’aujourd’hui essayent encore de se charger de la même spiritualité qu’auparavant. Pourquoi ? Parce que finalement toutes les vérités se réfèrent au Tao, et le Tao  a toujours existé de façon latente, intacte et éternelle.

Nous pouvons commencer nos investigations dans le domaine du religieux, mais une fois que nous avons écarté les distorsions et les aspects encombrants de notre conscience, nous entrons dans le royaume du Tao. Lorsque cela arrive, il est nul besoin de religions.

S’il vous arrive de vivre une expérience spirituelle authentique, ce serait folie que d’essayer de devenir ensuite un leader religieux. Nous ne ferions que répéter les mêmes erreurs que d’autres chercheurs sincères. Il est préférable d’être simplement un adepte anonyme du Tao. Ainsi nous évitons les contradictions d’une action dans la société.

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LA CHEVALERIE TRADITIONNELLE

Posté par spiritus le 30 novembre 2015

Le mystère du Graal, convoité par tant d’êtres humains depuis 800 ans est-il hors de portée de celui dont la quête est désintéressée et qui veut secourir les plus faibles dans ce monde d’indifférence ?

Le Graal est le symbole de la communion spirituelle de tous les chrétiens, mais c’est aussi l’expérience de l’Amour infini qui nourrit les âmes de sa lumière.

« Il y eut un combat dans le Ciel,

Michaël et Ses anges combattaient contre le Dragon

qui fut précipité du Ciel sur la Terre » (Apocalypse 12)

La Chevalerie Traditionnelle

L’habit ne fait pas le chevalier, ni le baudrier, ni l’épée, ni la cape ou la bague. La chevalerie traditionnelle n’est pas une récompense ou une décoration, c’est une attitude, un feu intérieur qui s’allume au souffle de l’Esprit (spiritus).

La chevalerie est une initiation qui se transmet d’homme à homme selon le même rite archaïque : la main droite du consécrateur frappe la tête ou le col du consacré, directement ou par l’intermédiaire d’une épée pour lui transmettre l’influence spirituelle dont l’origine se situe au-dessus de l’humain. La parole « je te fais chevalier » s’ajoute au geste pour faire naître le candidat à ce nouvel état intérieur. Un nom nouveau ou blason individuel sera le signe de sa nouvelle existence, mais ce que les symboles suggèrent, c’est que c’est par son travail personnel que le chevalier réalisera ce nouvel état intérieur.

Contrairement à ce que disent les profanes, l’idéal chevaleresque n’est pas une utopie. Le fort doit se mettre au service du faible, telle est la loi universelle qui assure l’équilibre du monde !

Le chevalier  »chevronné » sait par expérience qu’il n’est pas seul pour accomplir les oeuvres de justice car l’aide d’en haut ne  lui fait pas défaut.

Le chevalier errant qui semble aller au hasard est conduit par la Providence vers les grandes aventures spirituelles, tel Galaad, le chevalier parfait de la quête du Graal.

Le chevalier n’a pas d’autre Maître que « Dieu premier servi » selon la devise de Jeanne d’Arc. Il est libre et ne doit pas prêter serment d’obéissance à des hommes quels qu’ils soient.

L’Ordre de la Chevalerie, c’est la chevalerie universelle qui se transmet de chevalier à chevalier pour traverser les siècles. « L’Ordre » dans ce sens, ne doit pas être confondu avec « les ordres » qui réunissent des chevaliers ayant un but commun ou une mission particulière.

Les ordres de chevalerie naissent et disparaissent au gré de l’histoire, mais l’Ordre de Chevalerie demeure, car il unit par un lien invisible tous les chevaliers dans le même idéal.

Les autorités humaines peuvent créer des ordres de chevalerie honorifiques ou détourner les chevaliers de leur idéal spirituel en les faisant combattre à des fins temporelles. Cependant,  rien n’empêche la chevalerie traditionnelle de se perpétuer par la transmission de chevalier à chevalier.

Le chevalier qui erre un an (err an) revient de sa quête le jour de la Pentecôte. Il retrouve ses compagnons autour de la table ronde, Per-ce-val (celui qui vaut par soi) le fol et Baudémagus le sage, parmis tant d’autres chevaliers réels et légendaires.

Chercheur d’idéal, homme de désir au grand coeur, il repart en quête de la lumière spirituelle, réconforté par l’aide de ces chevaliers éternels.

HISTOIRE ET LEGENDE

La chute des anges

Il était une fois dans le ciel des multitudes d’anges proches du trône de Dieu. La divinité se reflétait dans leur pensée conforme à la volonté divine et leur donnait un bonheur absolu.

C’est alors que le plus beau des archanges, LUCIFER, le « porte-lumière » se contempla et de sa propre volonté, séduisit les anges, amenant ainsi la division dans le ciel.

MICHAEL, armé de l’épée de feu, précipita les anges révoltés dans les abîmes de la nuit, où LUCIFER tomba avec ses légions par l’élan de son orgueil, telle un comète épuisant sa splendeur première dans un déluge d’étincelles éblouissant les créatures d’en bas.

Pour éviter un nouveau schisme dans le ciel, MICHAEL appela les anges à venir se prosterner au pied du trône de l’Eternel et les multitudes se plièrent à cette cérémonie universelle qui prit le nom d’allégeance. Par cet acte, toute créature spirituelle est allégée et s’approche de Dieu car

« quiconque s’élèvera sera abaissé et quiconque s’abaissera sera élevé »

Ainsi les anges accomplissent la volonté divine, se nourrissant de lumière et d’amour, et toute la slendeur de Dieu brille en eux. Leur choeur harmonieux s’élève dans la joie et dans la sérénité :

« A la gloire du Père céleste de tous les êtres de l’univers… »

Alors règnent le bonheur et la sagesse dans tous les siècles des siècles.

La chevalerie célestielle

Les hommes séduits par les mauvais anges s’enfoncèrent dans le mal et les justes vivants dans la crainte de Dieu étaient rares.

Avant le déluge, seul Noë est sauvé par l’intervention du Très-Haut. Lot est le seul juste de la ville de Sodome et l’ange de l’Eternel le fait sortir de la ville avant de la consumer.

Abraham, originaire de UR (qui veut dire lumière) combat les pillards et rencontre Melchisédech ( qui signifie Roi de justice). Ce prêtre du « Très-Haut » partage avec lui le pain et le vin et le bénit solennellement (Génèse 14-18).

Les justes prient et réclament l’aide du ciel depuis toujours pour empêcher l’enfer de s’étendre sur la terre. Ils sont peu nombreux mais le Seigneur du ciel les entend et leur envoie ses anges.

Michaël, chef de la milice céleste, inspire les justes  contre les forces des ténèbres. Jusqu’a la fin des temps, Michaël et ses anges combattent le dragon qui veut dévorer l’enfant des hommes. Il est l’éternel défenseur des justes et c’est par lui que la chevalerie se manifeste en tout temps et en tout lieu sur la terre comme au ciel.

« Je vis le ciel ouvert et parut un cheval blanc. Celui qui le monte s’appelle Fidèle et Véridique…son nom se dit « le verbe de Dieu ». Les armées célestes le suivaient sur des chevaux blancs, vétue d’un lin fin d’une blancheur éclatante…il porte inscrit ce nom : Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Apocalypse 19)

Après les chevaux maléfiques de la peste et des guerres, les chevaux blancs de la lumière inspire la résurgence mystérieuse en tous les temps de la chevalerie spirituelle, milice prédestinée du ciel pour combattre sur la terre.

Le Cheval

Le cheval apporte la richesse de son symbolisme et ses remarquables qualités  à l’élaboration de l’idée d’une chevalerie spirituelle sur la terre.

[Etre maître  de sa monture, c'est être maître de soi-même.] 

Depuis plus de trois mille ans, les peuples de l’Asie ont domestiqué le cheval et l’ont introduit au Proche Orient chez les hittites entre autres.

Chez les Celstes, EPONA, déesse des chevaux, encourage les grands voyages héroïques qui mèneront les Gaulois jusqu’à Rome. Les Perses, selon Hérodote, n’apprennent que trois choses à leurs enfants : « Monter à cheval, tirer à l’arc et dire la vérité. »

Le cheval est la plus noble conquête de l’homme. Sa force, sa rapidité et les liens qui unissent le cavalier à sa monture en font l’auxiliaire idéal pour le combat loyal soumis aux règles de l’honneur.

Cadeau de Neptune sorti de la terre ou des eaux, le cheval court à la vitesse du vent, tel un éclair de feu. L’homme qui réussit à se tenir sur son dos est le vainqueur de sa propre faiblesse et son regard domine les sinuosités de la plaine. Le cheval est le symbole du dépassement de soi-même, contre les forces rampantes du mal.

Le chevalier favorisé par cette élévation verticale au-dessus de la foule qui agrandit son horizon, trace une croix sur son vêtement pour partir à la croisade, en quête de la lumière de l’Orient.

La chevalerie antique

Il y a déjà 25 siècles que la légende de la chevalerie est devenue histoire par la fondation de l’empire perse.

En ce temps-là, les Assyriens dominaient en Orient par le pillage, les massacres et la terreur. Des peuples entiers étaient déportés ou réduits en esclavage, et la force sanguinaire avait force de loi.

Le sage Zoroastre (Zarathoustra) s’agenouilla devant l’Eternel et le pria de susciter un bon souverain qui fasse régner la justice. Le créateur entendit la prière de Zoroastre qui fut enlevé au ciel par un ange et instruit par l’Esprit Saint de tous les mystères de la terre et du ciel. Il vit le Sauveur (Saoshyant) qui doit juger tous les êtres à la fin des temps dans la justice divine.

Revenu sur terre, Zoroastre enseigna la religion de la lumière spirituelle dont il ne reste aujourd’hui que le livre « Avesta », mais qui devint la religion des rois perses conquérants.

Le premier d’entre eux est le roi Cyrus dont l’histoire commence la veille d’une grande bataille. Agenouillé avec humilité, les bras croisés sur sa poitrine pour prier Dieu et s’abandonner à la volonté divine, Cyrus vit soudain l’ange protecteur de la chevalerie du ciel et de la terre, Michaël armé de l’épée flamboyante qui lui touche l’épaule en disant :

« A la gloire de Dieu notre créateur, sois son serviteur fidèle, juste et généreux. »

Quand Cyrus se relève, empli de force, l’épopée de l’empire perse commence, et le premier roi chevalier connu brise l’orgueil des Assyriens destructeurs, pour émerveiller tous les peuples de la terre.

Vainqueur des Mèdes, de Crésus roi de Lydie et de Babylone, la grande ville emplie de richesses, Cyrus offre la paix à tous les peuples. Il autorise chacun d’eux à vivre selon ses lois et croyances, et lorsqu’il libère les juifs captifs de Babylone, il les aide à reconstruire le temple de Jérusalem et leur restitue tous les objets en or de leur culte.

Roi des rois, Cyrus étend son empire de l’Egypte jusqu’aux Indes et son autorité bienveillante fait l’admiration des ses anciens ennemis.

Modèle parfait de tous les rois, Cyrus est le champion de la justice et des forces de lumière qui luttent contre le mensonge et la tyrannie en protégeant les humbles.

Les prêtres de toutes les religions chantent ses louanges et le prophête témoigne de sa consécration divine par ces paroles :  » Yahvé parle à son Oint Cyrus » (Isaïe 45-1)

La chevalerie féodale

Avec les croisades, la chevalerie de l’occident prend un nouvel essor par ses contacts avec la civilisation orientale. Les trouvères et les conteurs répandent toutes sortes de légendes qui embellissent l’histoire. Celle des neuf preux glorifie Hector de Troie, César de Rome, Alexandre de Macédoine ainsi que les héros de la Bible : Josué, David et Judas Macchabée, ou les chrétiens Arthur de Bretagne, Charlemagne et Godefroy de Bouillon. D’autres chevaliers deviennent légendaires : Otton le grand, Guillaume le conquérant, Frédéric Barberousse, Richard coeur de lion, Saint-Louis, et plus tardivement, Boucicaut et Bertrand du Guesclin.

La chanson de Roland ou le « le Lancelot » en prose sont les premiers romans d’aventures au succès durable.

C’est ainsi que les guerriers barbares s’appliquent à devenir de purs chevaliers, et que Saint Bernard écrit la règle d’un nouvel ordre de chevalerie qui brillera pendant deux siècles.

L’idéal de l’Ordre du temple réalise par sa pureté la quête du Graal qui semblait trop élevé pour les hommes, même dans le roman anonyme du 12ème siècle, car seul Galaad le chevalier prédestiné parvenait au but.

Les chevaliers du Temple vont voeu de pauvreté, se dévouent entièrement à leur idéal, et se battent sans crainte de la mort pour la gloire de Dieu. Ils protègent les religieux, les pèlerins et tous les faibles et contribuent par la richesse de l’ordre à la construction des cathédrales et de nombreuses commanderies dont les granges nourrissent les pauvres par temps de famine. Leur autorité spirituelle en font les arbitres de la paix et maintient l’unité de la chrétienté en Occident.

Sur la terre de France ou le bon roi Saint Louis rendait justice à son peuple, le jour le plus néfaste fut le 13 octobre 1307 quand son petit fils Philippe IV le bel donna l’ordre d’arreter les chevaliers du temple après s’être opposé à l’autorité de la papauté qu’il transféra à Avignon. Ayant fait choisir un pape français, il put ainsi faire torturer et brûler les chevaliers après un procès de mauvaise foi.

 

Ferdinand Bondu

« Baudémagus »

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LA LUMIÈRE ASTRALE (FORCE UNIVERSELLE)

Posté par spiritus le 30 novembre 2015

Par PAPUS (Dr Gérard Encausse)

Est-il possible qu’une même force : la vie, soit transformée en forces d’ordres si différents et cela par la forme différente des organes ?

A cette question l’Égyptien se renferme dans le laboratoire du temple et voit un faisceau de lumière blanche venir se briser contre un prisme et se transformer en couleurs variées.

Les couleurs dépendent de l’épaisseur du verre traversé. Cet essai suffit. – Il comprend.

La vie toujours la même qui circule dans l’homme peut être comparée à la lumière blanche, chacun des organes à un morceau différent du prisme. Le courant  de lumière blanche passe et chacun des organes agit en lui : Ici, c’est un organe où la matière est grossière, il représente la base du prisme, les couleurs inférieures vont apparaître ou plutôt les sécrétions les plus grossières.

Là, c’est un organe où la matière est à son maximum de perfection, il représente le sommet du prisme, les couleurs supérieures se forment, l’intelligence va naître.

Telles sont les bases de la Médecine occulte . Mais ce courant vital, d’où vient-il encore ?

De l’air où le globule sanguin va le chercher pour le charrier à travers l’organisme.

Mais l’Unité magnifique des productions d’Osiris-Isis apparaît encore plus éclatante.

Un même courant circule à travers la Planète et chacun des Individus qui est sur elle y prend sa vie. Voir pour développement la Médecine nouvelle, de Louis Lucas.

L’homme aspire et transforme la Vie terrestre en Vie humaine, comme dans lui le cerveau transformera cette Vie humaine en Vie cérébrale, le foie en Vie hépatique, etc.

L’Animal transforme la Vie terrestre en la sienne propre, selon son espèce.

Le Végétal puise aussi à pleines feuilles sa vie spéciale dans celle de la mère commune la Terre.

Le Minéral et tous les êtres transforment en force personnelle cette force terrestre.

Toujours l’analogie mathématiquement exacte, avec la lumière blanche et le prisme dont chaque être représente un morceau. 

Mais la Terre ne prend-elle pas sa vie et par suite celle de tout ce qu’elle porte dans ce courant lumineux et vital dans lequel elle plonge ?

Le Soleil déverse à pleins flots sa Vie solaire sur les planètes de son système et chacune d’elles transforme la Vie solaire en sa vie propre. La Terre en fait la Vie terrestre ; Saturne, la Vie saturnienne, triste et froide ; Jupiter, sa vie propre, et ainsi pour chacune des autres planètes et de leurs satellites.

Mais le Soleil lui-même ne tire-t-il pas sa Vie solaire, cette lumière-chaleur-électricité qu’il déverse, de l’Univers dont il fait partie ?

Alors, le prêtre égyptien, saisissant dans son auguste ensemble la Synthèse de la vie, se prosterne et adore.

Il adore la Vie qui est en lui, cette Vie que la Terre lui a donnée, cette vie que le Soleil a donné à notre Monde, que celui-ci a tirée de l’Univers et que l’Univers a tirée du centre mystérieux et ineffable où l’Être des Êtres, l’Univers des Univers, l’UNITÉ VIE, OSIRIS-ISIS, réside dans son éternelle union.

Il se prosterne et il adore DIEU en lui, DIEU dans le monde, DIEU dans l’Univers, DIEU en DIEU.

La vie que nous avons trouvée partout saurait-elle échapper aux lois communes

 

         Actif

Passif

Neutre

Positif

Négatif

Equilibre

+

-

 

Le phénomène, quel qu’il soit, révèle toujours et partout son origine trinitaire. Les séries pour aussi grandes qu’elles apparaissent se rangent toutes suivant la mystérieuse loi : 

Cet homme qui commande en maître dans la famille où il représente le positif va se courber devant la loi de la tribu, et, par là, devenir négatif.

La Terre qui attire à elle, qui réunit dans son absorbante unité, tous les êtres et les objets situés à sa surface, agissant ainsi comme active, obéit passivement à l’attraction du Soleil, son supérieur.

Nous voyons par là apparaître l’absorption des séries inférieures par les séries supérieures et de celles-ci, considérées comme séries inférieures, par une série supérieure, etc., à l’infini .

La chaleur apparaît positive dans le Chaud, négative dans le Froid, équilibrée dans le Tempéré.

La Lumière apparaît positive dans la Clarté, négative dans l’Ombre, équilibrée dans la Pénombre.

L’électricité se montre positive dans le Positif, négative dans le Négatif, équilibrée dans le Neutre.

Mais la Chaleur, la Lumière et l’Electricité ne représentent-elles pas trois phases d’une chose plus élevée ?

Cette chose dont la Chaleur représente le Positif, la Lumière l’Équilibre, l’Électricité le Négatif, c’est la Force de notre Monde. Louis Lucas, 3ème loi du Mouvement. Dans la nature, l’électricité n’est qu’un détail comme dans le spectre solaire le rouge n’est qu’une nuance. Electricité, Chaleur, Lumière sont trois phases générales,du mouvement dont les nuances intermédiaires sont infinies (Louis Lucas).

Remontons expérimentalement à travers les phénomènes ; après la physique traversons la chimie, voyons dans une expérience connue. L’oxygène se  rendra au pôle du Mouvement, l’hydrogène au pôle de la Résistance et l’azote tantôt à l’un, tantôt à l’autre de ces deux pôles, suivant le rôle qu’il joue dans les combinaisons. Voyons qu’il en est de même absolument des autres corps métalloïdes et métalliques ; retrouvons partout le mouvement acidifiant, le repos alcalinisant et l’équilibre entre les deux, représenté par l’azote et ses nuances.  Quand de progression en progression, d’Univers en Univers nous aurons remonté à la plus haute abstraction, nous verrons une force unique s’opposant à elle-même pour créer, dans son activité, le Mouvement, dans sa passivité la Matière  et dans son équilibre tout ce qui est compris entre la divisibilité et l’unité, les échelons infinis par lesquels la force remonte depuis l’état solide  jusqu’aux formes les plus élevées de l’intelligence, du génie, et enfin jusqu’à son origine Dieu, dont l’activité s’appelle le Père ou Osiris, la passivité le Fils ou Isis, et l’équilibre, cause de Tout, image de la TRI-UNITÉ qu’il constitue, se nomme Saint-Esprit  ou Horus.

Nous tenons maintenant un des plus grands  secrets du Sanctuaire, la clef de tous les miracles passés, présents et futurs, la connaissance de cet agent toujours le même et toujours diversement désigné, le Telesma d’Hermès, le Serpent de Moïse et des Indous, l’Àzoth des alchimistes, la Lumière astrale des Martinistes et d’Eliphas Lévi, enfin le Magnétisme de Mesmer et le Mouvement de Louis Lucas, qui a découvert les trois lois qui le dirigent et en a montré l’application aux sciences positives contemporaines.

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LES IMMORTELS TAOISTES CHINOIS

Posté par spiritus le 3 avril 2015

LES IMMORTELS TAOISTES dao
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LE TAOISME

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A côté du taoïsme philosophique associé aux livres de Laozi et de Zhuangzi, dont l’essentiel remonte au VIe siècle avant JC, s’est développée en Chine une religion, qui apparaît au IIe siècle après J.C sous l’appellation de « Voie des Maîtres célestes ». En concurrence avec le bouddhisme dès le IIIe siècle, cette religion honore le dieu suprême Lao-tseu (Vieux Maître) converti en Laojun (Vieux seigneur). Du Vieux Maître, l’histoire n’a retenu que des légendes qui en faisaient tantôt le maître de Confucius lui-même, tantôt un spécialiste de pratiques conduisant à l’immortalité.

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Ces légendes étaient alimentées aussi par le fait que le Lao-tseu (ou Daodejing) comporte des passages sur le caractère mystérieux et transcendant du Dao. D’anciens commentaires s’y appuyaient pour en faire un manuel ésotérique des pratiques de conduite de souffle (qi) et de méditation des « adeptes du Dao ». La Voie des Maîtres célestes en fit un texte phare, destiné à être récité par les adeptes et à leur être expliqué, dans son acceptation ésotérique, par les chefs du mouvement.

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Fondé vers le milieu du IIe siècle après JC, cette Voie s’organisa en théocratie dans le nord du Sichuan. A partir du IIIe siècle, l’église du Dao s’intègre à l’État, ce qui favorise sa diffusion dans les élites. Le taoïsme se développera aussi sur le plan monacal. Il a peu d’adeptes en Chine aujourd’hui, mais une nébuleuses de pratiques « taoïstes » essaime à travers le monde. Parmi celles-ci, le tajiquan (tai-chi-chuan), les arts martiaux et sexuels ainsi que le qi gong (le travail du souffle).

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LES IMMORTELS
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Les immortels chinois (xian) ne sont pas des dieux. Ce sont des humains qui ont trouvés la voie de l’immortalité et qui n’exercent pas de fonction particulière et qui apparaissent sur terre au gré de leur caprice.
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C’est le taoïsme qui a vraiment développé cette notion d’immortalité, la capacité de prolonger la vie par delà la mort sous la forme de pur esprit. De nombreux rites et exercices physiques, intellectuels, sexuels et spirituels devaient y conduire. On y parvenait pleinement par l’union avec le Tao.
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Les immortels sont donc des êtres humains qui ont su se fondre avec le Dao, incarnant l’idéal taoïste le plus haut. Dès la fin des Royaumes combattants apparaissent des descriptions romanesques du paradis des immortels que l’on rejoint en fermant les yeux. Il faut cependant attendre Ke Hong (283-343 après JC) et son texte « Maître qui embrasse la simplicité », au IVème siècle pour que se constitue une typologie.
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Selon lui, l’existence des immortels n’est douteuse qu’à l’homme empêtré dans la perception étroite de ses sens et qui ignore les prodigieuses métamorphoses de la nature. Cette figure prend vraiment consistance à une époque où la Chine est politiquement désunie : face à l’éthique sociale, discrète et limitée du sage confucéen, émerge un nouveau projet fondé sur le retrait de la vie publique, la reconnaissance de l’échec des arts de gouverner au profit d’une construction de soi où l’expérience et l’essai tiennent lieu de vie.
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Ke Hong distingue ainsi trois types d’immortels : les « célestes » agents de la Suprême Souveraineté ; les « terrestres » qui circulent librement entre les mondes et n’ont cure de servir ; les immortels enfin « qui se sont délivrés de leur cadavre » et dont on ne retrouve, en fossoyant leur tombe, que sandales et canne.
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Tous sont morts et se sont transformés. Les hagiographies relatent à l’envi leurs métamorphoses ou leur disparition, signes tangibles qu’ils ont rejoint la source vive du réel. Qui sont-ils? Ils n’ont pas de statut social défini, peuvent être marchands ou paysans. On les trouve partout : dans le mobilier, sur les miroirs, dans la religion populaire comme dans l’élite lettrée. Si les huit Immortels forment à partir du XIVème siècle un groupe homogène d’hommes et de femmes (certains ont réellement existé), ce sont le plus souvent, conformément à l’étymologie, « des hommes des montagnes » qui explorent les ciels qui s’ouvrent dans les grottes, herborisent, réduisent pierres en poudres et transmettent des arts, des diagrammes ou des signes qui à leur tour immortalisent.
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Leurs pouvoirs sont nombreux : ils sont endurants, rapides, restent jeunes, contrôlent hommes et bêtes, sont guérisseurs, exorcistes, devins. Certains ont le don d’ubiquité, peuvent devenir invisible ou même voler. Mais ce sont surtout des maîtres en métamorphoses. Il donnent à lire enfin dans leur rencontre l’instabilité foncière des choses et personnalisent la transformation de soi et celle corrélative du monde. Il est rare qu’on naisse immortel. On le devient plus sûrement. A cette fin, tout est bon : l’alchimie, la cueillette des simples, les techniques respiratoires, la méditation des tables et des talismans…On peut aussi randonner au gré des occasions ou donner libre congé au savoir et privilégier l’inconscience que procurent alcools et drogues. Tout concours dans cette quête à une dispersion de soi au profit d’une union avec le Tao.
Les demeures des Immortels peuvent être situées dans des îles mythiques ou sur le sommet d’une montagne. Au nombre de ces lieux figurent le mont Kunlun, résidence de la Reine Mère de l’Occident (la Reine des Immortels), et l’île Penglai, qui, avec Fabgzhang et Yingzhou, deux autres îles mythiques, est située dans les eaux orientales.
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LES 8 IMMORTELS
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les+huits+immortels
Les personnages légendaires les plus célèbres du taoïsme sont les 8 immortels (ba-xian). Conformément à la quête taoïste, ils ont percé les secrets de la nature et atteint la vie éternelle. Ces immortels affectionnaient les endroits montagneux et isolés. Chacun d’eux représente une condition différente : le militaire, le vieux, le riche, le haut fonctionnaire…
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Les 8 immortels sont les protagonistes de nombreuses légendes. La plus populaire raconte comment ils réussirent à traverser le vaste océan pour rejoindre le paradis de la Reine Mère de l’Occident et prendre part au banquet des pêches de l’immortalité, chacun d’eux se servant de ses pouvoirs. Sur le chemin de retour, les 8 immortels durent affronter en un combat dont ils sortirent victorieux le Roi Dragon et ses armées marines.Caractérisés par un comportement bizarre, non conventionnel, ce sont les protagonistes d’évènements extraordinaires. Si certains d’entre eux étaient déjà connus auparavant, le groupe des 8 immortels apparut dans la Chine du Nord au XIIème-XIIIème siècle.
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Les huit immortels sont :
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 - Zhong-li Quan, général de la dynastie Han ; grassouillet, il possède un éventail lui servant à ranimer les morts.
 - Zhang Guo-Lao, maître taoïste, souvent représenté sur un âne blanc, avec un yugu (instrument de musique à percussion) ; il est le patron des peintres et calligraphes.
  – Lü Dong-bin, alchimiste taoïste, representé avec une épée comme un redresseur de torts.
  – Cao Guo-Jiu, oncle d’un empereur Song, représenté en habits de cour et tenant à la main une plaquette de jade, insigne de sa noblesse, ou une paire de castagnettes ; il est le protecteur des acteurs.
 -  Li Tie-guai, boiteux souvent ivre représenté avec une canne et une calebasse contenant de l’alcool.
 -  Han Xiang-zi, neveu du lettré Han Yu, représenté avec une flûte, patron des musiciens.
 -  Lan Cai-he, mendiant excentrique représenté vêtu d’une robe bleue, chaussé d’une seule chaussure et portant un panier de fleurs
-  He Xian-gu, représentée tenant une fleur de lotus à la main.
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A partir de l’époque Yuan et jusqu’à nos jours, les 8 Immortels sont représentés sur une vaste gamme d’objets décoratifs ou d’usage quotidien (tentures, porcelaines, peintures). Ces objets témoignent de leur popularité. Pendant les époques Ming et Qing, des salles leur furent consacrées dans les plus grands monastères, et des temples furent édifiés en leur honneur dans tout l’Empire.
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source : http://dieux-chinois.blogspot.fr

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